« Des milliers d’ouvriers britanniques font grève pour protester contre des emplois réservés à des travailleurs étrangers dans une raffinerie Total de l’est de l’Angleterre.

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Mercredi dernier, l’arrêt de travail surprise de quelques centaines d’ouvriers, manifestant dans le froid devant une raffinerie Total de l’est de l’Angleterre, n’a inquiété personne. Trois jours après, le mouvement a pris une ampleur inattendue, provoquant des grèves spontanées de soutien dans une dizaine de raffineries, de terminaux gaziers et de centrales électriques sur l’ensemble du Royaume-Uni. Au point d’obliger le gouvernement de Gordon Brown à tenir une réunion de ­crise pour tenter d’éviter que l’épisode ne fasse tache d’huile.

Ce mouvement social, spontané et donc illégal au regard des lois britanniques, a été provoqué par un contrat décerné par Total à la société italienne Irem, accusée par les grévistes de faire appel à des centaines d’ouvriers italiens et portugais et d’exclure les travailleurs britanniques locaux.

Vendredi, devant la raffinerie Total, les 1 000 manifestants portaient des pancartes « Les jobs britanniques pour les travailleurs britanniques » . Un slogan embarrassant pour Gordon Brown puisqu’il avait utilisé ces mêmes mots en 2007 pour promouvoir un plan de formation professionnelle destiné à augmenter la compétitivité des ouvriers du pays.

Ces revendications de «préférence nationale» ont fait mouche, puisque des centaines d’ouvriers dans tout le pays ont décidé en fin de semaine dernière d’arrêter le travail pour soutenir leurs collègues. Malgré la grogne perceptible, les manifestations devant la raffinerie Total se sont déroulées dans un calme très anglais, sans aucun heurt entre les grévistes et la police.

Depuis le sommet de Davos où il intervenait, le premier ministre a dénoncé ces grèves illégales, tout en précisant qu’il comprenait les craintes des travailleurs. Sa position est très inconfortable, car il ne peut soutenir les ouvriers sans remettre en cause les règles qui autorisent la mobilité des travailleurs au sein de l’Union européenne, et il ne peut pas non plus ignorer des revendications qui trouvent un écho dans l’opinion publique.

Le député travailliste Jon Cruddas, un ancien syndicaliste très populaire au sein du Labour, accuse les sociétés du secteur des travaux publics de «faire venir depuis des années des travailleurs souples et bon marché de l’étranger». Il demande au gouvernement d’«agir au niveau européen pour mettre fin à cette course sans fin aux employés pas chers» .

En attendant, plusieurs syndicalistes ont promis que le mouvement s’étendrait aujourd’hui à d’autres sites industriels, si le gouvernement n’intervenait pas. »

Prenons date. Voici l’une des premières manifestation concrète de ce que nous anticipons depuis quelques années. 1/Une société civile désunie ne fait pas fasse à la crise en bloc.

2/ Vingt années de Politiquement Correct ne suffisent pas à faire taire des hommes dont les enfants ont faim.

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