Le Monde, 7 mars 2017

Revenons sur un evenement passé inaperçu ou presque à l’époque , à travers ce texte et ce discours tiré du blog J2080 dans un message du 22 octobre 2008.

Naissance d’un nouvel acteur politique.

1/Comme l’on ouvait s’y attendre, le focus des identaires sur une notion de preservation de l’identité nationale ou européenne fonctionne très bien et eloigne par KO le spectre usé du racisme qu’agite les gauchistes.

Il n’est qu’à voir les débats sur leurs forums pour s’apercevoir de leur confusion devant la stratégie à mener pour contrer les Identitaires.

2/ Les Identitaires se disent surpris du nombre de sympathisants qui les approchent. Ils savent pourtant qu’ils occuppent -enfin- un creneau laissé vide depuis trop longtemps. Reste à voir comment ils gereront leur croissance et les tentatives de noyautages et d’intimidations qu’ils devront affronter dès qu’ils auront atteint une certaine visibilité.

3/Car c’est aussi une nouveauté :Les declarations de Fabrice Robert le 8 septembre 2008 indiquent clairement que le mouvement se traduira en politique. On tient dans ce discours l’essentiel de ce qui constituera le plan d’action des Identitaires face aux forces politiques classiques, au NPC et au PDR pour l’election de 2017.

A lire donc. Tout ceci est dit en 2008

Université de rentrée du Bloc Identitaire : le discours de Fabrice Robert

Novopress reproduit ci-dessous le discours qu’a tenu Fabrice Robert, président du Bloc Identitaire, lors de l’Université de rentrée du mouvement qui s’est déroulée à Vernon (Yvelines) les 6, 7 et 8 septembre 2008 dernier avec pour thème: « le combat identitaire de demain : Idées et Action ».

1 – La vie d’un mouvement est faite de sauts quantitatifs et qualitatifs

Qu’il fasse 1% ou 30%, un mouvement politique est un organisme vivant. S’il ne progresse pas, il meurt. Or, aujourd’hui, à n’en pas douter, les Identitaires connaissent un véritable développement. Depuis quelques mois, nous sentons un saut quantitatif et qualitatif de notre organisation tant en ce qui concerne le recrutement de nouveaux cadres et militants que par les soutiens qui se sont manifestés dans les milieux les plus divers. Nous ressentons le vif intérêt qu’un peu partout et de plus en plus on porte à nos actions.

La Convention de Beaune, qui avait réuni plus de 300 personnes, a constitué une étape importante. Je dirais même que cette Convention a permis aux Identitaires de réaliser une de ces mutations nécessaire à la progression de tout mouvement. Mais aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins. Notre défi désormais est de réussir à franchir l’étape critique que constitue l’afflux massif de nouveaux membres tout en parvenant à assumer le développement de projets et de nouvelles perspectives politiques.

Le défi est à la fois terrible et exaltant. Soit le mouvement stagne et se condamne à jouer un rôle de second plan, soit nous réussissons à franchir ce seuil critique qui nous permettra d’espérer un jour devenir une véritable force politique. Pour l’heure, si les Identitaires ne sont pas encore une force politique, ils ne peuvent plus être considérés comme un groupuscule.

Nous ne sommes pas un groupuscule

Ce qui caractérise le groupuscule, c’est son impossibilité de s’inscrire dans la durée. Son impossibilité d’agir sur le réel. Mais également son incapacité à « fixer » une base militante qui se traduit par une déperdition permanente. Le groupuscule, c’est aussi une inaptitude à fixer un cap politique. Enfin, c’est souvent un penchant à la scission, à la querelle, à la fuite en avant. Sur tous ces points, le mouvement identitaire n’est pas un groupuscule.

Mais nous ne sommes pas encore une force politique

D’abord, car l’immense majorité des Français ignore notre existence. Même si, à plusieurs reprises, nous avons réussi à développer des projets et des actions qui ont bénéficié d’une importante répercussion médiatique, il reste beaucoup à faire pour s’imposer comme une force reconnue et visible par le plus grand nombre dans le paysage politique français.

Nous avons prouvé que nous étions capables de compenser nos faibles moyens par un état d’esprit créatif et par une forte volonté d’innovation. A travers des actions de lobbying contre le racisme anti-blanc et les soutiens aux clandestins – avec le CESF – nous avons souvent brisé le mur de la censure et de l’indifférence médiatique. À travers la fameuse soupe identitaire, nous avons prouvé que nous étions capables de transformer une action locale en événement à portée mondiale. En maîtrisant des supports comme le réseau Internet et en développant des outils de communication comme Novopress.info, nous avons créé nos propres médias qui disposent d’une certaine audience et qui nous permettent d’élargir celle-ci en touchant un public plus large. Aujourd’hui, d’ailleurs, il n’est pas rare de voir des médias classiques reprendre des informations révélées par Novopress.info.

Toutefois, malgré ces succès, il faut se rendre à l’évidence et rester clairvoyant. Le grand public, que ce soit le boucher de son quartier ou le chef d’entreprise d’une petite PME du centre de la France, ne connaît pas encore le mouvement identitaire. Nous ne sommes pas encore une force politique car nos effectifs restent modestes. Encore une fois, avec peu de moyens et une équipe de cadres restreinte, nous avons réussi à développer l’embryon d’un nouveau mouvement politique.

Je crois au principe des minorités agissantes et du rôle d’un « aiguillon révolutionnaire » capable d’imposer de nouveaux concepts et de faire bouger les lignes idéologiques. Je crois aussi au principe du travail en réseau, plus souple, plus interactif et plus respectueux des diverses sensibilités. Car le réseau permet d’amener vers nous des personnes qui, sans être adhérentes du mouvement politique, participent à son développement par un soutien à des degrés variables. Nous sommes donc condamnés aujourd’hui à multiplier considérablement nos effectifs si nous voulons peser sur la scène politique française.

Enfin, et surtout, nous ne sommes pas encore une force politique car nos capacités à encadrer de nouveaux arrivants sont également limités, même si en nette augmentation depuis un an. Pour cela, nous devons enrichir notre équipe de cadres capables de prendre en charge les nouvelles structures militantes.

C’est donc sur ces derniers points que nous devons insister : faire savoir, recruter, former, structurer.

Ni groupuscule, ni force politique, nous sommes une nouvelle sensibilité politique

Ce qui doit nous mobiliser et nous conforter dans la justesse de notre engagement au sein des Identitaires, c’est qu’en seulement six ans d’existence, nous avons su imposer notre marque de fabrique et participer ainsi au développement d’un nouveau courant politique.

Nous ne sommes pas un énième mouvement. Non, nous incarnons véritablement une nouvelle offre politique qui – s’appuyant sur des initiatives politiques, associatives, culturelles – mêle identité, solidarité, écologie, réflexion institutionnelle, défense de la démocratie participative et des libertés locales. Les Identitaires, c’est aujourd’hui, une ligne politique, une stratégie et des méthodes d’action ainsi qu’un style propre.

Les Identitaires, c’est aussi une sensibilité politique qui se développe aussi bien en France qu’en Belgique, en Suisse, en Italie, en Suède, en Espagne qu’au Portugal. Si certains mouvements s’inspirent clairement de nous (Causa Identitaria au Portugal, Assemblea Identitaria en Espagne ou Les Identitaires de Romandie, en Suisse), d’autres existaient bien évidemment avent nous comme la Lega Nord ou le Vlaams Belang. Notre combat s’inscrit donc dans un vaste courant politique novateur qui se développe aujourd’hui dans toute l’Europe.

2 – Nous sommes les Identitaires, pas le énième mouvement de la droite nationale

Tous nos cadres doivent se pénétrer de ce point : être identitaire, ce n’est pas un cousinage avec le patriote du MPF ou le nationaliste du FN. Être identitaire, c’est être plus proche de la Ligue du Nord ou du Vlaams Belang que de n’importe quel parti français.

Pourquoi ?

Le mouvement identitaire n’est pas qu’un parti politique. Cette façon de concevoir l’engagement militant est bien éloignée de celle d’un proche de Marine Le Pen et qui a récemment écrit : « Il ne faut pas être grand spécialiste de droit constitutionnel pour se rendre compte qu’en France l’élection présidentielle structure la vie politique. C’est elle qui donne le rythme de l’action politique. C’est elle qui conditionne la constitution d’écuries présidentielles. C’est elle enfin qui hiérarchise les forces politiques en distinguant celles qui sont dotées d’un présidentiable et celles qui, à défaut de présidentiables identifiés, seront reléguées au rang de formations supplétives ou marginales ».

Pour ma part, je considère que ces propos témoignent d’une conception étroite, réductrice et donc inefficace de la prise de pouvoir. Car pour prendre le pouvoir, encore faut-il déjà réussir à conquérir les esprits. Cela passe par le développement de structures (associations, syndicats, etc.) et de projets métapolitiques mais également par le recours à divers outils (médias, réseau Internet, etc.) susceptibles de diffuser notre conception du monde. Face à cette stratégie du tout-présidentiel, nous avons toujours opposé la logique de l’enracinement local. Face au tout-électoral, nous avons toujours dit que le combat devait être total et que cela passait par divers modes d’action : développement du réseau associatif, prise de contrôle de médias alternatifs, priorité à l’action et à une présence permanente sur le terrain, opérations d’agit-prop menées dans une logique de « franc-tireur » pour sensibiliser l’opinion, etc. Mais aussi, quand l’occasion le permet, candidatures aux élections pour faire profiter le courant identitaire d’une fenêtre médiatique. Pour notre part, nous voyons à la fois plus près et plus loin que 2012. Mais il est vrai que nous ne sommes pas une « écurie », ni des « supplétifs » ni une « boutique ».

Les Identitaires, c’est bien plus qu’un parti. C’est un réseau, c’est une communauté. Nous préparons à la fois la reconquête pour vaincre et la résistance pour survivre. Ce qui nous intéresse, c’est de mettre en place des outils politiques, associatifs, culturels pour 2020, 2030, pour que les enfants qui naissent aujourd’hui et qui, peut-être, vivront minoritaires dans de nombreuses régions, aient des repères, des ancrages. Que tout ne soit pas à faire, dans l’urgence, face à la menace. 2020… 2050… C’est aujourd’hui que cela se prépare. Et c’est bien autre chose que penser à 1988, puis à 1995, puis à 2002, puis à 2007, puis à 2012, sans jamais rien construire.

Être Identitaire, ce n’est pas se différencier en cela seulement. Le mouvement identitaire, même s’il plonge ses racines dans l’histoire politique des deux siècles précédents, est une forme originale et d’avant-garde. L’Identitaire voit au cœur du problème de l’identité et ne s’arrête pas à la seule forme nationale, canonisée, ossifiée, muséifiée. Depuis 20 ans, longue est la liste des identités européennes qui revivent alors que tout les condamnaient : Croatie, Slovénie, Ukraine… à l’Est. Ecosse, Pays Basque, Catalogne, Flandre à l’Ouest.
Il ne faut pas voir en ces mouvements la mort des nations mais, au contraire, la vie charnelle des identités. Il faut y voir des possibilités de victoire, des horizons nouveaux.

L’identité est surtout un thème porteur, un concept d’avenir qui dépasse les clivages politiciens. Aujourd’hui, des milliers de Français – même s’ils votent LCR ou UMP – participent à la défense de notre identité (défense de langue régionale, d’un patrimoine local, etc.) et font ainsi partie de notre communauté sans le savoir. Tout notre travail est de mettre en relation, en harmonie… notre mouvement identitaire et tous ceux qui pratiquent l’identité sans pour autant en avoir saisi les implications politiques et historiques.

En seulement six ans d’existence, le mouvement identitaire s’est affirmée comme la seule force nouvelle. On peut nous haïr, nous jalouser ou nous aimer, il n’existe pas d’autre force neuve que nous. Une chose est sûre : qu’on se dise « identitaire », parfois sans avoir bien compris tout ce que cela impliquait mais parce que c’est la mode, ou se positionner contre le mouvement identitaire, nous ne laissons personne indifférents. Et cela, nous ne le devons qu’à nous qui, depuis six ans, avons su innover, surprendre, et surtout s’impliquer dans le concret.

3 – Nous sommes à la croisée des chemins

Et je pense que nous avons commencé à avancer dans la bonne direction. Cette université de rentrée me démontre qu’il est permis d’espérer. Ensemble, nous devons faire de l’année 2009, une année exemplaire en termes de développement.

Elections européennes

L’idée est de s’inviter dans la campagne des Européennes grâce à l’organisation de dîner-débats puis de réunions publiques dans quelques grandes villes de France (Strasbourg, Nantes, Toulouse, Lille, Nice…) qui permettront de présenter notre vision de l’Europe (Pour une Europe qui protège ; Défendons nos racines ; Sortons de l’OTAN ; Non à la Turquie, etc.) en faisant intervenir à la tribune des responsables identitaires de France et d’Europe.

Ce projet nous permettra de renforcer nos liens avec nos partenaires européens tels que le Vlaams Belang et la Lega Nord.

Convention d’automne

600 personnes. L’objectif étant de doubler au minimum le nombre de personnes présentes lors de la Convention de Beaune.

Vers une plus grande structuration des Identitaires avec comme objectif prioritaire : Doubler notre nombre d’adhérents et notre nombre d’implantation. Pour cela, nous comptons multiplier les réunions d’information et de cohésion en France afin de structurer, et vertébrer toujours plus le courant identitaire. Pour atteindre cet objectif, nous voulons enrichir notre équipe d’orateurs et de formateurs susceptibles de sillonner la France et de prendre en charge les nouvelles structures militantes.

Dans le même temps, nous voulons nous appuyer sur le Conseil fédéral – sorte de parlement identitaire – lancé à l’occasion du meeting parisien du mois de mai dernier, pour mieux responsabiliser nos cadres et assurer un meilleur développement de notre mouvement.

Nous devons renforcer sans cesse l’armature du courant identitaire en nommant et en formant des cadres chargés de prendre en charge les nouvelles sections et les nouveaux projets. Nous devons être capables de nous appuyer, partout en France, sur un réseau de cadres capables de diffuser l’espoir politique que nous incarnons.

C’est plus que possible : il suffit que chacun s’engage, que chacun se retrousse les manches. Chacun peut agir à son niveau, selon ses compétences et ses disponibilités. Il n’y a plus aucune excuse à l’inaction. Surtout, il faut bien comprendre que nous nous battons avant tout pour les nôtres, pour nos enfants, pour défendre certaines valeurs, pour rester nous-mêmes et maîtres chez nous !

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