Journal 2020-2080

Le coup de graisse pour l’économie?

avril 30, 2009 · Laisser un commentaire

Quel serait le coût économique d’une pandémie?

En 2003, la crise du SRAS avait tué 800 personnes dans le monde, dont 349 en Chine. Si le nombre de décès était faible par rapport à la population, le virus n’en a pas moins semé le chaos sur les bourses asiatiques, qui se remettaient à peine de la crise de 1998. En moins de 12 mois, la bourse de Hong Kong a perdu 17%, celle du Japon 33%. « La région Asie Pacifique a ainsi perdu 18 milliards de dollars, soit un demi point de PIB », estime Xavier Timbeau, économiste de l’OFCE. « Si la grippe porcine devient une pandémie, cela sera catastrophique pour l’économie, qui est déjà à genoux », affirme l’économiste Kenneth Broux dans le Wall Street Journal. Or le virus a “clairement un potentiel pandémique”, a averti samedi l’OMS. Alors que le SARS avait surtout affecté l’Asie, la grippe porcine apparaît dans les économies occidentales, « celles là même qui alimentent la relance. Une pandémie serait donc un gros obstacle à la reprise de la croissance », ajoute M. Broux.

LONDON (Dow Jones)–European stocks have traded lower Monday as fears over the impact of a possible swine flu pandemic on an already weak global economy have boosted demand for traditional safe-haven assets.

“If swine flu morphs into a pandemic, it’s the last thing the world economy needs, as it’s already on its knees,” said economist Kenneth Broux at Lloyds Banking.

During times of global flu pandemics, three trends take place: equity markets fall, the dollar strengthens, and there’s a flight to quality, he said.

At 0750 GMT, the pan-European DJ Stoxx 600 index was down 1.6% at 192.64. London’s FTSE 100 index was 1.2% lower at 4105.33, Frankfurt’s DAX index was down 1.8% at 4588.19, and the CAC-40 index in Paris was 1.7% lower at 3049.56.

Unlike avian flu and Severe Acute Respiratory Syndrome (SARS) which affected mostly Asia, swine flu has been seen in mostly Western economies. “These are the economies that have been feeding stimulus in order to jump start growth. Certainly, a pandemic would dampen that stimulus,” Broux said.

The outbreak of swine flu in Mexico, the United States and Canada could have an impact on meat and feed demand. Already, three countries – China, Thailand and the Philippines – have banned the import of pork products or live swine from Mexico and the U.S, and more could follow their lead. The fear of an epidemic could hurt consumption, and indirectly hit the demand for agricultural products, such as grains and feedmeal…..

http://online.wsj.com/article/BT-CO-20090427-702821.html

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-6.1% vs +7% :Regain de tonus typiquement maniaco depressif

avril 30, 2009 · Laisser un commentaire

La situation est grave: l’économie US s’est beaucoup plus “contractée” au premier trimestre 2009 qu’il n’était prévu (6,1% au lieu d’un peu plus de 4%). La situation est prometteuse: Wall Street enregistre une hausse significative, qui traduit l’optimisme dévastateur des “investisseurs”, conduit par les prévisions prometteuses de la Federal Reserve. Tout cela se passe le même jour, pour les mêmes objets, dans les mêmes circonstances.

WSWS.org donne une analyse “de classe”, à-la-Marx, de cette différence entre la jubilation de Wall Street et la situation économique crépusculaire, agrémentée de l’explication centrale de l’aide à 100% de Washington pour la pourriture de Wall Street. Certes, l’explication existe mais elle n’est pas nouvelle. Tous les gouvernements US, y compris celui de Franklin Roosevelt, ont soutenu d’une façon ou l’autre à 100% la pourriture de Wall Street. L’habitude est pérenne, pratiquement vitale sinon virale si l’on veut, aussi solide qu’un virus de la grippe porcine. Nous préférons nous tourner, pour expliquer le phénomène actuel d’une manière plus fondamentale qui explique les élans collectifs, vers la psychologie. Qui nous en voudrait, lorsqu’on sait l’importance qu’il est de bon ton d’accorder à la psychologie dans le fonctionnement des marchés boursiers?

Pour résumer notre sentiment par une image moins innocente qu’elle n’en a l’air, nous dirions que l’épisode actuel correspond bien à une phase maniaque de l’affection générale de la maniaco-dépression qui caractérise la civilisation occidentale dans sa phase ultime, dite américaniste. Les traders et autres banquiers sont absolument épuisés par une campagne dépressive (phase dépressive) qui a duré près de six mois, avec des annonces apocalyptiques dix fois par jour, la référence constante à la Grande Dépression (le comble pour un maniaco-dépressif) et ainsi de suite. Ils ont été forcés, par la dépression justement, de tremper le bout du doigt de pied dans l’eau glaciale de l’“économie normale” et, décidément, ils ne supportent pas. La phase maniaque se marque ainsi par une affirmation péremptoire du malade de se détacher de la réalité, c’est-à-dire de cette “économie normale” qu’on l’a forcé à côtoyer et qu’il exècre. Le pool de psychiatrie commis au chevet du malade, les docteurs Geithner, Summers, Barnanke et accessoirement Obama, se trouvant devant des échéances inévitables, a obligeamment cédé à l’insistance du malade.

La direction générale du système, éventuellement élargie d’ailleurs au-delà des USA, au-delà des trois-quatre psychiatres nommés car la tendance est générale, se trouve absolument désarmée devant les événements. Elle s’est laissée convaincre que la psychologie, justement, est la clef de la crise; qu’en donnant à Wall Street un prozak chiffré quelque part entre $1.000 et $2.000 milliards, agrémenté d’une prospective robuste du docteur Bernanke, on devrait rétablir l’optimisme bouillonnant des bourses et, dans la foulée, ranimer le moral défaillant des guerriers de la consommation, – nous, vous, moi, les citoyens en général, dont le civisme se mesure désormais à la volonté de consommer. Ainsi la machine serait-elle relancée et pourrait-on se tourner vers la résolution de la crise climatique accélérée par le fonctionnement de la machine.

…Tout cela qui semble être écrit sur le ton de la plaisanterie, – à peine. Il va de soi que nous croyons fermement à ce facteur psychologique, tant pour expliquer les réactions boursières que la politique de communication des dirigeants divers et politiques. Il est possible sinon probable, c’est-à-dire certain, que nos dirigeants n’imaginent effectivement plus autre chose pour relancer la machine que cette “main invisible” de la psychologie ranimant les espérances et les ambitions en se transportant de la phase dépressive à la phase maniaque. Il s’agit, à leur niveau, d’un remède eschatologique à une crise et à une époque également eschatologiques.

http://www.dedefensa.org/article-de_l_economie_hivernale_a_la_psychologie_printaniere_30_04_2009.html

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