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Pression politique

Campagne d’affichage pour le Respect des Diversités, Royaume Uni Mai2010

Quelques extraits de la campagne pour le respect des Diversités lors des elections legislatives de Grande Bretagne.

Cette campagne a été généreusement finançée par la Communauté Européenne et le Royaume d’Arabie Seouditevote3

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Marsan le Bel, Région Loire, août 2027

Le programme s’annonçait délicieux. L’orchestre du village, si vaillant soit-il, s’était abrité de la chaleur estivale sous un des vieux ormes qui ornent l’entrée du Château de MontBayzac. Le Maire portait fièrement l’écharpe tricolore et les 30 étoiles et 2 croissants jaune doré semblaient jouer avec les rayons du soleil.

Avec quelques heures de retard, les premiers véhicules du cortège se présentèrent le long de l’allée. La débauche fantastique de carburant fossile éteignit un cours instant les murmures des villageois qui pour la plupart arboraient un large sourire.

Les berlines allemandes et japonaises fonctionnaient à l’essence, luxe impensable réservé aux riches étrangers ; elles semblaient glisser sur le bitume et leurs vitres teintées reflétaient les visages des curieux, les hommes à droite et les femmes à gauche de l’allée.

Paul Serfe, Maire et agriculteur de son état, attendait que la Mercedes stoppe à sa hauteur, avant de franchir le lourd portail de fer et ses larges piliers de pierre bardés de caméras.

Ses pensées devaient certainement être confuses. L’arrivée du fonds Qatari dans la région avait été célébrée avec joie. Le financement immédiat de la construction d’une vingtaine de maisons de retraites, la création d’un héliport à proximité du château et d’un lieu de culte européen (1) étaient de toute façon hors de portée des finances régionales. Les demandes des Qatari s’inscrivaient dans la continuité de ce que le pays connaissaient depuis deux ans à l’arrivée des premiers fonds étrangers de développement. La croix du clocher de l’église reposaient désormais dans l’autel, rappelant au fidèle les principes d’une religion personnelle et non ostracisante. Aux indications routières en italique bleu en français s’étaient ajoutée une fidèle traduction en arabe d’un vert vigoureux.

Les investisseurs, ainsi que les appelait le gouvernement, amenaient avec eux l’argent qui faisait tant défaut après la fermeture des principales entreprises de la région.

Le discours du Président du Conseil de France, nouvellement élu au suffrage indirect, résonnait encore aux oreilles de Paul Serfe, lorsque la berline ralentit à sa hauteur.

« Nous devons prendre l’argent où il se trouve. Nous avons besoin d’écoles, de matériels médicaux et de structures de santé pour les plus âgés d’entre nous. Cela aussi, c’est l’esprit de réforme de mon élection. Sauver les Français. Chacun de nous porte à la naissance une dette de 40 000 euros. Qui va payer ?

Certains nous proposent leur aide. Allons nous refuser la main tendue ? »

De fait, sur les six derniers mois et depuis le vote de la loi, plus de vingt cinq mille propriétés avaient été vendues dans le pays. Les riches particuliers asiatiques, arabes, et quelques sud américains rachetaient les plus beaux châteaux, rejoints dans cette course par les firmes supranationales et les ONG qui achetaient des terres agricoles. Paul avait lu sur le web, que cinquante mille hectares avaient été attribués à une ONG qui allait installer une centaine de familles de paysans mauritaniens à Mauge, à une demi-heure de route du village. Les hommes aux champs et les femmes auprès des anciens du village. Des travailleurs certainement, mais par expérience Paul craignait leurs enfants, qui se sentaient souvent rejetés par ce nouveau pays et ne pouvaient s’exprimer que par une conduite incidentogène.

Lorsque la vitre teintée frémit puis se baissa, Paul ouvrit ses grands yeux gris, cherchant le regard du bienfaiteur. Le sourire chaleureux sous une barbe très à la mode se dessina, bien que des lunettes sombres masquaient le regard de l’étranger.

Paul avait préparé un discours, quelques lignes qu’il lirait lui-même en français métissé de quelques mots arabes. A vrai dire il s’était contenté de reprendre le discours de bienvenu téléchargé sur le site EuroWelcome, « soucieux d’éviter tout impair, toute offense ou parole déplacée qui pourrait être prononcée par méconnaissance des cultures et de la diversité du Monde ». Mais il n’eut pas le temps de déplier le feuillet. L’homme tendait sa main à travers la vitre ouverte. Lorsque Paul la saisit, il sentit le regard des hommes qui sortaient du véhicule allemand pour se poster près de la grille métallique.

L’étranger ne lâcha pas tout de suite sa main. Paul restait figé, ne sachant que dire. L’étranger alors souffla quelques mots. Paul cru reconnaître le mot « salam » et son sourire s’agrandit un court instant. Le riche qatari lui présenta une bague sertie d’une émeraude, sans doute d’une grande valeur et la porta à la bouche de Paul, puis la vitre teintée remonta et la voiture s’engagea résolument dans l’allée pour disparaître aux yeux des villageois.

Le cortège automobile s’égraina jusqu’à ce que l’on ferme les portes de métal.

Paul avait le goût froid de la pierre sur ses lèvres. Il fit un signe à l’orchestre, leur demandant de se lever. Les portes fermées, leur hôte ne voulait certainement pas être dérangé. Déjà, une équipe de sécurité privée de la région parisienne prenait place, bousculant les villageois qui s’écartaient sans broncher.

Une file s’allongea alors de chaque coté de la route qui menait au village ; mais dès les premières maisons, les couples se reformèrent, les familles se réunirent et Paul enleva son écharpe.

(1) Lieu de culte européen : terme générique, directive européenne du 14 mars 2010, relatif à tout établissement de culte juif, musulman, chrétien, bouddhiste, animiste construite par les le Ministère de l’Aménagement du Territoire sur des fonds nationaux, européens ou étrangers.