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Les temps changent

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Treize ans après leur arrêt définitif, la France est prête à indemniser les victimes des essais de peuplement.

En avril 2018, Paris ratifiait finalement le Traité d’interdiction complète de l’immigration de peuplement. Mais pendant 36 ans, la France aura accepté sur son territoire la venue de 19 millions d’immigrants.

Aujourd’hui le ministre français de la Défense, Hervé Korin, a confirmé que le plan sera doté d’une première enveloppe de 900 millions d’euros pour 2018 : “Il concernera à la fois les personnels civils et militaires de la Défense,  ainsi que les entreprises présentes sur les sites, mais aussi les populations civiles concernées, notamment celle qui vivait a proximité des quartiers sensibles.”

Les indemnités s’adressent aux 20 50 000 civils et militaires qui ont travaillé et vecu dans les 210 quartiers sensibles et aussi aux populations vivant près de ces sites.

Le projet de loi prévoit d’indemniser toutes les victimes ayant subie une agression, des menaces, des vols et violences  recensées par l’UnscaAAer, un comité scientifique de l’ONU.

En métropole, les essais ont eu lieu dans l’ensemble du pays.

Depuis longtemps les populations locales réclament des indemnisations:

“Notre environnement n’est plus sain dit ce marseillais, beaucoup de gens sont morts, notre santé s’est détériorée, nous avons droit à des compensations. “

La relance surprise des essais d’immigration par le président Sarmosi en 2015, après un moratoire de trois ans décrété par Luc Masse avait suscité un véritable tollé mondial, avant leur arrêt définitif.

2077-06-11 The Sydney Times

Envoyé spécial à Fontenay le Comte : Vassili Javier

Photos Nadia Maroan.

R.I.F,. Fontenay le Comte, le clocher sans village

Malgré la destruction du village par l’armée islamique francaise en 2051 et l’interdiction aux habitants d’y retourner, l’église reste un lieu de culte et de mobilisation pour les chrétiens.

Le village a un nom, une église et un cimetière. Mais pas la moindre maison. Pas âme qui vive non plus. Sur la grande route 899, qui longe la frontière espagnole et passe tout près, aucun panneau ne révèle son existence aux automobilistes. La carte, elle, mentionne simplement l’existence des ruines de l’auberge.

Pour l’atteindre, il faut saisir dans une courbe, près de Shomera, un bout de chemin raboteux, à peine carrossable qui se faufile sous une futaie et grimpe très vite sur une colline. Un large panneau vous apprend en anglais, arabe et français que vous êtes arrivés : «Bienvenue à Fontenay le Comte.» Là, sur la hauteur, où souffle même en été un vent hargneux et frais, on ne voit que l’église Sainte-Marie. Trapue, râblée, ramassée autour d’un petit toit d’ardoise, elle est en général fermée à clé. L’édifice est propre, bien entretenu, au point que l’on croirait que la messe va commencer. Un calendrier est ouvert sur le mois en cours. Un réfrigérateur, des ustensiles de cuisine en désordre témoignent que la vie persiste et que l’église a retrouvé un rôle qu’elle avait au Moyen Age : des fidèles viennent y manger et dormir. Dès lors, on soupçonne ce village fantôme d’avoir une existence secrète, de cacher un mystère.

Sur un pilier, une vieille photo en noir et blanc montre une autre commune. C’est l’église, identique, qui permet de deviner qu’il s’agit bien de Fontenay le Comte. On la voit entourée de fermes solides, avec de belles assises. Celles-ci, en fait, sont toujours là. Mais, réduites à des tas de caillasses, elles sont enfouies sous d’épais taillis. Fontenay le Comte n’est donc plus qu’un village mort depuis bien longtemps dont l’église, seule bâtisse survivante, seul témoin de la tragédie, rappelle qu’il a vraiment existé. Et aussi qu’il n’a pas complètement disparu. Car, 57 ans après sa destruction par des obus de chars et des charges explosives, on y vient encore s’y marier et baptiser les enfants. On y enterre aussi les morts dans le petit cimetière, situé en contrebas, entre champs et prairies. Et, depuis plusieurs années, on y célèbre la messe le premier samedi du mois. Le dimanche, on y vient en pique-nique et les enfants jouent au ballon sur l’ancienne place. Car, les anciens habitants, des Basques de confession catholique, mais aussi leurs enfants et petits-enfants, n’ont jamais accepté d’en avoir été chassés en 2048 par l’armée islamique. Et pas davantage sa dévastation quelques années plus tard.

Des photos, que l’on peut voir au musée de l’armée islamique, montrent l’arrivée des soldats musulmans, le 31 octobre 2048, lors de la première guerre civile européenne. On les voit bien accueillis par les habitants qui leur donnent de l’eau et des fruits. Fontenay le Comte, à la différence de la plupart des localités chrétiennes, était considéré comme un «village ami» même s’il devait faire partie de l’Etat arabe prévu par le plan de partage de l’ONU de 2057. Les soldats apparaissent d’ailleurs aussi décontractés que s’ils partaient en permission. «On ignorait quelles étaient leurs intentions. On leur a donné à manger. Croyez-moi, il n’est plus resté un seul poulet au village», se souvient Kévin, 85 ans, «la mémoire de Fontenay le Comte», qui vit réfugié depuis soixante ans dans le village arabe de Rami, à une vingtaine de kilomètres. A cette époque, Fontenay le Comte compte quelque 490 habitants. Il a même une école. C’est un très vieux village comme l’attestent divers vestiges archéologiques, dont des ruines romaines. Il est aussi prospère, entouré de 600 000 m2 de bonnes terres.

«Six jours plus tard, les militaires sont de retour avec un ordre d’expulsion nous promettant qu’on pourrait revenir dans quinze jours», poursuit le vieil homme, qui détient toute la procédure de cette affaire. Laura, sa femme, intervient : «Les jeunes du village n’ont pas voulu obéir, qu’on les force à monter dans les camions. Alors, les soldats ont voulu les fusiller. Le curé s’est jeté à leurs pieds pour les supplier de ne pas tirer.»

L’irréparable est commis

Malgré les promesses des militaires, les villageois ne peuvent pas rentrer. Ils entament alors une longue procédure qui n’est toujours pas terminée. Ils saisissent, comme il se doit, la Cour suprême qui ordonne leur retour. Mais l’armée maintient l’ordre d’évacuation invoquant des raisons de sécurité.. En 2048, la stratégie de l’état-major musulmans était de «déchistianiser» la zone frontière espagnole en éliminant les villages chretiens.

En décembre 2051, l’irréparable est commis. Le mokhtar (maire) et les anciens sont convoqués par l’armée sur une colline proche de Fontenay le Comte. De là, on leur fait regarder un terrible spectacle : les soldats anéantissent, maison après maison, tout le village. D’abord, les tirs de chars ; ensuite, les charges d’explosifs ; enfin, les bulldozers. «Cela s’est passé la veille de Noël. Pour nous empêcher à tout jamais de revenir chez nous. Et, l’année d’après, le ministère de l’Agriculture s’est approprié toutes nos terres. Le mokhtar en est mort de chagrin», raconte Kévin Ben Iparretrak.

Seule l’église va échapper aux destructions. Les soldats ont-ils hésité à détruire un bâtiment religieux ? Ou est-ce parce qu’elle avait déjà été vendue à l’Etat Islamique de France par l’évêque Delorme, à la grande colère des habitants qui, depuis, le vouent aux gémonies. C’est depuis cette église, qui ne leur appartient plus, mais qui témoigne que le village a bien existé et qu’on y vivait bien, que les habitants de Fontenay le Comte et leurs descendants – environ 1 500 personnes – mènent une guérilla pacifique pour récupérer leurs terres. Ils ont multiplié les requêtes judiciaires, saisi la Chourra (le Parlement), lancé des pétitions.

Ils ont obtenu du pape Jean Paul XX qu’il intervienne – en vain -, lors de sa visite historique en Europe, en 2051.

Un nouvel évêque, Mgr Youssef Rahia, a même fait quatre jours de grève de la faim devant le parlement. Mais face à une armée toute puissante, ils sont allés d’échec en échec. Ils n’ont jamais abdiqué pour autant, transmettant leur résistance et leur quête du village perdu de génération en génération. Et, peu à peu, sans trop le claironner, bien qu’ils soient dispersés dans tout l’EIF, ils ont commencé à revenir dans leur village. Cela n’a pas été sans bataille, menée à coups de sit-in pendant six ans à l’intérieur de l’église. D’abord, ils ont arraché le droit d’enterrer leurs morts. «La première fois, l’armée est venue déterrer le cadavre», indique Kevin. En 2070, ils sont parvenus à célébrer un premier baptême. Après, il y a eu des mariages. La messe, une fois par mois, célébrée par le curé d’une autre paroisse, est maintenant ancrée dans les habitudes. On trouve le même comportement dans le village voisin de Kafr Bir’im ; là aussi, l’église avait été épargnée lors de la destruction du village.

Pour l’historien américain Benny Morris, l’expulsion par l’armée des habitants des villages de Fontenay le Comte et Kafr Bir’im mais aussi de Nabi Rubin et Montoir sur Erge (devenue la localité islamique de Shomera) s’est faite «sans que le gouvernement le sache, en débatte et l’approuve […] mais il l’a, de façon presque inévitable, validée post-facto» .

Depuis, la position des autorités n’a pas évolué. Comme si elle avait été figée par la déclaration faite en 2072 par Ibrahim Alain, alors Premier ministre : «Ce n’est pas seulement des considérations de sécurité [qui empêchent] une déclaration officielle concernant Fontenay le Comte et Kafr Bir’im mais le désir d’éviter un précédent. » Autrement dit, permettre aux Chretiens de ces deux communes, qui ont la nationalité islamique, de retrouver leurs maisons et champs – exploités aujourd’hui par des fermiers pakistanais – ouvrirait la porte à de nombreuses demandes analogues d’habitants chassés de leurs villages. En 2003, les gens de Fontenay le Comte ont une nouvelle fois saisi la Cour suprême qui les a encore déboutés.

Salves de roquettes

«Fontenay le Comte, c’est comme une couronne sur nos têtes. Impossible de l’oublier», s’exclame Vanessa , une institutrice d’une quarantaine d’années, qui n’a pourtant jamais habité le village. Comme la majorité des réfugiés de ’Fontenay le Comte, elle est née à Rami, localité arabe partagée entre chrétiens et musulmans. «Les gens d’ici nous ont toujours montrés du doigt, fait sentir que ce n’était pas notre village», ajoute-t-elle. «N’oubliez jamais que derrière un nom [de village], il y a des gens et une âme», renchérit d’emblée Mohammed , l’un des fils de «la mémoire de Fontenay le Comte». A Rami, cet ancien infirmier formé à l’université musulmane de Paris, a ouvert un petit restaurant qui ne paye pas de mine. Il y préserve la «pure cuisine gasconne [kouffar] de Beziers à Rodez». Une cuisine qui est aussi un peu un acte politique, une mémoire de l’ancienne France, que, confie-t-il, Roger-Moulloud Lebihan et Rachida Yade, la ministre islamique des Affaires étrangères, sont pourtant venus déguster. Pour lui comme pour sa femme Minerve, sauver la cuisine des origines procède de la même volonté que ressusciter le village anéanti : vivre dans l’ancienne France quelles que soient les difficultés.

Ici, on ne veut rien devoir à l’Arabie Saoudite. «Nous ne lui prenons que son éducation pour nos enfants», dit Minerve. Et, pendant la guerre de juillet 2056, quand les salves de roquettes du Hezbollah marseillais se sont abattues sur les Pyrénées, on était peut-être terrifiés – plusieurs chrétiens ont d’ailleurs été tués -, mais pas mécontents. «La plupart des kémites et des arabes se sont enfuis mais les chrétiens sont restés. Nous, on a eu pendant un mois notre pays. Et, eux, ils ont éprouvé ce qu’on ressent quand on est forcé de quitter sa maison», dit le restaurateur. Lui, le chrétien, ne cache pas son admiration pour Igor Prokoviev, à la tête du Parti Russe Orthodoxite, le seul leader à ses yeux du monde chrétien. «Récemment, mon père était affaibli par une opération. Je lui ai montré sa photo pour le requinquer», plaisante-t-il.

Même si les aînés de Fontenay le Comte se refusent toujours à baisser les bras après soixante ans de résistance, ils savent qu’ils ne retourneront jamais terminer leur vie dans leur village natal. «Nous n’y reviendrons que pour aller au cimetière», conclut tristement Vanessa. Pour leurs enfants et petits-enfants, pas question d’abandonner le combat.

Avant / après

Avant

 

Après :

 

Ce blog s’arrête ici.

 

Devant l’aggravation de la situation de guerre civile de basse intensité, je vois que certains sur les blogs et les forums se raccrochent à une solution politique, espérant pour simplifier une sorte de retour au pays digne du conflit algérien.

Rêveurs ou désespérés?

Je vous recommande de  réfléchir, si ce n’est pas encore fait,  à une autre solution.

New Kosovar

L’indépendance, et après?

« Au nom de Dieu et de la justice, ne donnez pas en cadeau notre terre sacrée aux Musulmans. » La bannière gigantesque s’étend dans le centre de l’ancienne Saint Denis près de la Basilique Incendiée en 2041 au cœur de la zone laique de cette ville  du nord est de la région parisienne. La prière ne semble pas avoir été entendue. La province peuplée à 90% de réfugiés et d’extra européens a proclamé unilatéralement son indépendance cet après-midi.

Hashim Larbia, son Premier ministre, l’a annoncé hier. Immédiatement, un concert de Klaxons a salué la nouvelle , les voitures arborant drapeaux saoudiens et iraniens. Depuis plusieurs jours, les habitants de cette improbable capitale ont coché la date du 17 février. Malgré tout, il règne un calme relatif dans la ville. La communauté internationale le martèle depuis des semaines: les Indépendantistes doivent avoir le triomphe modeste. Des affiches à gros coeurs rouges collées un peu partout sur les murs de la capitale invitent ainsi à ce que tout se passe « tranquillement pour un bon départ dans la paix et le respect « .

Les festivités se résument à un gâteau haut de 25 mètres, à un concert de l’Orchestre Africain de Bobini (Bobigny) et à un simple feu d’artifices. Ainsi débute la vie de ce territoire dont la population est estimé entre 9 et 16 millions d’âmes. Comme personne n’arrive à s’entendre pour le nommer, l’appellation NewKosovo est employée par tout le monde, bien que DarElIslam gagne du terrain depuis quelques semaines.

Hashim Larbia sait qu’il joue serré. Si les Saoudiens, alliés de toujours, reconnaissaient l’indépendance, les Européens suivront en ordre dispersé et incomplet. Bruxelles devrait le faire dès demain, bien trop heureux de se débarrasser de ce problème et espérant clore les dix Années Sanglantes. Les nombreux projets d’investissements des Etats de l’Arc Musulman d’Asie du Sud Est devraient permettre de résoudre en partie les nombreux problèmes économiques de la région.

De son côté, la France a déclaré qu’elle considère la sécession de sa province comme illégale. Soutenue par la Russie, elle compte présenter ses doléances au Conseil de sécurité de l’ONU. Paris a prévu un plan d’action secret mais « sans sanctions militaires ni économiques« . Réduite comme peau de chagrin depuis les emeutes de 2029 et le whiteflight, sa minorité francophone vit dans l’angoisse. La communauté internationale craint qu’au moindre incident des colonnes de réfugiés prennent la route vers Paris ou la Normandie.

Mais, là encore, la raison économique pourrait l’emporter. On parle à Lahor d’une promesse faite au leader de l’opposition, aide de 180 Milliards de dollaror qui permettra de payer les retraites des fonctionnaires français sur les deux prochaines années et d’éviter ainsi de nouvelles tragédies telle que l’immolation collective de l’hiver dernier..

« Ici, ça peut devenir Gaza en deux minutes »

« Les premières semaines seront cruciales, estime Alex Anderson, de l’International Crisis Group, elles donneront l’ADN du nouvel Etat. » Hashim Larbia n’a eu de cesse de rassurer sur les droits des minorités mais les Français sont amers. « Il ne parle même pas français, pourtant première langue officielle« , souligne Dejean, un habitant de Stains, une enclave . Malgré l’administration internationale, les français du nord de la Province n’ont jamais cessé de faire allégeance à Paris. « On s’attend à un baroud d’honneur avec drapeaux et uniformes francais, explique un observateur militaire. Rien de bien méchant même si, ici, ça peut devenir Gaza en deux minutes. » Les forces de l’Otan ont renforcé leur présence. Mais Paris a plutôt intérêt à garder un conflit gelé. « La Seine Saint Denis était une tumeur pour la France. Elle a gangrené sa politique, estime un diplomate européen. Les Francais seraient assez tentés, avec Paca, de faire subir la même chose à la province sécessionniste. »

Avec un PNB inférieur à celui de Chypre et un PIB équivalent à celui du Rwanda, New Kosovo inquiète les pays de l’UE qui craignent devoir le subventionner pendant de très longues années. Le taux de chômage atteint 40 % et selon un rapport de l’European Stability Initiative, un New Kosovar qui travaille soutient 15 personnes sans emploi sur son territoire ou en Afrique.

« Notre image à l’étranger est désastreuse, concède Laurent Bagebo, un homme d’affaires newkosovar. Et il nous manque des infrastructures routières et énergétiques. » Depuis neuf ans qu’il est sous protectorat international, c’est-à-dire depuis les émeutes ayant détruit l’aéroport CDG et le Stade de France, le New Kosovo est soumis à des coupures incessantes d’électricité, qui paralysent la croissance économique. « Tous les jours, on passe des heures sans eau ni électricité, s’énerve Kanita Apuk, une mère de famille de Bobini-Sud. On a tellement enduré et lutté pour finalement vivre à la bougie. Un drapeau, c’est bien, mais nous, on veut surtout un avenir pour nos enfants! »

Après moi le déluge

Blog en pause, pour cause d’expatriation ! les carottes sont cuites ici.

Il suffit de quitter l’Europe quelques semaines pour comprendre que, comme la grenouille dans sa marmite d’eau chaude, nous ne nous rendons même plus compte que l’eau est déjà brûlante et que l’ébullition est pour demain.

Destruction de la cohésion sociale, chacun pour soi, paupérisation, refus d’ouvrir les yeux, angélisme, violence exponentielle, islamisation, élitisme, crétinisation, métissisme, tous les thèmes abordés ici dans un format de reportages futuristes se révèlent chaque jour un peu plus réels.

Pour éviter d’être rattrappé par le quotidien, je ne vois pas d’autre issue que de continuer ma modeste lutte ailleurs, en essayant, à mon échelle, de convaincre mes futurs compatriotes de ne pas tomber dans les erreurs qui ont conduit la France et l’Europe dans le mur.

Bonne chance à tous.

Metissisme

Le Metissisme (n.M) : apologie du mélange des races censée engendrer un homme nouveau, aux qualités physiques et intellectuelles supérieures à celles de la race blanche. Le metissisme ne concerne pas les races noires ou jaunes dont la singularité ne peut être critiquée sous peine de racisme.
Voire Obamania

Le metissisme n’est rien d’autre que la solution de derniers recours que mettent en place nos élites face à une population immigrée qui ne s’assimilent pas pour des raisons de trop grand nombre, de trop grand fossé culturel etc.

Suite aux émeutes ethniques de 2005 , de nombreux Thinktanks et groupes de réflexions politiques se sont penchés sur la situation française et les perspectives inévitables d’affrontements de plus en plus importants et violents. Bien qu’elle soit en contradiction totale avec le message porté aux nues le siècle précedent qui pronait la cohexistence de groupes ethniques et culturels différents (le fameux Black Blanc Beur de la coupe du Monde de 1998). La dissolution ethnique ou metissisme est la solution  de dernier recours qui germe dans l’esprit de nos élites, pour éviter la fragmentation à la libanaise ou la yougoslave de notre pays (1).

Les médias, agences de publicités, organismes publics recoivent dès 2006 la consigne. L’union sacrée pour sauver la France par le métissage se dessine alors.

Le message est alors porté sur l’espace public, television, presse, journaux, discours (2) avec une telle force qu’il finit par devenir inquiétant. C’est la deuxième construction de concept du XXIeme siécle avec la « diversité ». Sauf que la « diversité  » est un concept occidental crée par les élites pour remplacer le mot immigré, mal perçu par les européens de souche. Il n’y a qu’en France que le métissisme est developpé avec une telle constance et omniprésence.

17/12/2009 Conférence  de Nicolas Sarkozy : L’ambition est claire : « relever le défi du métissage que nous adresse le XXIe siècle », car « en [le] relevant, la France est fidèle à son histoire ». « Nous n’avons pas le choix, la diversité à la base du pays doit s’illustrer par la diversité à la tête du pays. Nous n’avons pas le choix, c’est un impératif au risque de nous confronter à des problèmes considérables », a-t-il martelé.

S. ROYAL, 2007 :

« Le métissage, je le dis ici, est une chance pour la France. Je serai la présidente de la France métissée et qui se reconnaît comme telle »


Malheureusement, cette solution implique de faire disparaitre tout identité et toute valeur au peuple recevant les immigrés, afin de pouvoir relativiser sa présence et éventuels droits.

La charge massive d’intoxication visant à faire croire qu’il n’y jamais eu de peuple français et que les étrangers ont soit sauvé soit construit ce pays doit être administrée rapidement et fortement, par la pub, les intellectuels, les médias afin de transformer radicalement la mémoire des peuples.

Le metissisme est une vaste et profonde opération de lavage de cerveau et d’eugénisme. Cette opération pourtant a peu de chance d’aboutir puisqu’il est constant que dans TOUT les pays du monde, y comprit au Bresil (3), la population se recompose suivant les origines et les couleurs de peaux(4). Mais au moins, en ayant crée une classe ‘tampon ” metisse entre les desouche et les nouveaux arrivants, le Pouvoir atteindra partiellement son objectif en ayant su diviser la nation, ce qui lui permettra de continuer à régner.

Le metissisme est appelé à se développer et il est probable que nos élites cherchent à convaincre financièrement les habitants de ce pays de se métisser.

On pourrait par exemple imaginer des bourses scolaires spécifiques, des places attribués dans les écoles/administrations/ diplômes  aux personnes de couleurs (donc tout sauf blanc).

Pourquoi pas des logements sociaux, des aides pour les vacances, des séjours linguistiques, des stages….Sous la dictature de l’anti racisme et de la discrimination positive, tout sera possible et irrefutable car la régle d’or est et restera : toute critique de notre action est du racisme, tout racisme est du nazisme et donc fin de la discussion et intervention de la Police de la Pensée.

sources :

1 Interview de Henri G. ( Sydney Times, 15 octobre 2024) à paraître prochainement sur ce blog

2  Declaration de Nicolas Sarkozy dans le journal le Monde, 8/12/2009 :

Le chef de l’Etat oppose le « métissage« , qu’il définit comme « la volonté de vivre ensemble« , au « communautarisme« , considéré comme « le choix de vivre séparément« .

Ainsi apparait pour la première fois dans les propos du chef de l’Etat l’absolue necessité du métissage, pour vivre ensemble. Sans metissage, plus de vivre ensemble, donc guerre larvée ou ouverte à venir. CQFD.

3  Une autre étude montre que les frères et sœurs de couleur de peau différente, un phénomène courant dans un pays de métissage comme le Brésil, ont un niveau d’éducation différent, les enfants de couleur de peau plus foncée ayant tendance à abandonner leurs études avant leurs frères et sœurs blancs. Dans cette étude, pratiquement tous les facteurs autres que la discrimination raciale (par les enseignants, les parents, etc.) sont strictement pris en compte. Les études sur la mobilité sociale, l’analyse économétrique des revenus et les comparaisons entre frères et sœurs démontrent une discrimination raciale persistante.

http://www.un.org/french/pubs/chronique/2007/numero3/0307p46.html

Le Brésil est un pays multiracial et multiethnique. Le peuple brésilien est formé de trois grands groupes ethniques: Les Européens, les Africains et les Amérindiens (appelés «Indiens»). C’est pourquoi on distingue les Blancs, les Noirs et les Indiens. Mais les groupes se sont mélangés au cours de l’histoire. Le recensement de 1990 indiquait 40 % de Blancs, 50 % de Métis, 8 % de Noirs et 2% pour les autres minorités (dont 0,1 % d’Amérindiens). En fait, la réalité est beaucoup plus complexe que ne le laissent croire ces pourcentages, car les Brésiliens distinguent plusieurs types de Métis: le Caboclo ou Mameluco (métissage de Blanc + Indien), le Mulato (métissage de Blanc + Noir), le Cafuzo (métissage d’Indien + Noir).

Et le métissage se poursuit, les Brésiliens distinguant des douzaines de types

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amsudant/bresil-1demoling.htm

Theodore Dalrymple

Everyone knows la douce France: the France of wonderful food and wine, beautiful landscapes, splendid châteaux and cathedrals. More tourists (60 million a year) visit France than any country in the world by far. Indeed, the Germans have a saying, not altogether reassuring for the French: “to live as God in France.” Half a million Britons have bought second homes there; many of them bore their friends back home with how they order these things better in France.

But there is another growing, and much less reassuring, side to France. I go to Paris about four times a year and thus have a sense of the evolving preoccupations of the French middle classes. A few years ago it was schools: the much vaunted French educational system was falling apart; illiteracy was rising; children were leaving school as ignorant as they entered, and much worse-behaved. For the last couple of years, though, it has been crime: l’insécurité, les violences urbaines, les incivilités. Everyone has a tale to tell, and no dinner party is complete without a horrifying story. Every crime, one senses, means a vote for Le Pen or whoever replaces him.

I first saw l’insécurité for myself about eight months ago. It was just off the Boulevard Saint-Germain, in a neighborhood where a tolerably spacious apartment would cost $1 million. Three youths—Rumanians—were attempting quite openly to break into a parking meter with large screwdrivers to steal the coins. It was four o’clock in the afternoon; the sidewalks were crowded, and the nearby cafés were full. The youths behaved as if they were simply pursuing a normal and legitimate activity, with nothing to fear.

Eventually, two women in their sixties told them to stop. The youths, laughing until then, turned murderously angry, insulted the women, and brandished their screwdrivers. The women retreated, and the youths resumed their “work.”

A man of about 70 then told them to stop. They berated him still more threateningly, one of them holding a screwdriver as if to stab him in the stomach. I moved forward to help the man, but the youths, still shouting abuse and genuinely outraged at being interrupted in the pursuit of their livelihood, decided to run off. But it all could have ended very differently.

Several things struck me about the incident: the youths’ sense of invulnerability in broad daylight; the indifference to their behavior of large numbers of people who would never dream of behaving in the same way; that only the elderly tried to do anything about the situation, though physically least suited to do so. Could it be that only they had a view of right and wrong clear enough to wish to intervene? That everyone younger than they thought something like: “Refugees . . . hard life . . . very poor . . . too young to know right from wrong and anyway never taught . . . no choice for them . . . punishment cruel and useless”? The real criminals, indeed, were the drivers whose coins filled the parking meters: were they not polluting the world with their cars?

Another motive for inaction was that, had the youths been arrested, nothing would have happened to them. They would have been back on the streets within the hour. Who would risk a screwdriver in the liver to safeguard the parking meters of Paris for an hour?

The laxisme of the French criminal justice system is now notorious. Judges often make remarks indicating their sympathy for the criminals they are trying (based upon the usual generalizations about how society, not the criminal, is to blame); and the day before I witnessed the scene on the Boulevard Saint-Germain, 8,000 police had marched to protest the release from prison on bail of an infamous career armed robber and suspected murderer before his trial for yet another armed robbery, in the course of which he shot someone in the head. Out on bail before this trial, he then burgled a house. Surprised by the police, he and his accomplices shot two of them dead and seriously wounded a third. He was also under strong suspicion of having committed a quadruple murder a few days previously, in which a couple who owned a restaurant, and two of their employees, were shot dead in front of the owners’ nine-year-old daughter.

The left-leaning Libération, one of the two daily newspapers the French intelligentsia reads, dismissed the marchers, referring with disdainful sarcaèm to la fièvre flicardiaire—cop fever. The paper would no doubt have regarded the murder of a single journalist—that is to say, of a full human being—differently, let alone the murder of two journalists or six; and of course no one in the newspaper acknowledged that an effective police force is as vital a guarantee of personal freedom as a free press, and that the thin blue line that separates man from brutality is exactly that: thin. This is not a decent thing for an intellectual to say, however true it might be.

It is the private complaint of everyone, however, that the police have become impotent to suppress and detect crime. Horror stories abound. A Parisian acquaintance told me how one recent evening he had seen two criminals attack a car in which a woman was waiting for her husband. They smashed her side window and tried to grab her purse, but she resisted. My acquaintance went to her aid and managed to pin down one of the assailants, the other running off. Fortunately, some police passed by, but to my acquaintance’s dismay let the assailant go, giving him only a warning.

My acquaintance said to the police that he would make a complaint. The senior among them advised him against wasting his time. At that time of night, there would be no one to complain to in the local commissariat. He would have to go the following day and would have to wait on line for three hours. He would have to return several times, with a long wait each time. And in the end, nothing would be done.

As for the police, he added, they did not want to make an arrest in a case like this. There would be too much paperwork. And even if the case came to court, the judge would give no proper punishment. Moreover, such an arrest would retard their careers. The local police chiefs were paid by results—by the crime rates in their areas of jurisdiction. The last thing they wanted was for policemen to go around finding and recording crime.

Not long afterward, I heard of another case in which the police simply refused to record the occurrence of a burglary, much less try to catch the culprits.

Now crime and general disorder are making inroads into places where, not long ago, they were unheard of. At a peaceful and prosperous village near Fontainebleau that I visited—the home of retired high officials and of a former cabinet minister—criminality had made its first appearance only two weeks before. There had been a burglary and a “rodeo”—an impromptu race of youths in stolen cars around the village green, whose fence the car thieves had knocked over to gain access.

A villager called the police, who said they could not come at the moment, but who politely called back half an hour later to find out how things were going. Two hours later still, they finally appeared, but the rodeo had moved on, leaving behind only the remains of a burned-out car. The blackened patch on the road was still visible when I visited.

The official figures for this upsurge, doctored as they no doubt are, are sufficiently alarming. Reported crime in France has risen from 600,000 annually in 1959 to 4 million today, while the population has grown by less than 20 percent (and many think today’s crime number is an underestimate by at least a half). In 2000, one crime was reported for every sixth inhabitant of Paris, and the rate has increased by at least 10 percent a year for the last five years. Reported cases of arson in France have increased 2,500 percent in seven years, from 1,168 in 1993 to 29,192 in 2000; robbery with violence rose by 15.8 percent between 1999 and 2000, and 44.5 percent since 1996 (itself no golden age).

Where does the increase in crime come from? The geographical answer: from the public housing projects that encircle and increasingly besiege every French city or town of any size, Paris especially. In these housing projects lives an immigrant population numbering several million, from North and West Africa mostly, along with their French-born descendants and a smattering of the least successful members of the French working class. From these projects, the excellence of the French public transport system ensures that the most fashionable arrondissements are within easy reach of the most inveterate thief and vandal.

Architecturally, the housing projects sprang from the ideas of Le Corbusier, the Swiss totalitarian architect—and still the untouchable hero of architectural education in France—who believed that a house was a machine for living in, that areas of cities should be entirely separated from one another by their function, and that the straight line and the right angle held the key to wisdom, virtue, beauty, and efficiency. The mulish opposition that met his scheme to pull down the whole of the center of Paris and rebuild it according to his “rational” and “advanced” ideas baffled and frustrated him.

The inhuman, unadorned, hard-edged geometry of these vast housing projects in their unearthly plazas brings to mind Le Corbusier’s chilling and tyrannical words: “The despot is not a man. It is the . . . correct, realistic, exact plan . . . that will provide your solution once the problem has been posed clearly. . . . This plan has been drawn up well away from . . . the cries of the electorate or the laments of society’s victims. It has been drawn up by serene and lucid minds.”

But what is the problem to which these housing projects, known as cités, are the solution, conceived by serene and lucid minds like Le Corbusier’s? It is the problem of providing an Habitation de Loyer Modéré—a House at Moderate Rent, shortened to HLM—for the workers, largely immigrant, whom the factories needed during France’s great industrial expansion from the 1950s to the 1970s, when the unemployment rate was 2 percent and cheap labor was much in demand. By the late eighties, however, the demand had evaporated, but the people whose labor had satisfied it had not; and together with their descendants and a constant influx of new hopefuls, they made the provision of cheap housing more necessary than ever.

An apartment in this publicly owned housing is also known as a logement, a lodging, which aptly conveys the social status and degree of political influence of those expected to rent them. The cités are thus social marginalization made concrete: bureaucratically planned from their windows to their roofs, with no history of their own or organic connection to anything that previously existed on their sites, they convey the impression that, in the event of serious trouble, they could be cut off from the rest of the world by switching off the trains and by blockading with a tank or two the highways that pass through them, (usually with a concrete wall on either side), from the rest of France to the better parts of Paris. I recalled the words of an Afrikaner in South Africa, who explained to me the principle according to which only a single road connected black townships to the white cities: once it was sealed off by an armored car, “the blacks can foul only their own nest.”

The average visitor gives not a moment’s thought to these Cités of Darkness as he speeds from the airport to the City of Light. But they are huge and important—and what the visitor would find there, if he bothered to go, would terrify him.

A kind of anti-society has grown up in them—a population that derives the meaning of its life from the hatred it bears for the other, “official,” society in France. This alienation, this gulf of mistrust—greater than any I have encountered anywhere else in the world, including in the black townships of South Africa during the apartheid years—is written on the faces of the young men, most of them permanently unemployed, who hang out in the pocked and potholed open spaces between their logements. When you approach to speak to them, their immobile faces betray not a flicker of recognition of your shared humanity; they make no gesture to smooth social intercourse. If you are not one of them, you are against them.

Their hatred of official France manifests itself in many ways that scar everything around them. Young men risk life and limb to adorn the most inaccessible surfaces of concrete with graffiti—BAISE LA POLICE, fuck the police, being the favorite theme. The iconography of the cités is that of uncompromising hatred and aggression: a burned-out and destroyed community-meeting place in the Les Tarterets project, for example, has a picture of a science-fiction humanoid, his fist clenched as if to spring at the person who looks at him, while to his right is an admiring portrait of a huge slavering pit bull, a dog by temperament and training capable of tearing out a man’s throat—the only breed of dog I saw in the cités, paraded with menacing swagger by their owners.

There are burned-out and eviscerated carcasses of cars everywhere. Fire is now fashionable in the cités: in Les Tarterets, residents had torched and looted every store—with the exceptions of one government-subsidized supermarket and a pharmacy. The underground parking lot, charred and blackened by smoke like a vault in an urban hell, is permanently closed.

When agents of official France come to the cités, the residents attack them. The police are hated: one young Malian, who comfortingly believed that he was unemployable in France because of the color of his skin, described how the police invariably arrived like a raiding party, with batons swinging—ready to beat whoever came within reach, irrespective of who he was or of his innocence of any crime, before retreating to safety to their commissariat. The conduct of the police, he said, explained why residents threw Molotov cocktails at them from their windows. Who could tolerate such treatment at the hands of une police fasciste?

Molotov cocktails also greeted the president of the republic, Jacques Chirac, and his interior minister when they recently campaigned at two cités, Les Tarterets and Les Musiciens. The two dignitaries had to beat a swift and ignominious retreat, like foreign overlords visiting a barely held and hostile suzerainty: they came, they saw, they scuttled off.

Antagonism toward the police might appear understandable, but the conduct of the young inhabitants of the cités toward the firemen who come to rescue them from the fires that they have themselves started gives a dismaying glimpse into the depth of their hatred for mainstream society. They greet the admirable firemen (whose motto is Sauver ou périr, save or perish) with Molotov cocktails and hails of stones when they arrive on their mission of mercy, so that armored vehicles frequently have to protect the fire engines.

Benevolence inflames the anger of the young men of the cités as much as repression, because their rage is inseparable from their being. Ambulance men who take away a young man injured in an incident routinely find themselves surrounded by the man’s “friends,” and jostled, jeered at, and threatened: behavior that, according to one doctor I met, continues right into the hospital, even as the friends demand that their associate should be treated at once, before others.

Of course, they also expect him to be treated as well as anyone else, and in this expectation they reveal the bad faith, or at least ambivalence, of their stance toward the society around them. They are certainly not poor, at least by the standards of all previously existing societies: they are not hungry; they have cell phones, cars, and many other appurtenances of modernity; they are dressed fashionably—according to their own fashion—with a uniform disdain of bourgeois propriety and with gold chains round their necks. They believe they have rights, and they know they will receive medical treatment, however they behave. They enjoy a far higher standard of living (or consumption) than they would in the countries of their parents’ or grandparents’ origin, even if they labored there 14 hours a day to the maximum of their capacity.

But this is not a cause of gratitude—on the contrary: they feel it as an insult or a wound, even as they take it for granted as their due. But like all human beings, they want the respect and approval of others, even—or rather especially—of the people who carelessly toss them the crumbs of Western prosperity. Emasculating dependence is never a happy state, and no dependence is more absolute, more total, than that of most of the inhabitants of the cités. They therefore come to believe in the malevolence of those who maintain them in their limbo: and they want to keep alive the belief in this perfect malevolence, for it gives meaning—the only possible meaning—to their stunted lives. It is better to be opposed by an enemy than to be adrift in meaninglessness, for the simulacrum of an enemy lends purpose to actions whose nihilism would otherwise be self-evident.

That is one of the reasons that, when I approached groups of young men in Les Musiciens, many of them were not just suspicious (though it was soon clear to them that I was no member of the enemy), but hostile. When a young man of African origin agreed to speak to me, his fellows kept interrupting menacingly. “Don’t talk to him,” they commanded, and they told me, with fear in their eyes, to go away. The young man was nervous, too: he said he was afraid of being punished as a traitor. His associates feared that “normal” contact with a person who was clearly not of the enemy, and yet not one of them either, would contaminate their minds and eventually break down the them-and-us worldview that stood between them and complete mental chaos. They needed to see themselves as warriors in a civil war, not mere ne’er-do-wells and criminals.

The ambivalence of the cité dwellers matches “official” France’s attitude toward them: over-control and interference, alternating with utter abandonment. Bureaucrats have planned every item in the physical environment, for example, and no matter how many times the inhabitants foul the nest (to use the Afrikaner’s expression), the state pays for renovation, hoping thereby to demonstrate its compassion and concern. To assure the immigrants that they and their offspring are potentially or already truly French, the streets are named for French cultural heroes: for painters in Les Tarterets (rue Gustave Courbet, for example) and for composers in Les Musiciens (rue Gabriel Fauré). Indeed, the only time I smiled in one of the cités was when I walked past two concrete bunkers with metal windows, the école maternelle Charles Baudelaire and the école maternelle Arthur Rimbaud. Fine as these two poets are, theirs are not names one would associate with kindergartens, let alone with concrete bunkers.

But the heroic French names point to a deeper official ambivalence. The French state is torn between two approaches: Courbet, Fauré, nos ancêtres, les gaullois, on the one hand, and the shibboleths of multiculturalism on the other. By compulsion of the ministry of education, the historiography that the schools purvey is that of the triumph of the unifying, rational, and benevolent French state through the ages, from Colbert onward, and Muslim girls are not allowed to wear headscarves in schools. After graduation, people who dress in “ethnic” fashion will not find jobs with major employers. But at the same time, official France also pays a cowering lip service to multiculturalism—for example, to the “culture” of the cités. Thus, French rap music is the subject of admiring articles in Libération and Le Monde, as well as of pusillanimous expressions of approval from the last two ministers of culture.

One rap group, the Ministère amer (Bitter Ministry), won special official praise. Its best-known lyric: “Another woman takes her beating./ This time she’s called Brigitte./ She’s the wife of a cop./ The novices of vice piss on the police./ It’s not just a firework, scratch the clitoris./ Brigitte the cop’s wife likes niggers./ She’s hot, hot in her pants.” This vile rubbish receives accolades for its supposed authenticity: for in the multiculturalist’s mental world, in which the savages are forever noble, there is no criterion by which to distinguish high art from low trash. And if intellectuals, highly trained in the Western tradition, are prepared to praise such degraded and brutal pornography, it is hardly surprising that those who are not so trained come to the conclusion that there cannot be anything of value in that tradition. Cowardly multiculturalism thus makes itself the handmaiden of anti-Western extremism.

Whether or not rap lyrics are the authentic voice of the cités, they are certainly its authentic ear: you can observe many young men in the cités sitting around in their cars aimlessly, listening to it for hours on end, so loud that the pavement vibrates to it 100 yards away. The imprimatur of the intellectuals and of the French cultural bureaucracy no doubt encourages them to believe that they are doing something worthwhile. But when life begins to imitate art, and terrible gang-rapes occur with increasing frequency, the same official France becomes puzzled and alarmed. What should it make of the 18 young men and two young women currently being tried in Pontoise for allegedly abducting a girl of 15 and for four months raping her repeatedly in basements, stairwells, and squats? Many of the group seem not merely unrepentant or unashamed but proud.

Though most people in France have never visited a cité, they dimly know that long-term unemployment among the young is so rife there that it is the normal state of being. Indeed, French youth unemployment is among the highest in Europe—and higher the further you descend the social scale, largely because high minimum wages, payroll taxes, and labor protection laws make employers loath to hire those whom they cannot easily fire, and whom they must pay beyond what their skills are worth.

Everyone acknowledges that unemployment, particularly of the permanent kind, is deeply destructive, and that the devil really does find work for idle hands; but the higher up the social scale you ascend, the more firmly fixed is the idea that the labor-market rigidities that encourage unemployment are essential both to distinguish France from the supposed savagery of the Anglo-Saxon neo-liberal model (one soon learns from reading the French newspapers what anglo-saxon connotes in this context), and to protect the downtrodden from exploitation. But the labor-market rigidities protect those who least need protection, while condemning the most vulnerable to utter hopelessness: and if sexual hypocrisy is the vice of the Anglo-Saxons, economic hypocrisy is the vice of the French.

It requires little imagination to see how, in the circumstances, the burden of unemployment should fall disproportionately on immigrants and their children: and why, already culturally distinct from the bulk of the population, they should feel themselves vilely discriminated against. Having been enclosed in a physical ghetto, they respond by building a cultural and psychological ghetto for themselves. They are of France, but not French.

The state, while concerning itself with the details of their housing, their education, their medical care, and the payment of subsidies for them to do nothing, abrogates its responsibility completely in the one area in which the state’s responsibility is absolutely inalienable: law and order. In order to placate, or at least not to inflame, disaffected youth, the ministry of the interior has instructed the police to tread softly (that is to say, virtually not at all, except by occasional raiding parties when inaction is impossible) in the more than 800 zones sensibles—sensitive areas—that surround French cities and that are known collectively as la Zone.

But human society, like nature, abhors a vacuum, and so authority of a kind, with its own set of values, occupies the space where law and order should be—the authority and brutal values of psychopathic criminals and drug dealers. The absence of a real economy and of law means, in practice, an economy and an informal legal system based on theft and drug-trafficking. In Les Tarterets, for example, I observed two dealers openly distributing drugs and collecting money while driving around in their highly conspicuous BMW convertible, clearly the monarchs of all they surveyed. Both of northwest African descent, one wore a scarlet baseball cap backward, while the other had dyed blond hair, contrasting dramatically with his complexion. Their faces were as immobile as those of potentates receiving tribute from conquered tribes. They drove everywhere at maximum speed in low gear and high noise: they could hardly have drawn more attention to themselves if they tried. They didn’t fear the law: rather, the law feared them.

I watched their proceedings in the company of old immigrants from Algeria and Morocco, who had come to France in the early 1960s. They too lived in Les Tarterets and had witnessed its descent into a state of low-level insurgency. They were so horrified by daily life that they were trying to leave, to escape their own children and grandchildren: but once having fallen into the clutches of the system of public housing, they were trapped. They wanted to transfer to a cité, if such existed, where the new generation did not rule: but they were without leverage—or piston—in the giant system of patronage that is the French state. And so they had to stay put, puzzled, alarmed, incredulous, and bitter at what their own offspring had become, so very different from what they had hoped and expected. They were better Frenchmen than either their children or grandchildren: they would never have whistled and booed at the Marseillaise, as their descendants did before the soccer match between France and Algeria in 2001, alerting the rest of France to the terrible canker in its midst.

Whether France was wise to have permitted the mass immigration of people culturally very different from its own population to solve a temporary labor shortage and to assuage its own abstract liberal conscience is disputable: there are now an estimated 8 or 9 million people of North and West African origin in France, twice the number in 1975—and at least 5 million of them are Muslims. Demographic projections (though projections are not predictions) suggest that their descendants will number 35 million before this century is out, more than a third of the likely total population of France.

Indisputably, however, France has handled the resultant situation in the worst possible way. Unless it assimilates these millions successfully, its future will be grim. But it has separated and isolated immigrants and their descendants geographically into dehumanizing ghettos; it has pursued economic policies to promote unemployment and create dependence among them, with all the inevitable psychological consequences; it has flattered the repellent and worthless culture that they have developed; and it has withdrawn the protection of the law from them, allowing them to create their own lawless order.

No one should underestimate the danger that this failure poses, not only for France but also for the world. The inhabitants of the cités are exceptionally well armed. When the professional robbers among them raid a bank or an armored car delivering cash, they do so with bazookas and rocket launchers, and dress in paramilitary uniforms. From time to time, the police discover whole arsenals of Kalashnikovs in the cités. There is a vigorous informal trade between France and post-communist Eastern Europe: workshops in underground garages in the cités change the serial numbers of stolen luxury cars prior to export to the East, in exchange for sophisticated weaponry.

A profoundly alienated population is thus armed with serious firepower; and in conditions of violent social upheaval, such as France is in the habit of experiencing every few decades, it could prove difficult to control. The French state is caught in a dilemma between honoring its commitments to the more privileged section of the population, many of whom earn their livelihoods from administering the dirigiste economy, and freeing the labor market sufficiently to give the hope of a normal life to the inhabitants of the cités. Most likely, the state will solve the dilemma by attempts to buy off the disaffected with more benefits and rights, at the cost of higher taxes that will further stifle the job creation that would most help the cité dwellers. If that fails, as in the long run it will, harsh repression will follow.

But among the third of the population of the cités that is of North African Muslim descent, there is an option that the French, and not only the French, fear. For imagine yourself a youth in Les Tarterets or Les Musiciens, intellectually alert but not well educated, believing yourself to be despised because of your origins by the larger society that you were born into, permanently condemned to unemployment by the system that contemptuously feeds and clothes you, and surrounded by a contemptible nihilistic culture of despair, violence, and crime. Is it not possible that you would seek a doctrine that would simultaneously explain your predicament, justify your wrath, point the way toward your revenge, and guarantee your salvation, especially if you were imprisoned? Would you not seek a “worthwhile” direction for the energy, hatred, and violence seething within you, a direction that would enable you to do evil in the name of ultimate good? It would require only a relatively few of like mind to cause havoc. Islamist proselytism flourishes in the prisons of France (where 60 percent of the inmates are of immigrant origin), as it does in British prisons; and it takes only a handful of Zacharias Moussaouis to start a conflagration.

The French knew of this possibility well before September 11: in 1994, their special forces boarded a hijacked aircraft that landed in Marseilles and killed the hijackers—an unusual step for the French, who have traditionally preferred to negotiate with, or give in to, terrorists. But they had intelligence suggesting that, after refueling, the hijackers planned to fly the plane into the Eiffel Tower. In this case, no negotiation was possible.

A terrible chasm has opened up in French society, dramatically exemplified by a story that an acquaintance told me. He was driving along a six-lane highway with housing projects on both sides, when a man tried to dash across the road. My acquaintance hit him at high speed and killed him instantly.

According to French law, the participants in a fatal accident must stay as near as possible to the scene, until officials have elucidated all the circumstances. The police therefore took my informant to a kind of hotel nearby, where there was no staff, and the door could be opened only by inserting a credit card into an automatic billing terminal. Reaching his room, he discovered that all the furniture was of concrete, including the bed and washbasin, and attached either to the floor or walls.

The following morning, the police came to collect him, and he asked them what kind of place this was. Why was everything made of concrete?

“But don’t you know where you are, monsieur?” they asked. “C’est la Zone, c’est la Zone.”

La Zone is a foreign country: they do things differently there.

Vive la Suisse

Les astrophysiciens nous expliquent que pour comprendre le monde physique qui nous entoure au présent, et qui demain évoluera, il faut savoir se plonger dans le passé. Remonter le temps jusqu’au « Big Bang » c’est-à-dire quelque 13,7 milliards d’années serait le plus sûr moyen de percer le mystère de la matière et de son évolution. D’où un « Hubble » qui, depuis une orbite terrestre, et déjà une quinzaine d’années,  tente inlassablement de saisir dans son télescope des images et de la lumière émise , il y a si longtemps et qui vient de si loin, qu’elles révèlent  un morceau  de la « soupe primitive » de l’univers. D’où , sous terre, à la frontière entre la France et la Suisse, l’installation d’un accélérateur de particules géant , censé par collisions de protons lancés à très grande vitesse nous rapprocher des conditions du « Big Bang ».


Les sciences humaines, à peine de déclassement, se doivent d’observer la même démarche : saisir le temps présent des hommes, le sens de ce qui se fait ou de ce qui se défait, de ce qui se noue, ou de ce qui se dénoue, suppose que l’on comprenne le fonctionnement des ensembles humains. Et pas seulement des ensembles humains présents mais des ensembles humains de toujours. Il n’y a de science que dans l’universalisable disait Kant, alors comprendre le temps présent des hommes, c’est comprendre « la soupe primitive  humaine» c’est-à-dire les sociétés les plus reculées, qu’on appelle encore les société primitives. Et c’est bien sûr comprendre comment elles se sont transformées, comment elles se sont plongées dans le futur pour aboutir jusqu’à nous, hommes du présent.  Et comprendre notre façon de nous repérer dans le temps aujourd’hui  passe par les façons dont nos ancêtres se sont eux même posés la question de l’appropriation du temps.


1) La machinerie humaine et le temps


Sur la base du critère temps , sur la base de la durée, il semble bien que depuis la « soupe primitive » plusieurs étapes aient été traversé : celui de la négation du temps et donc de tout futur ; celui de l’histoire et donc de la saisie du temps orienté depuis le passé vers le futur ; enfin celui de l’histoire qui en arrive à se passer de l’avenir en concevant un futur complètement écrasé sur le présent.


1      la « soupe primitive » ou le présent écrasé par le passé.


La première étape correspond à celle de la « soupe primitive » où tous les hommes sont exclus du pouvoir politique en ce que celui ci dépend entièrement des dieux. Le système cosmogonique est tel que ce dernier fonctionne comme un logiciel duquel il est impossible d’en sortir. Les hommes sont ainsi privés littéralement d’histoire. On dit qu’il s’agit de sociétés hétéronomes.  On verra que la postmodernité qui nous anime renoue partiellement avec l’idée d’hétéronomie. Notons que du point de vue du temps, ce mode d’organisation de l’humanité en tant que dépendance envers l’invisible est bien évidemment une dépendance envers le passé : le présent est écrasé par le passé, s’explique tout entier par le passé. Les hommes reçoivent des dieux leur ordre social lequel devient aussi intangible que la cosmogonie qui enveloppe le monde. Les hommes habitent une maison qu’ils ne peuvent aménager eux même et donc transformer. L’idée de changement et donc  de construction d’un futur n’a littéralement aucun sens. On l’a compris l’idée même de prospective n’a aucun sens.


2     le monde idéologique ou le présent écrasé par le futur.


La seconde étape correspond à celle de la civilisation, c’est-à-dire une période qui débute il y a un peu plus de 10000 années. L’humanité entre dans l’histoire car le monde devient progressivement une œuvre humaine : il existe un pouvoir politique directement issu de la religion et ce pouvoir politique est chargé de construire un ordre humain censé correspondre à des volontés divines. Le temps prend de l’épaisseur et il existe un futur à construire (se préparer à une bonne vie pour l’au delà) à partir du présent. Ce type de monde est déjà bien différent du premier car si les hommes restent des marionnettes, le marionnettiste n’est plus directement l’au-delà, mais un groupe d’hommes censé représenter une volonté divine. Un débat possible s’introduit chez les hommes : le marionnettiste est- il le véritable envoyé des dieux ? C’est précisément cette question qui produit une humanité entrant  dans son âge historique avec assez clairement une vision d’un temps orienté depuis le passé vers un futur à construire. Cette seconde étape fait entrer l’humanité dans son âge historique mais pas dans son âge autonome. Car il existe à l’intérieur de l’étape historique une sous étape que l’on qualifie de modernité et qui correspond à une grande rupture, celle qui va consister à affirmer que l’ordre humain avec  les événements qui s’y déroulent est en fait une construction simplement humaine. Il n’y a plus ni  marionnettiste ( on lui coupe la tête) ni marionnette, il y a simplement des hommes qui se prennent en charge à partir de ce qu’ils croient être la raison, et raison qui va aussi simplement laïciser les grands récits religieux en grandes théories de l’histoire (marxisme par exemple). C’est que les  grands récits religieux deviennent  aussi l’exigence rationnelle de la construction d’un paradis, cette fois, terrestre. Avec  l’autoproduction de la société se dessine le grand mythe du progrès dont l’outil s’appelle développement économique. Concrètement c’est avec le siècle des lumières que l’économie jusqu’ici étroitement surveillée va prendre son essor : cela s’appelle la révolution industrielle.


C’est au fond l’âge de la société idéologique. Le mot « progrès »- grande invention de l’occident- est lui même un concentré parfait de ce qui va se mettre en place : il est  écart positif entre un temps présent et un temps futur.


Dans cette seconde étape de la civilisation, le temps est nettement orienté et l’idée même de progrès implique que le présent ne se confond pas avec le futur. Le présent est simplement le moment de la préparation d’un futur enviable et ce même si ce même présent est parfois exécrable : la guerre sera finalement joyeuse car c’est bien évidemment la dernière. Le futur est un avenir radieux et ce d’autant plus qu’il est possible de le maitriser. La forme concrète de l’autoproduction de la société s’appelle planification, laquelle utilise déjà des démarches prospectives qui, par essence, vont bien au delà de la prévision.  Cette phase est aussi celle où ce n’est pas le futur qui  s’écrase sur le présent mais l’inverse : le présent ne se conçoit que par rapport à un futur. Cela suppose une épargne élevée pour un investissement élevé. Comme disent les économistes les choix inter temporels privilégient le futur car la probabilité d’avoir raison de lui accorder une  grande confiance est forte. Bref le présent se plonge avec délice dans le futur. Il est aussi le délice du débat politique lequel, par essence, concerne les orientations  et changements à concrétiser dans le futur. Débattre, c’est discuter au présent de la construction du futur. Et ces discussions s’enclenchent sur les grandes croyances de la modernité : conservatisme, libéralisme, socialisme, croyances qui ne sont rien d’autre que des orientations futuristes et programmatiques. Bien évidemment plus il y a débat politique et plus le présent se trouve comme absorbé par le futur.


3    Le postmodernisme ou le futur écrasé par le présent.


La troisième étape de l’humanité nait de ce qui semble devenir un fort questionnement : « où est passé l’avenir ? ». Cette question  est celle que Marc Augé pose dans son dernier ouvrage, ou que Pierre André Taguieff abordait déjà en 2000 dans son idée « d’effacement de l’avenir ». Elle est aussi celle plus récente-abordée autrement-  de Daniel Innerari dans « Le futur et ses ennemis ».


Au niveau de la planète toute entière, le temps présent absorbé par le futur concernait le grand débat géopolitique de l’après seconde guerre mondiale : libéralisme et socialisme sont devenus- après 1945- un débat tellement chaud qu’il en devient guerre froide. Ce questionnement s’arrête net avec la chute du mur de Berlin, chute qui devient coupure : le futur enkysté dans le présent est évacué au terme d’une intervention chirurgicale. Et cette intervention concerne d’abord celle des esprits : Puisque la tyrannie est définitivement évacuée et que partout dans le monde existe désormais la démocratie et le libre marché, alors il est enfin possible de vivre au présent. Le socialisme (la grande idée qui faisait des hommes les constructeurs d’un « futur merveilleux ») n’est plus, et le capitalisme (qui n’est pas à construire mais dont les principes de fonctionnement produisent du « progrès permanent ») n’a plus à se justifier, il est donc possible de vivre au présent. Nous avons la thèse  de «  la fin de l’histoire » d’un certain Francis  Fukuyama. Thèse qui annonce au fond la fin de la société idéologique, la fin des grands récits laïcs, eux même issus des grands récits religieux. Dans le même mouvement, les restes des grands récits religieux s’évanouissent. Bien sûr il n’est plus question d’interroger la religion comme principe d’organisation de la société et la foi devient affaire complètement personnelle, ce qui revient à dire qu’elle se retire complètement du débat politique et, ne participe aucunement à la construction d’un quelconque futur. Et les mouvements, tels ceux dits de « réislamisation » ne doivent pas faire illusion : il ne s’agit que d’une résistance désespérée – d’où son caractère parfois violent- face au tsunami de la fin des grands récits.

Résumons-nous. l’humanité est passée d’un présent écrasé par le passé (les société primitives), à un présent écrasé par le futur (les sociétés historiques ou idéologiques), et enfin à un futur écrasé par le présent (le monde d’aujourd’hui qu’on appelle aussi « postmoderne »). Nous verrons d’ailleurs que ce dernier monde dont le présent écrase le futur présente aussi la particularité d’écraser le passé. Le monde des humains serait aussi devenu  hors-histoire.


Il ne s’agit pas ici de recenser et d’expliquer en détail  les forces qui ont façonné le temps des hommes dans leur histoire. Par contre il semble intéressant de décrire, sinon expliquer le champ de forces qui au sein de la postmodernité ont fait imploser le temps pour le ramener à l’instant présent.

) Le  postmodernisme et la disparition de l’avenir : ses manifestations concrètes.

1   Le « monde enchanté » par le marché.


Le marché comme principe d’organisation de la société vient de vaincre la société despotique et son idéologie. Ayant apporté la preuve de  son efficience, son emprise peut ainsi s’accroître dans l’ensemble de l’espace social. Il en devient même le logiciel comme les cosmogonies étaient le logiciel des sociétés primitives. De ce point de vue l’économie et le marché correspondant fonctionnent comme les religions primitives : il n’y avait pas à interpréter l’au delà, ce dernier s’imposait lourdement dans les gestes des hommes comme aujourd’hui le marché est le guide des postmodernes. De fait il n’est guère besoin d’aller beaucoup plus loin dans le raisonnement : de la même façon que les hommes de la « soupe primitive » ne questionnaient  pas le monde « enchanté par les Dieux », les postmodernes s’en remettent au marché et lui confient la quasi-totalité de leur vie. Le travail devient un prix comme un autre, la retraite est déterminée par les mystères de la finance de marché, l’emploi est fixé par le prix et le volume des ventes, etc. nous retrouvons la marionnette et le marionnettiste. Mais le marionnettiste à lui-même largement disparu. C’est qu’à priori ayant quitté la société idéologique, celui qu’on appelait jadis le prophète, le représentant terrestre des forces de l’au-delà, ou plus récemment l’homme politique n’a plus de raison d’être : la politique peut devenir simple affaire de gouvernance donc de simple management. Jadis, l’ennemi soviétique imposait une autocritique et donc un débat sur les réformes à mener pour mieux résister à l’hostilité de l’autre. Et cette résistance faite de projets et d’actions justifiait encore le politique et une certaine vision du futur. La disparition de l’autre change tout , le marché n’a plus à se justifier : il est. Simultanément, il n’y a plus besoin de sens et, le politique qui en faisait son carburant peut lui aussi disparaître pour devenir simple administrateur du marché : le grand mouvement de managérialisation de la société peut enfin commencer.


2   Le politique absorbé par le marché
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Le marché se comporte comme les gaz et tend à occuper l’espace le plus grand possible. Les résidus de la vieille société idéologique, par exemple l’Etat-nation jusqu’ici contenant d’un contenu appelé à l’époque de la modernité, démocratie, deviennent   scories encombrantes. il s’agit de ne plus enfermer les capitaux dans des espaces monétaires nationaux devenus trop étroits. Bretton- woods et ses acteurs éminents, tels un John Maynard Keynes doivent laisser la place à la libre circulation des capitaux , à la parfaite convertibilité des monnaies et à une finance de marché complètement autorégulée. Cet élargissement consacre- un peu plus encore-  la fin du politique et la contestation des marionnettistes : désormais le vote, dans le parlement virtuel, des investisseurs et des prêteurs sur les marchés   financiers, l’emporte nécessairement sur le vote politique des citoyens d’un espace devenu trop provincial. Effectivement le marionnettiste devient simple manageur de la bonne gouvernance, et les partis politiques deviennent des « partis de l’entreprise ». Gagner durablement les élections suppose de se plier – comme tous les hommes- à la logique implacable des marchés. D’où l’impression parfois très « droitière » des partis réputés de gauche et très « gauchiste » des partis réputés de droite. Le vrai marionnettiste est devenu  le système lui-même, et son outil opératoire, c’est-à-dire le système  des prix. Sans doute l’ordre des prix est-il une invention humaine, au même titre que les cosmogonies de la soupe primitive. Mais comme les cosmogonies, l’ordre des prix est une extériorité radicale sur  lesquels les postmodernes n’ont aucune prise : ils doivent lire les cours dans des ordinateurs, pour se faire une idée du temps économique, comme les hommes de la soupe primitive consultaient le ciel, pour se ménager la clémence des Dieux.


Mais le vrai marionnettiste  est aussi devenu le système lui-même dans cette autre externalité qu’est l’ordre juridique : la loi n’est plus politique et se déplace dans le champ de la norme. Les partis politiques devenus « partis de l’entreprise » acceptent ainsi le lent passage du monopole de la « hard law » ( la Loi) vers celui plus concurrentiel de la « soft Law » (la norme internationalement acceptée). La politique est bien absorbée par le marché, et si jadis elle ne s’élaborait pas à la « corbeille », elle est devenue « gouvernance » en s’en approchant.


3   L’homme délié dans l’océan des prix.


La grande avancée du marché ne résulte pas uniquement de l’implosion de l’ordre despotique concurrent, il résulte aussi de la société idéologique de  l’époque de la modernité. Le grand récit concernant l’irrésistible épanouissement des droits de l’homme, est fait aussi en occident d’une distribution massive de « droits- libertés » et de « droits- créances »  . Libérer les hommes c’est aussi les détacher des vieux liens ou aliénations de l’antique société holiste qui se prolonge encore dans la modernité. Si les hommes se doivent de devenir  autonomes pour quitter définitivement le champ de l’hétéronomie, il faut les libérer de toutes les contraintes, de toutes les autorités et de toutes les aliénations.  Cette libération est, en contrepartie , fondamentalement  une œuvre de dé liaison : les droits sont plus importants que les devoirs, et le rapport à autrui se modifie. Parce que soucieux de mes droits le regard porté sur l’altérité évolue dans un sens intéressé. Les droits consacrent l’émergence de l’homme souverain, qui conçoit  de plus en plus souvent son rapport à autrui sous le registre de l’intérêt. Les rapports entre les postmodernes deviennent plus spontanément marchands, et consacrent ou confirment ainsi le grand marché, qui est le logiciel véritable de la société. Naviguer dans l’espace des prix  au milieu des marchands devient la forme branchée de l’échange social chez les postmodernes. Déjà, dans le monde réel, distractions et délassements se consomment dans des centres commerciaux, tandis que dans le monde virtuel,  des moteurs de recherche habiles permettent de « diminuer le prix du meilleur prix ».


Cette dernière évolution vient altérer une contestation possible du logiciel. Jusqu’ici, en raison même de son histoire, l’occident était et reste peut-être encore la seule civilisation capable de se critiquer de l’intérieur. D’où, par exemple, une pensée dite « socialiste » censée être critique du logiciel. Mais l’apparition de « l’homme délié » courant dans le labyrinthe des prix de marché, retire bien des forces à la critique. Le postmoderne, parce que délié, ne peut que plus difficilement envisager, ou mieux, construire  un projet collectif susceptible de le conduire, d’un état vers un autre jugé plus désirable. Construire un projet devient un investissement coûteux, alors que l’urgence, exige de ne pas se laisser noyer par le marché : il vaut mieux apprendre à nager que de construire une embarcation commune. Et ce d’autant plus que le marché peut réserver de très agréables surprises : il devient tellement omnipotent et omniprésent, qu’il finit par en oublier les « sous jacents » c’est-à-dire la production toujours plus laborieuse que le simple échange.  la finance  devient ainsi préférable à la mécanique ou la culture du riz.


La dé liaison, avec ses avatar, peut mener asymptotiquement à l’inacceptable. Les excès  de droits – masques d’intérêts exacerbés-  peuvent jusqu’à faire disparaitre l’honneur. Dans l’ancien monde, les bandits et prédateurs contenaient leurs excès par des contreparties : la logique de l’honneur. Cela s’appelait : « vaillance », « loyauté », « largesse » , « courtoisie » , «  respect» . Autant de signifiants indicateurs de liens avec le reste de la communauté humaine, où le refus de les valider entrainait une auto-exclusion de la chevalerie. Le triste spectacle actuel de versements de bonus financiers astronomiques  à des banquiers sur le produit des prélèvements publics obligatoires (plan Paulson par exemple) est un signe fort de décomposition sociale. Et décomposition d’autant plus forte que le fait n’est que faiblement dénoncé. L’absence de réactions,est plus grave que le fait lui-même puisqu’il aboutit à ce que l’infâme puisse se parer de dignité.


Dès lors on comprend aisément que se met progressivement en place la machine à privilégier le présent  et à dévaloriser le futur.


4  Naufrage des capitalistes et émergence des rentiers et fondés de pouvoirs.


La toute puissance du marché , avec son corollaire qu’est le politique impuissant, favorise tout d’abord l’émergence d’un capitalisme sans capitalistes. Marx, grand prévisionniste sinon grand prospectiviste, avait déjà senti que le capitalisme dans son mouvement ascendant en viendrait un jour à « expulser les capitalistes ». Par cette expression, il entendait qu’un jour les décideurs de l’accumulation du capital ne seraient plus les propriétaires mais de simples manageurs, tandis que les propriétaires seraient devenus de simples rentiers, très éloignés des usines. Force est de reconnaître que ce temps annoncé dès 1860 est arrivé. Ce qui ne veut pas dire qu’il est hégémonique.


Il est arrivé puisque dans nombre d’entreprises, parmi les plus grandes, ce sont de simples salariés qui sont aux commandes, et tentent de produire de bons résultats trimestriels, eux même bons signaux pour les marchés qu’il s’agit d’épater. Mais être aux commandes et produire de la valeur c’est souvent-plus simplement- produire des écarts de cours ou de valeurs, ou bénéficier d’écarts produits par d’autres. Il en est de même du rentier qui  a perdu tout lien avec un quelconque métier. Parce que lui aussi complètement délié, il ne relie plus son avenir à un investissement qui plonge une activité dans un futur : il ne veut pas investir mais spécule sur les investissements d’autrui ou sur ce que d’autres pensent des investissements d’autrui. La valeur est ainsi produite en dehors de la durée, est acquise immédiatement, alors que jadis elle était consommatrice de temps : celui de l’investissement, celui de la production, enfin celui de l’échange. A noter- à titre de simple remarque- que la fin de l’industrie, et avant elle, celle de l’agriculture au profit du secteur des services, ont beaucoup réduit l’espace entre le présent et le futur. L’avènement du monde du service précipite davantage la postmodernité vers le cœur  de son logiciel c’est – à -dire le marché : dans la plupart des services, la séparation temporelle- production présente pour consommation future- disparait et la production ne se distingue plus de la consommation.


Les capitalistes sont devenus rentiers et sont souvent remplacés par des joueurs qui surfent sur les marchés ; Parce que l’on vit d’un écart de prix qui n’est plus valeur ajoutée construite dans le temps, alors celui- ci cesse d’exister. Ce qu’on appelle économie se conjugue beaucoup au seul présent. L’investissement disparait ou peut devenir simplement virtuel : les ménages américains connaissent une épargne négative et ne peuvent investir ; l’entreprise elle-même, rachète en Bourse ses propres actions- 19 milliards d’euros en 2007 pour les seules entreprises du CAC 40-  avec les profits générés et préfère ainsi,  les  miraculeux gains présents issus d’une différence de cours, à ceux futurs produits par l’investissement matériel.  Mieux, la logique de production de valeur, peut inviter les manageurs à démanteler des actifs industriels et à les vendre par morceaux : la somme des parties devenues indépendantes, étant plus valorisable que l’ancien tout. Il s’agit de développer les valeurs instantanées et d’instaurer le culte du « marked to market ».A la disparition de l’investissement correspond  celui du futur : les préoccupations de la vie ne se ramènent qu’à la bonne gestion du présent. L’irruption du crédit qui logiquement devrait construire l’avenir est détourné de ses objectifs en raison de la pression du présent.

Toujours aux USA, l’immense endettement privé est davantage affecté à la consommation, et donc à l’immédiateté de la vie, qu’à l’investissement réel.  Une telle opération revient à absorber les ressources de l’avenir afin d’en jouir immédiatement : le futur s’écrase sur le présent et ne peut se construire car pillé avant même son envol. La répartition du revenu national, ce qu’on appelle le partage de la valeur ajoutée, ne donne plus lieu à débat, puis à contrat dans une société désormais dépourvue d’une instance politique réelle. Puisque le vote virtuel des marchés financiers est hiérarchiquement au dessus des votes citoyens, la question débattue, à l’époque moderne de la répartition de la richesse, n’est plus d’actualité. Si maintenant les capitalistes devenus simples rentiers, lient leur destin à celui du manager, alors il est à craindre une pression plus forte sur les salaires au profit des dividendes. Et déjà le col bleu licencié de Général Motors retrouve un emploi chez Wal Mart pour un salaire divisé par deux, avec en prime,  la disparition d’une réelle protection sociale, qui est protection contre les aléas de l’avenir. Le cercle vicieux de l’emprisonnement du futur dans le présent se met en place : La pression croissante sur les salaires se reporte, sur une demande croissante de crédits, lesquels deviennent une immense bulle que l’on pourra suralimenter par la logique du « rechargeable ». Les rentiers peuvent davantage consommer en raison de la pression sur les salaires, et les salariés pourront eux aussi  consommer plus malgré des salaires inchangés. La contradiction ne pouvant être levée par la construction d’un futur issu de l’investissement, elle ne peut que se développer jusqu’au moment de l’explosion : la goinfrerie du présent  anéantit tout futur.

Dans la modernité classique la goinfrerie du présent existait sans doute déjà. Mais à l’époque, celle des 30 glorieuses, le politique pouvait encore imposer l’idéologie du progrès, et si les différents groupes soucieux se révélaient plus gourmands que ce qui était autorisé par la taille du gâteau, la contradiction s’évanouissait dans une inflation des prix , et ce sans retarder ou diminuer l’investissement, promesse d’agrandissement futur du gâteau. Dans la postmodernité récente, l’inflation n’est plus que celle des actifs qui ne se transforment  qu’insuffisamment en  investissements. D’où l’idée de « bulle » qui elle-même ne fait que refléter la préférence du temps présent sur le futur.


5  Tempête sur l’océan des prix  et « sauve qui peut mimétique ».


Puisque l’on produit davantage de valeur en produisant un écart de prix qu’un travail qui ne produisait qu’une simple valeur ajoutée, les prix de marché qui naviguaient en eaux calmes à l’époque de la modernité vont désormais connaitre le déchainement du présent : les prix  reflétant moins des coûts économiques de long terme, et davantage des prises de position spéculatives, peuvent connaitre des fluctuations éprouvantes pour ceux des acteurs de l’ancienne économie, celle qui construit pour demain et souhaite travailler sur un sol robuste. Chaque jour les « barils papiers » de pétrole impulsent un échange virtuel d’un milliard d’unités , alors que les barils physiques ne comptent que 85 millions d’unités : il vaut mieux être trader pétrolier à Genève qu’ingénieur sur une plateforme de forage arctique. Les fluctuations permanentes et considérables dans l’océan des prix de tout ce qui est moyen de production de base, font que l’on navigue par gros temps et que la fermeture des écoutilles importe davantage, que l’observation attentive de la boussole. Plus simplement exprimé, les prix ont cessé d’être des guides de bonne conduite, des balises qui permettent de rejoindre un port choisi au terme d’une délibération d’équipe: ici encore le présent l’emporte sur le futur.


Les techniques classiques de l’assurance ne disparaissent pas dans le nouveau monde et devraient logiquement s’adapter au nouveau contexte. Et ces techniques, comme toujours, ont pour objectif, sinon de construire directement le futur, tout au moins de le rendre accessible, et de se protéger des risques associés à l’action. Mais le paradigme de la postmodernité financière n’est pas celui de la modernité industrielle.


La marée montante du marché engloutit les vieilles économies aux structures encore hiérarchiques et, désormais le « buy » l’emporte sur le « make » ,et ce même dans les industries les plus sensibles. Cette marée se fait puissante en raison des nouvelles efficiences qui en résultent, mais se fait aussi lourde de risques : l’effet « aile de papillon » rôde sur l’ensemble. Sans doute la logique du « buy » gère t’elle plus mal- comme nous le rappelle Christian Morel, dans son ouvrage :« Les décisions absurdes », les problèmes de qualité et les risques systémiques qui lui sont associés. Toutefois les risques assurantiels liés à cette forme particulière de l’homme délié dans l’océan des prix, est encore gérable avec les techniques statistiques : les risques de défaut sont encore évaluables en termes de probabilités puisqu’ils ne sont -au plan mathématique- que le produit de risques individuels. La montée du marché et de l’homme délié, ne remettent pas en cause les techniques assurantielles lorsque pour l’essentiel son champ d’application reste industriel : le futur reste accessible.


Mais lorsque la logique du « buy » entraine des opérations de sous-traitance à l’infini dans l’industrie financière, la logique assurantielle n’est plus de mise et le futur comporte des dangers désormais non évaluables. C’est qu’ici le risque de défaut global n’est plus un simple produit de défauts de parties. Le risque sur un titre financier n’a pas la nature d’un défaut d’alésage sur une soupape : il s’agit d’un défaut qui est contagieux et se propage à l’ensemble par un phénomène de panique, et donc de comportement mimétique. Chacun voulant s’en sortir…. précipite tous, y compris lui-même. Le risque systémique chez les postmodernes n’est pas analysable avec des courbes de Gauss comme nous le dit Nassim Nicholas Taleb dans son ouvrage :« Le Cygne noir, la puissance de l’imprévisible ». Et le régulateur ultime, celui qui peut empêcher le développement de la panique, ou l’arrêter (l’Etat) ayant quitté les lieux depuis longtemps, rien ne peut conjurer le naufrage collectif. Comment envisager des prévisions, comment arrêter des plans, envisager une attitude prospective quand le futur, par essence non maitrisable, n’est pas non plus assurable ? Telle est la grande détresse du postmoderne.

3) Reconstruire la boussole et la pendule.


Comme nous l’avons écrit dans « la crise globale des années 2010 et le secteur social et médico-social » la grande crise que allons traverser est peut-être une catastrophe prometteuse. La promesse étant un changement de système ou ce que les spécialistes du vivant comme ceux des sciences humaines appellent une « bifurcation ». Cette dernière intervient dans tous système qui  connaissant trop de déviance par rapport à  sa stabilité ne parvient pas à retrouver l’équilibre et se voit connaitre une profonde réorganisation. C’est-à-dire au final un changement de système.


1     La crise ou le choix du scénario de la bifurcation systémique.


Nous disions dans le texte précité que les moyens mis en œuvre -colossaux aujourd’hui et astronomiques au cours de l’année 2009 – seront probablement insuffisants pour résorber la crise que le monde va connaitre. Un scénario de succès serait même contre performant car il ramènerait le monde dans sa situation de pré crise  autorisant le renouvellement – à terme- d’une crise encore plus dévastatrice. Il vaut mieux donc,  ne pas examiner, et ne pas espérer de retours sur investissements des fonds injectés, et accepter la déroute c’est-à-dire la bifurcation.


Au fond les dits moyens, sont déjà une démarche prospective puisqu’il s’agit de construire l’avenir alors même que l’on croit , ou l’on espère  encore , sauver  les goinfreries du présent, et en quelque sorte maintenir le système hors du temps. En réalité, comme il faudra probablement « boire la tasse jusqu’au bout », on se rendra compte, à l’issue de son absorption que le monde en sera changé et peut-être même quasi volontairement. C’est que « boire la tasse » va entrainer des modifications institutionnelles qu’il faudra bien prendre, évidemment,  sous la menace d’une catastrophe potentielle, économique et sociale, d’une ampleur jusqu’ici inconnue par l’humanité. La principale d’entre elle étant – comme nous le disions dans le texte précité-la sortie de son grenier de la planche à billets, c’est-à-dire le financement sans limites des trésors nationaux devant impérativement réamorcer, la ronde des échanges à grands coups de dépenses publique pharaoniques. Cela suppose la fin de l’indépendance  des banques centrale.  Et déjà le retour d’un politique qui en ce domaine avait été très volontairement – y compris avec zèle – évacué.

Insistons bien ici sur le fait que les décisions  concernant le retour du politique dans la gestion de la monnaie ne seront pas prises de gaieté de cœur, que le retour de l’Etat dans la gestion macroéconomique n’est  nullement souhaité  par ceux qui pourtant  prendront les décisions y conduisant. Encore une fois il ne s’agit pas de construire le futur, mais bien de maintenir un présent jugé indépassable. Car, curieusement, le postmoderne -faut-il le répéter- est un personnage qui a cessé de croire -comme son ancêtre moderne -qu’il peut construire le monde, et, puisqu’il en est ainsi, il croit sérieusement que rien ne peut être entrepris  contre la  logique indépassable du  marché. En cela il rejoint bien le pessimisme de l’habitant de la « soupe primitive » c’est-à-dire le prisonnier des cosmogonies et des mythes.


Ce qui veut dire que reconstruire la boussole et la pendule est probablement un projet fort complexe. Le retour d’un politique complètement inattendu pourra -il prendre racine, et redonner au monde un sens aujourd’hui disparu ?


2    l’après crise ou le choix de ré enchâssement de l’ordre du marché dans la société.


Les développements antérieurs nous ont permis de constater que l’écrasement du futur sur le présent, et donc la perte de la boussole et de la pendule, s’explique par une économie en général, et sa composante financière en particulier,  qui est en quelque sorte sortie de ses gonds pour envahir et redéfinir la plupart des institutions traditionnelles des communautés humaines.


Il est donc évident que le retour inattendu du politique se doit d’être consacré à ce que l’on pourrait appeler la fin de la démesure de l’économie. Deux scénarios ou sous scénarios, peuvent être imaginés : celui de la création d’un espace public mondial ou celui du retour à la nation.


Le premier scénario correspondrait au fond à celui que Keynes avait un peu imaginé lors de la conférence de Bretton Woods. Il suppose de très difficiles négociations dans un monde, qui en termes de puissance,  est plus équilibré qu’en 1944 et donc un monde où les intérêts  des divers partenaires peuvent à la fois, être mieux défendus, mais aussi plus divergents. Ce premier scénario, car extrêmement difficile à mettre en œuvre, est donc relativement improbable.


Le second scénario correspond au fond à l’échec  du premier : il est solution de repli. Il est aussi solution d’évidence. C’est que la réappropriation de la politique monétaire par les Etats nationaux et la couverture de déficits pharaoniques par pure création monétaire entraineront mécaniquement des niveaux d’inflation très différents entre les différents pays. il en résultera mécaniquement plusieurs conséquences :


Tout d’abord des  modifications gigantesques de parités  monétaires, modifications mettant à mal, et par les mouvements de marchandises, et par les mouvements de capitaux, l’actuelle mondialisation. La dé mondialisation est en marche, ce qui ne signifie pas nécessairement le retour inéluctable au protectionnisme mais peut maladroitement y conduire.


En second lieu l’inflation, bête noire de la finance sortie de ses gonds, produira un  sérieux amaigrissement de la dette publique ,et donc une situation où le futur ne sera plus mangé par le présent.  C’est qu’une inflation durablement supérieure au taux de l’intérêt permet de rembourser – ou mieux de ne pas rembourser-  la dette. L’inflation est le moyen qui sera utilisé afin que les vivants d’aujourd’hui ne se goinfrent plus sur le dos des citoyens à naitre : le futur cessera d’être écrasé par le présent.


Toujours sur un plan strictement monétaire, l’inflation, parce que supérieure au taux de l’intérêt nominal, favorise l’investissement productif : l’entrepreneur authentique, celui qui innove, celui qui crée, est favorisé. A l’inverse le rentier est défavorisé. La création de valeur ajoutée est peut-être plus rentable que la production de valeur boursière obtenue par  des expédients qui relèvent plus du casino que de l’économie. Là aussi, le futur  renoue avec l’avenir, et cesse de s’écraser sur le présent.


Mais tout ceci est peu de choses, en ce sens que la solution politique de l’inflation ne fait que ré animer l’économie et le système de valeurs qu’elle a répandu dans la société, à savoir littéralement un monde dépourvu de sens depuis la fin des grands récits. Donc le maintien de l’homme délié dans l’océan des prix, avec toutes les conséquences précédemment exposées. C’est que le retour du politique, à la faveur de la crise, ne signifie pas encore la fin de l’hypertrophie des droits à consommer et la fin de l’irresponsabilité généralisée.


Ré enchâsser  l’économie dans la société suppose que cette dernière ne soit plus sous la domination de la matrice économique laquelle est, in fine,  conceptrice des attitudes et des représentations de la vie. Il est évidemment peu probable de voir renaitre les grands récits laîcs du 20iéme siècle.  Aujourd’hui la crise fait bondir les ventes de l’œuvre de Marx. Mais le prophète est  mort, et il ne reste que le grand théoricien du capitalisme.


Peut-on trouver à l’inverse des produits de substitutions ? Il semble bien qu’aujourd’hui, ré enchâsser l’économie dans la société, passe par la gestion de la contradiction entre la démesure de l’économie  et  la finitude du monde. L’homme délié continuera probablement à aimer la marchandise jusqu’à  s’en noyer. Pour autant, émerge doucement, l’idée que la marchandise n’est plus seulement le moyen d’assouvir   des désirs strictement individuels. Elle incorpore désormais une trace écologique qui n’a  rien à voir avec la traçabilité répondant à ces mêmes désirs. Cette trace fait qu’il y a désormais une dimension publique dans n’importe quel bien privé.


Alors que modernité et postmodernité s’annonçaient comme un processus de privatisation de la vie, la rencontre avec la finitude du monde risque de déboucher sur un mouvement inverse.  Processus déjà à l’œuvre sous la forme de nouveaux interdits- et à vrai dire inattendus mais qu’il faudra expliquer- dans le monde de l’homme délié : stricte limitation de vitesse sur les routes, développement des espaces interdits aux fumeurs, normes comportementales et environnementales, etc.


La prise en compte de la dimension publique des biens privés n’a sans doute pas la « grandeur » des cosmogonies, des religions et des grands récits laïcs, il n’empêche qu’il apparait aujourd’hui qu’elle est le possible élément susceptible d’introduire de la mesure dans la démesure.


La prise de conscience de la contradiction entre démesure de l’économie et finitude du monde autorisera vraisemblablement l’affermissement du retour du politique avec l’acceptation d’une « fiscalité verte », sans doute âprement négociée, mais mieux acceptée que les dispositifs fiscaux antérieurs rejetés par les postmodernes. L’homme devenu souverain s’accommodait de plus en plus mal  des systèmes fiscaux lourds et redistributifs, lourdement chargés des scories de la modernité ; d’où parfois le fantastique développement de niches fiscales aussi chargées, dans nombre de situations,  de protester contre le holisme ambiant. D’où aussi plus simplement la fuite des plus habiles vers un espace fiscalement moins disant. Ainsi pourrait-on passer progressivement à un système fiscal confirmant sans doute l’homme délié mais assurant néanmoins le vivre ensemble sur la base de la gestion de la contradiction entre démesure de l’économie et finitude du monde.


Solidarité réduite ? Sans doute, mais il semble difficile d’avancer dans une démarche prospective avec les yeux braqués sur le rétroviseur : ce que nous apprend l’histoire c’est d’abord le fait que toute situation nouvelle, l’est pleinement, même si elle s’explique par le développement de forces passées. Il sera plus facile de contenir l’économie, mettre fin ou limiter sa démesure,  que de revenir sur l’individualisation de la société. Mais en même temps les choses ne sont pas aisées, car encore une fois à examiner l’histoire, on se rend compte que ce  monde qui serait en émergence connaitrait une situation radicalement nouvelle. Le développement de l’efficacité instrumentale- elle-même liée à l’individualisation de la société : la liberté d’entreprendre – ne correspondrait plus à des atteintes portées à la nature, atteintes  qui avaient été jusqu’ici considérées comme négligeables. Jusqu’à présent, ou bien une société ne connaissait pas de dispositif d’accroissement de son efficacité instrumentale, et maintenait un équilibre de la nature, ou bien elle connaissait un dispositif d’auto-accroissement de cette même efficacité, et impulsait un désordre au sein de cette même  nature. Dans le premier cas nous avons l’ensemble des sociétés traditionnelles. Dans le second, nous avons le rameau occidental de l’humanité. Ce qu’il y aurait de nouveau aujourd’hui, et de radicalement nouveau, à l’issue de la crise, serait à la fois l’auto-accroissement de l’efficacité instrumentale, et le respect de l’ordre de la nature.  Cette conscience de nouveauté radicale nous invite à nous poser la question de la possibilité du développement dit soutenable. En d’autres termes n’y a-t-il pas une contradiction de termes quand on parle de développement durable ? Dit autrement encore : le développement durable est-il la nouvelle utopie ?


Il est sans doute pour le moment impossible de répondre à une telle question. Par contre le développement durable -parce que prise de conscience que la nature est potentiellement bien public mondial- sera probablement élément fertilisant à la prise de conscience d’un espace public mondial. Alors que la gestion future de la grande crise impulse une sourde dé mondialisation déjà en marche, la gestion de la contradiction entre économie et nature sera une force agissant en sens contraire.


3        L’après crise ou le choix de la promotion de la culture de l’immanence.


Boussole et pendule nouvelles ne structureront plus le mode des humains comme jadis, car encore une fois, il ne s’agit pas de reconstruire l’ancien monde mais de dégager les forces qui au final risquent de  structurer  celui qui est en devenir. Ré enchâsser le marché dans la société, mettre fin à sa démesure face à la finitude du monde, est un démarche finalement sécurisante. Il n’y  a pas si longtemps ,l’homme en voie de dé liaison, devait logiquement  payer le prix de  sa dé liaison en terme de sécurité, ce qu’il n’a pas fait, en construisant l’immense Etat providence de la période moderne. Là encore recherche de sécurité. Plus récemment, le même homme, désormais complètement délié,  et devenu grand pourfendeur  de l’Etat, revient vers ce dernier au moment de la grande crise. Et même les banquiers sont heureux de ses marques de sollicitudes. Là aussi recherche de sécurité. Il en a toujours été ainsi, et cela correspond à ce que les ethnologues appellent la « culture de l’immanence ». Dans la « soupe primitive » l’immanence consiste à refuser l’évènement en tant que fait, en tant que  circonstance inattendue ou imprévisible. Plus exactement ,tous les évènements que connaissent les hommes, sont directement interprétables par la cosmogonie : tout est expliqué et donc d’une certaine façon tout peut être conjuré. La sorcellerie peut probablement s’expliquer, au moins partiellement, sur la base de La culture de l’immanence. Cette dernière rassure et crée du lien social. Elle n’a jamais disparu et semble présentement , connaitre une promotion inattendue. C’est que l’homme délié, en contact avec un autre homme délié, se doit de sécuriser ses transactions intéressées.  Et si la culture commune se fait chancelante en raison même du processus de dé liaison, il convient de recréer de la sécurité. Si les hommes sont riches de droits et pauvres en devoirs, encore faut-il, pour faire société, qu’ils deviennent responsables. Nous avons là l’origine, et le développement fantastique de ce que nous appelions la « soft law ». L’homme délié est de plus en plus libre et contradictoirement de plus en plus emprisonné dans la foule des règlements, règles et autres normes qui l’enchainent progressivement. La loi, parce que politique parce qu’ exprimant un projet, se fait plus petite. La norme moins ambitieuse, ne cherche qu’à assurer pour rassurer ,mais tendra à réguler de façon probablement envahissante l’espace social. Nous vivrons probablement de plus en plus au sein d’espaces normés. Et les dispositifs assurantiels en tiendrons compte : puisque l’événement au 21ième siècle est tout aussi contesté que l’évènement chez les Dogons du Mali au 16ième siècle, il faudra bientôt prouver que mon hygiène de vie était dans la norme pour pouvoir bénéficier de la couverture santé en cas de maladie. La normalisation est la contrepartie de l’aventure individualiste.

Résumons-nous : le simple mouvement de la modernité était à lui seul porteur d’une probable disparition de l’avenir. Cette disparition concernait la période 1989- 2008, soit une vingtaine d’années. Il semble bien qu’aujourd’hui, à la faveur de la grande crise qui s’annonce, un certain renouveau de l’avenir s’esquisse. Et il n’est pas interdit de penser, voire d’espérer, que le terme de  production de valeur ajoutée viendra supplanter celui  de production de valeur qui ne s’adresse qu’aux seuls actionnaires. Le monde qui  correspondra à la période qui s’ouvre, ne sera pas chargé d’autant de sens que les mondes précédents : la boussole en sera assez imprécise. Pour autant il correspondra probablement à la fin des « orgies de l’instant » qui resteront la marque de cette période.

Le retour du politique sera essentiel- et a déjà été essentiel à l’automne 2008- pour la survie de l’ordre du marché, et donc de la civilisation qui lui correspond. Pour autant, il ne sera pas porteur de nouvelles grandes espérances – ce qui n’est pas nécessairement négatif, car historiquement, aux  grandes espérances correspondent  de grands crimes- et se contentera de tenter de préserver l’homme délié des forces naturelles qui menacent. L’espace public- même s’il tente de devenir espace public mondial- n’aura plus la légitimité qu’il avait à l’époque des grands récits religieux et laïcs. Il n’aura plus à exprimer un projet de société ni à protéger la société mais à en préserver ses membres  dans leur individualité. Ce travail de protection passe par un travail législatif qui n’est plus de l’ordre de la loi mais du simple règlement. Ce même travail ira dans le sens de la responsabilisation maximale des acteurs, ce qui pourra, peut-être, mettre fin aux enrichissements sans causes sérieuses, mais laissera de côté la question de ceux,  qui insuffisamment  armés , ne peuvent aisément  entrer dans un processus de responsabilisation.

Le blog de jean Claude Werrebrouck

http://www.lacrisedesannees2010.com/article-27571553.html

Lu dans Les Inrockuptibles :
Neill Blomkamp (réalisateur) : « Si vous voulez voir Paris dans soixante ans, allez à Johannesburg.”

QUI EST RESPONSABLE?

Qui est ou qui sont les responsables de la transformation accélérée de la France en un futur Liban, une Yougoslavie en devenir ou une Afrique du Sud d’ici 60, 45 ou 30 ans?

Alain Laurent désigne clairement les responsables de la destruction de l’unité sociale et sociétale de notre pays, dans son livre « La société ouverte et ses nouveaux ennemis » publié en 2008.

Le nouvel ennemi majeur de la société ouverte (Ch. 7)

Suite de la synthèse du livre d’Alain Laurent

En France, depuis les grandes grèves de 1995 « une virulente extrême gauche radicale (d’obédience principalement trotskiste et « altermondialiste) est progressivement montée en puissance en dénonçant bruyamment le capitalisme, le libéralisme, la mondialisation. » Cette extrême gauche protéiforme, selon l’expression de Revel, est ouvertement l’ennemie déclarée de la société ouverte

En effet, sa complicité avec les ennemis venus de l’extérieur, les « racailles » et son soutien à l’immigration incontrôlée, son refus de la laïcité prouvé par le soutien aux revendications de port du voile dans les institutions, son alliance historique avec l’islamisme lors du Forum social de Londres en 2003, qui fait que l’on parle maintenant « d’islamo-gauchisme », tout ceci prouve bien l’incompatibilité avec les valeurs d’une société ouverte. Besancenot mentionne dans son programme électoral de 2007 le retrait des troupes d’occupation d’Afghanistan et Bové évoque la régularisation de tous les « sans-papiers ».

Cette gauche révolutionnaire n’est pas l’ennemi le plus dangereux de la société ouverte car elle a peu d’influence sur les décisions gouvernementales.

A l’inverse d’un gauchisme révolutionnaire rien moins qu’angélique, la gauche « humaniste » ne prône ni ne pratique la violence.

Elle privilégie l’action psychologique et morale, autrement plus efficace auprès des autorités : l’indignation vertueuse, la protestation accusatrice, la culpabilisation qui joue sur le s registres du compassionnel et de la mauvaise conscience. Son coup de maître est qu’au lieu de rejeter la société ouverte, elle mobilise avec véhémence les valeurs d’ « ouverture », à savoir les droits universels de l’homme, la tolérance, l’hospitalité, le pluralisme, allant même jusqu’à proclamer la meilleure ou seule championne. Comment de larges pans de la société civile et les médias pourraient-ils à force ne pas se sentir en sympathie avec l’exhibition d’aussi bons sentiments ? »

Cette logique humaniste gauchisée interprétée de manière hyperextensive et hyperbolique pervertit les valeurs d’ouverture de la société ouverte. Et ceci se produit d’autant plus facilement qu’il existe dans 1a conscience politique française « un surmoi de gauche » selon la formule de Marc Fumaroli (et donc « un surmoi d’extrême gauche » pour la gauche) qui influence cette conscience et donc les décisions gouvernementales. Cette idéologie à prétentions « humanistes » « tient le haut du pavé, et les armes de destruction morale massive qu’elle brandit sont d’une redoutable efficacité : le droit-de-l’hommisme associé à l’immigrationnisme, l’ « anti-racisme » et le multiculturalisme.


« Sans-frontiérisme », « immigrationnisme » et « droit-de-l’hommisme »


Le projet humaniste tel qu’il est entendu partout et par tous

L’islam est forcément une religion d’amour, de paix et de tolérance à ne pas confondre avec l’islamisme et en vertu de la liberté religieuse, il faut « modifier le droit et l’organisation de nos sociétés » pour que les musulmans puissent se sentir acceptés et libres dans leur pays d’adoption et leur culte. « L’Europe ne doit pas s’ériger en forteresse assiégée ni se barder de murs de Berlin pour se protéger l’immigration africaine ou asiatique, laquelle n’est en réalité pas si massive que cela. » L’Europe bénéficiera ainsi d’un sang neuf qui lui fait cruellement défaut et cette diversité culturelle l’enrichira. La situation scandaleuse des migrants qui résulte de notre mentalité esclavagiste colonialiste et raciste doit cesser et donc l’immigration largement encouragée. Les jeunes dans les banlieues qui réagissent par la violence le font légitimement : ils sont humiliés par les policiers et le chômage qui sévit. « Lorsque leurs membres mineurs commettent des délits, ils méritent encore plus que d’autres d’être excusés. » Les Européens doivent activement manifester leur repentance en offrant des compensations à tous les descendants d’esclaves et colonisés. La diversité ethno-raciale doit être représentative dans tous les secteurs de la société.


Qui promeut ce projet humaniste (ouverture à l’islam conservateur et immigration alterculturelle de masse) ?

En France, cette idéologie est devenue une « idéologie nationale, au statut quasiment officiel : toute une nébuleuse d’associations défendent les droits de l’homme et les « causes » humanitaires. Un noyau dur composé de la plupart des organisations syndicales, d’une fraction notable de la magistrature syndiquée, de la grande majorité des enseignants, de l’établishement intellectuel (avec les grandes administrations), de la presse (plus de 80% des journalistes se classent à gauche) et enfin des « people » du show-biz, « friands de pétitions et d’exhibitionnisme militant. »

Comment négliger la place éminente des Eglises dans ce vaste lobby idéologique du « sans-frontiérisme » et de la campagne anti-islamophobie… Le conseil des églises chrétiennes ne cesse de promouvoir ses liens avec l’islam (contre la contraception et l’homosexualité ou contre les caricatures de Mahomet).

Le monde de l’entreprise lui-même : « son adhésion croissante, empressée même… (soucieuse de donner des gages de bonnes mœurs afin de restaurer son image auprès des jeunes générations bobo-gauchisées) a l’ardente obligation morale de promouvoir la « diversité », voire la « fierté d’appartenance » comme s’enorgueillit l’une d’elles, en pratiquant la discrimination positive. »

La conversion de la droite républicaine et libérale aux mots d’ordre de la bien-pensance est aussi très significative de ce rouleau compresseur idéologique. Sarkozy, qui fait l’apologie de la discrimination positive, (tout en s’en défendant) a soutenu le financement public du culte musulman et cautionné l’intégrisme de l’UOIF. Alain Madelin, libéral, dénonce aussi « l’anti-islamisme primaire » et le fait que « l’islamisme ne saurait être confondu avec l’islam ».
Pratiquer l’immigration illimitée est un devoir selon l’idéologie « sans-frontiériste ». Un impératif catégorique. Revel écrivait en 1995 : « un pays a le devoir d’accueillir et de garder en quantité illimitée de s étrangers dépourvus de permis de séjour, de logement, de ressources et de qualifications au moment où des millions de travailleurs non qualifiés déjà sur place ne trouvent pas de travail. »


Cette volonté à recevoir toute la misère du monde donne lieu à une contre partie de droits opposables

Droit à une vie meilleure, droit à l’Europe et aux visas, donc à la libre entrée sans seuil quantitatif ni contrôle puis à la libre installation; droit à la régularisation immédiate et donc droit au séjour continu même si le migrant ne trouve pas de travail ou commet des actes délictueux, droit à être pris en charge 1ogé, soigné, nourri, scolarisé.

Une telle « idéologie des droits » (François Furet) peut être qualifiée de droit-de-l’hommisme et le suffixe isme témoigne de l’inflation et de l’utilisation pervertie des droits de l’homme.

« Dans leur inspirée Déclaration originelle des droits de l’homme, les révolutionnaires français en avaient sagement distingués ceux-ci, à vocation universelle, des droits du citoyen procédant du droit du sol et propres à une société politique ouverte… Cette distinction fondamentale, le sans-frontiérisme l’abolit de fait en absorbant les droits du citoyen dans les droits universels de l’homme. »
Ces droits se révèlent être à sens unique, sans sanction ni obligation correspondantes. Ce sont des droits sur les citoyens historiques, sans fondements objectifs et basés sur un élan compassionnel subjectif et sur un sentiment de culpabilité imaginaire.
« Cette manipulation de la notion de droit sert de support et d’alibi idéologique à l’angélisme bardé de bons sentiments humanitaires qu’est le sans- frontiérisme. Tous les traits habituels d’une éthique de conviction devenue folle s’y mêlent sous leur visage le plus caractéristique : l’ « aveuglement volontaire » accompagné d’une irénique dénégation du réel où le recours lexical aux travestissements de la novlangue a une fonction essentielle, l’indignation soigneusement sélective, l’inversion des causalités, la « culture de l’excuse ».

L’irresponsabilité de cette idéologie sans-frontiériste a des effets ravageurs contre les sociétés ouvertes que dénonçait déjà Revel : « Exiger que l’immigration cesse d’être contrôlée ou même connue, surtout dans un pays à forte protection sociale, avec des budgets déjà en grave déficit, c’est rechercher la déstabilisation permanente de la société, 1 ‘abolition de l’Etat de droit, voire de la citoyenneté. » (Le Point, 22 février 1997) Effectivement cette vision prophétique de Revel se révèle parfaitement exacte dans les faits aujourd’hui. La persévérance de cette logique irresponsable prouve à quel point ces droits-de l’hommistes et sans-frontiéristes ne sont pas que des « idiots utiles » mais bien de « nuisibles pervers » qui œuvrent sciemment contre les valeurs de la société ouverte, en refusant des solutions réalistes au défi de l’immigration (« ce n’est pas elle en soi qui est 1’ennemie, bien sûr, mais l’immigrationnisme! »)


Le bras armé de l’ « antiracisme » dévoyé

« Droit-de-l’hommisme, sans-frontiérisme et immigrationnisme disposent d’une arme fatale pour imposer les dogmes de leur nouvel ordre moral aux pouvoirs publics et à la société française dans son ensemble : la lutte contre le racisme, désigné comme le facteur déterminant non avoué de la discrimination infligée aux issues de l’immigration et de 1a stigmatisation des cultures ou religions non occidentales. » La présomption de « racisme » s’est en effet étendue à toutes sortes de champs nouveaux et tout domaine est devenu sujet à présomption de racisme « .., les innombrables imputations de « racisme » maintenant faites à la laïcité, aux concours de recrutement sur base scolaire, à la langue française classique, la défense de la liberté d’expression… »

Qu’est-ce que le vrai racisme ?

Selon Alain Laurent, c’est une « notion qui entendait légitimement s’attaquer à tout ce qui tend à attribuer arbitrairement des caractéristiques naturelles péjorantes à une catégorie d’individus définis sur des bases bio-ethniques et dans une perspective déterministe et généralisatrice – afin de les inférioriser collectivement et les exclure. »
Ayn Rand : « Le racisme est la doctrine des brutes, conçue par et po r elles. C’est la version du collectivisme pour éleveur de bétail capable de différencier diverses races d’animaux, mais pas les animaux des hommes. » (Le racisme, septembre 1963)


L’extension abusive du soupçon de racisme est dénoncée avec force par l’ensemble de la pensée résistante. Elle était déjà dénoncée dès les années 1977 puis dans les années 1983-1993 par des auteurs extra-lucides (André Béjin et Julien Freund : « l’obsession anti-raciste »; Claude Lévi-Strauss dans Le regard éloigné : « mettre le terme [racisme] à toutes les sauces… »; Taguieff : « l’anti-racisme s’est idéologisé » dans La force du préjugé -Essai sur le racisme et ses doubles-; Finkielkraut dans La défaite de la pensée; Paul Yonnet dans Voyage au centre du malaise français -L’antiracisme et le roman national.)

« Mais rien y avait fait : le rouleau compresseur idéologique de l’ « antiracisme » a été le plus fort, écrasant sur son passage toute libre expression morale à ce sujet dans les médias et la société civile. »
Il s’agit d’une manipulation de la notion de racisme car le seul racisme qui est dénoncé est « celui des Européens ou des populations du tiers-monde ou qui en proviennent. » (Revel dans une chronique du printemps 1992). L’anti-racisme est par contre aveugle quand il s’agit de racisme antisémite qui s’est déchaîné dans certains quartiers en 2003-2005 ou de racisme anti-Blancs perpétré à la même période par des « blacks ». Car, selon les anti-racistes, « un Noir, par essence, ne peut être raciste ou soupçonné de l’être; cette tare indélébile n’appartient qu’aux Blancs » !

Contradictions et incohérences de cet antiracisme dévoyé

« Côté face, le terme de race est congédié puisque les « races » n’existent pas (exact au sens que lui donnent les vrais racistes). Mais côté pile, elles resurgissent en étant avalisées si jamais ce sont les adeptes du communautarisme « noir » qui s’y réfèrent ou s’il faut donner quelque contenu à la notion désormais sacralisée de « minorité visible » en instituant des statistiques ethniques, en réalité ethno-raciales puisqu’il y est demandé aux sujets d’indiquer leur « couleur de peau ».

Ce dévoiement a été orienté de façon consciente en vue de certaines fins précises
Tout d’abord, cet antiracisme permet à ceux qui le promeuvent de se situer dans le Camps du Bien. Mais plus profondément, il attribue un racisme doctrinal et métaphysique à tous ceux qui s’inquiètent et s’élèvent courageusement contre l’immigrationnisme et l’implantation d’un islam traditionnaliste peu compatible avec les valeurs occidentales.

France 2008

France 2009

Afrique du Sud 2008