Journal 2020-2080

Entrée de avril 2009

Le coup de graisse pour l’économie?

avril 30, 2009 · Laisser un commentaire

Quel serait le coût économique d’une pandémie?

En 2003, la crise du SRAS avait tué 800 personnes dans le monde, dont 349 en Chine. Si le nombre de décès était faible par rapport à la population, le virus n’en a pas moins semé le chaos sur les bourses asiatiques, qui se remettaient à peine de la crise de 1998. En moins de 12 mois, la bourse de Hong Kong a perdu 17%, celle du Japon 33%. « La région Asie Pacifique a ainsi perdu 18 milliards de dollars, soit un demi point de PIB », estime Xavier Timbeau, économiste de l’OFCE. « Si la grippe porcine devient une pandémie, cela sera catastrophique pour l’économie, qui est déjà à genoux », affirme l’économiste Kenneth Broux dans le Wall Street Journal. Or le virus a “clairement un potentiel pandémique”, a averti samedi l’OMS. Alors que le SARS avait surtout affecté l’Asie, la grippe porcine apparaît dans les économies occidentales, « celles là même qui alimentent la relance. Une pandémie serait donc un gros obstacle à la reprise de la croissance », ajoute M. Broux.

LONDON (Dow Jones)–European stocks have traded lower Monday as fears over the impact of a possible swine flu pandemic on an already weak global economy have boosted demand for traditional safe-haven assets.

“If swine flu morphs into a pandemic, it’s the last thing the world economy needs, as it’s already on its knees,” said economist Kenneth Broux at Lloyds Banking.

During times of global flu pandemics, three trends take place: equity markets fall, the dollar strengthens, and there’s a flight to quality, he said.

At 0750 GMT, the pan-European DJ Stoxx 600 index was down 1.6% at 192.64. London’s FTSE 100 index was 1.2% lower at 4105.33, Frankfurt’s DAX index was down 1.8% at 4588.19, and the CAC-40 index in Paris was 1.7% lower at 3049.56.

Unlike avian flu and Severe Acute Respiratory Syndrome (SARS) which affected mostly Asia, swine flu has been seen in mostly Western economies. “These are the economies that have been feeding stimulus in order to jump start growth. Certainly, a pandemic would dampen that stimulus,” Broux said.

The outbreak of swine flu in Mexico, the United States and Canada could have an impact on meat and feed demand. Already, three countries – China, Thailand and the Philippines – have banned the import of pork products or live swine from Mexico and the U.S, and more could follow their lead. The fear of an epidemic could hurt consumption, and indirectly hit the demand for agricultural products, such as grains and feedmeal…..

http://online.wsj.com/article/BT-CO-20090427-702821.html

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-6.1% vs +7% :Regain de tonus typiquement maniaco depressif

avril 30, 2009 · Laisser un commentaire

La situation est grave: l’économie US s’est beaucoup plus “contractée” au premier trimestre 2009 qu’il n’était prévu (6,1% au lieu d’un peu plus de 4%). La situation est prometteuse: Wall Street enregistre une hausse significative, qui traduit l’optimisme dévastateur des “investisseurs”, conduit par les prévisions prometteuses de la Federal Reserve. Tout cela se passe le même jour, pour les mêmes objets, dans les mêmes circonstances.

WSWS.org donne une analyse “de classe”, à-la-Marx, de cette différence entre la jubilation de Wall Street et la situation économique crépusculaire, agrémentée de l’explication centrale de l’aide à 100% de Washington pour la pourriture de Wall Street. Certes, l’explication existe mais elle n’est pas nouvelle. Tous les gouvernements US, y compris celui de Franklin Roosevelt, ont soutenu d’une façon ou l’autre à 100% la pourriture de Wall Street. L’habitude est pérenne, pratiquement vitale sinon virale si l’on veut, aussi solide qu’un virus de la grippe porcine. Nous préférons nous tourner, pour expliquer le phénomène actuel d’une manière plus fondamentale qui explique les élans collectifs, vers la psychologie. Qui nous en voudrait, lorsqu’on sait l’importance qu’il est de bon ton d’accorder à la psychologie dans le fonctionnement des marchés boursiers?

Pour résumer notre sentiment par une image moins innocente qu’elle n’en a l’air, nous dirions que l’épisode actuel correspond bien à une phase maniaque de l’affection générale de la maniaco-dépression qui caractérise la civilisation occidentale dans sa phase ultime, dite américaniste. Les traders et autres banquiers sont absolument épuisés par une campagne dépressive (phase dépressive) qui a duré près de six mois, avec des annonces apocalyptiques dix fois par jour, la référence constante à la Grande Dépression (le comble pour un maniaco-dépressif) et ainsi de suite. Ils ont été forcés, par la dépression justement, de tremper le bout du doigt de pied dans l’eau glaciale de l’“économie normale” et, décidément, ils ne supportent pas. La phase maniaque se marque ainsi par une affirmation péremptoire du malade de se détacher de la réalité, c’est-à-dire de cette “économie normale” qu’on l’a forcé à côtoyer et qu’il exècre. Le pool de psychiatrie commis au chevet du malade, les docteurs Geithner, Summers, Barnanke et accessoirement Obama, se trouvant devant des échéances inévitables, a obligeamment cédé à l’insistance du malade.

La direction générale du système, éventuellement élargie d’ailleurs au-delà des USA, au-delà des trois-quatre psychiatres nommés car la tendance est générale, se trouve absolument désarmée devant les événements. Elle s’est laissée convaincre que la psychologie, justement, est la clef de la crise; qu’en donnant à Wall Street un prozak chiffré quelque part entre $1.000 et $2.000 milliards, agrémenté d’une prospective robuste du docteur Bernanke, on devrait rétablir l’optimisme bouillonnant des bourses et, dans la foulée, ranimer le moral défaillant des guerriers de la consommation, – nous, vous, moi, les citoyens en général, dont le civisme se mesure désormais à la volonté de consommer. Ainsi la machine serait-elle relancée et pourrait-on se tourner vers la résolution de la crise climatique accélérée par le fonctionnement de la machine.

…Tout cela qui semble être écrit sur le ton de la plaisanterie, – à peine. Il va de soi que nous croyons fermement à ce facteur psychologique, tant pour expliquer les réactions boursières que la politique de communication des dirigeants divers et politiques. Il est possible sinon probable, c’est-à-dire certain, que nos dirigeants n’imaginent effectivement plus autre chose pour relancer la machine que cette “main invisible” de la psychologie ranimant les espérances et les ambitions en se transportant de la phase dépressive à la phase maniaque. Il s’agit, à leur niveau, d’un remède eschatologique à une crise et à une époque également eschatologiques.

http://www.dedefensa.org/article-de_l_economie_hivernale_a_la_psychologie_printaniere_30_04_2009.html

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Image : un quartier de Detroit

avril 26, 2009 · Laisser un commentaire

Chargement un peu long car image lourde : 60 maisons sur les  66 de cette rue sont à l’abandon

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Crise : le choc est à venir

avril 26, 2009 · Un commentaire

Malgré la débâcle financière et l’urgence climatique, on continue de croire que tout va comme avant. Sans comprendre qu’en réalité nous avons changé d’époque

par Harald Welzer

ours-polaire-mourant

Peu de temps avant la banqueroute de Lehman Brothers, Josef Ackermann, le président de la Deutsche Bank, avait laissé courir le bruit que le pire était passé. Dans les semaines fiévreuses qui se sont succédé depuis, les politiques et les spécialistes se sont surpassés dans la recherche de moyens destinés à doper la consommation, comme si le capitalisme était en mouvement perpétuel et qu’il suffisait de relancer son cycle de création continue.

L’idée que, cette fois, il s’agit peut-être de plus que d’une ” crise “, n’est apparemment venue à personne. La vie suit son cours : on emprunte, on donne un tour de vis fiscal, et on espère, avec tout ça, passer le cap au plus vite. Le manque de la plus élémentaire clairvoyance de la mesure et des conséquences de la débâcle financière indique pourtant bien que ce qui est arrivé n’a pas été anticipé. Des faillites bancaires massives, des groupes d’assurances entamés, des Etats eux aussi au bord de la ruine ? Et les milliards requis pour tout ça, que sont-ils, sinon de l’argent virtuel injecté dans un système lui-même au bord de l’implosion, à cause, justement, de la nature virtuelle de ses échanges ?

Bien que la catastrophe économique déploie implacablement son cours à une allure défiant toute concurrence, frappant une branche après l’autre, le bricolage, le raboutage et le rembourrage, et les sempiternels sommets continuent à donner l’apparence que la crise est gérée. Les réactions des gens sont graves, mais pas paniquées. En dépit du lot quotidien de nouvelles horrifiques en provenance de la Global Economy, citoyennes et citoyens ne sont que modérément agités.

Notons d’abord qu’un événement, considéré comme historique par la postérité, est rarement perçu comme tel en temps réel. Rétrospectivement on s’étonne qu’un Kafka, le jour où l’Allemagne déclara la guerre à la Russie, ait seulement consigné dans son journal de façon lapidaire : ” l’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie. - Après-midi : cours de natation “. Les ondes de choc, qui parcourent nos sociétés modernes et complexes, partent d’un point d’impact catastrophique initial qui n’atteint les fonctions essentielles qu’à retardement. Il est donc plutôt exceptionnel qu’un bouleversement social soit reconnu pour ce qu’il est par ses contemporains. C’est aux historiens qu’il appartient d’en constater la réalité. Les écologistes déplorent parfois que les gens ne parviennent pas à intégrer l’idée que leur environnement se modifie.

Une étude menée sur plusieurs générations de professionnels de la pêche, en Californie, a montré que c’étaient les plus jeunes qui avaient le moins conscience du problème de la surpêche et de la disparition des espèces. De telles modifications de perception et de valeurs, analogues aux transformations environnementales, on les rencontre aussi dans la sphère sociale : que l’on pense au renversement complet des valeurs dans la société allemande à l’époque hitlérienne.

Dans cette société, les composantes non juives auraient, en 1933, trouvé complètement impensable que, quelques années plus tard seulement, et avec leur participation active, leurs concitoyens juifs se verraient non seulement spoliés, mais seraient embarqués dans des trains pour être mis à mort. Ce sont pourtant les mêmes qui regarderont, à partir de 1941, les convois de déportés partir vers l’Est, tandis qu’une partie non négligeable d’entre eux rachèteront les installations de cuisine, le mobilier et les oeuvres d’art ” aryanisés ” ; que certains prendront la gestion d’affaires ” juives ” ou habiteront des maisons dont leurs propriétaires juifs auront été expulsés. En trouvant cela tout naturel.

Que les changements de cadre de vie ainsi que de normes consensuelles se remarquent à peine, tient aussi à ce que les métamorphoses perceptibles ne concernent qu’une part souvent infime de la réalité vécue. On sous-estime de façon chronique combien le train-train quotidien, les habitudes, le maintien d’institutions, de médias, la continuité de l’approvisionnement entretiennent la croyance qu’en fait rien ne peut arriver : les bus fonctionnent, les avions décollent, les voitures restent coincées dans les embouteillages du week-end, les entreprises décorent leurs bureaux pour Noël. Autant de preuves de normalité qui viennent étayer la conviction bien enracinée que tout continue comme au bon vieux temps.

Au moment où l’histoire se produit, les hommes vivent le présent. Les catastrophes sociales, à la différence des cyclones et des tremblements de terre, ne surviennent pas sans crier gare mais, pour ce qui est de leur perception, représentent un processus quasi insensible, qui ne peut être condensé en un concept comme celui d’” effondrement ” ou de ” rupture de civilisation “, qu’a posteriori.

C’est bien connu : le savoir croît en même temps que l’ignorance ; mais jusqu’à présent nous avons, avec Karl Popper, donné à cette maxime un sens plutôt optimiste en l’interprétant comme une exigence de stabilité pour les sociétés de savoir. Or les crises qui sont en train de s’accumuler - le climat et l’environnement, l’énergie, les ressources et les finances – manifestent à l’évidence que nous devons nous battre sur de nombreux fronts dans une ignorance abyssale des conséquences de nos actes.

La déconfiture de l’expertise, où qu’elle s’applique, ne marque-t-elle pas que nous nous trouvons déjà à un ” tipping point “ point de basculement systémique, à partir duquel des tendances ne peuvent plus être corrigées ? La dernière en date nous fait remonter deux décennies en arrière : l’éclatement général que personne n’avait prévu de tout un hémisphère politique avec des effets de fond sur les configurations des Etats. Alors la marche triomphale de l’Occident paraissait scellée ; on proclama précipitamment la fin de l’histoire, mais entre-temps, la suite semble avoir montré que, dans cinquante ans, les historiens pourraient bien dater de 1989 le commencement du recul des démocraties. Ils pourraient bien diagnostiquer que l’actuelle crise financière mondiale seulement n’avait été que la nouvelle étape d’un déclin entamé depuis longtemps.

On peut, sans risque, qualifier dorénavant de changement accéléré le fait de passer en un instant d’une époque à une autre, dès lors qu’un ultralibéralisme débridé succède à un interventionnisme étatique qui met sens dessus dessous toutes les certitudes jusque-là acquises, non seulement en matière d’économie et de finance, mais aussi dans la politique du climat. Pourtant, personne n’envisage sérieusement la possibilité d’un échec total et, à cet égard, les crises financière, énergétique et climatique révèlent des affinités. On tient pour impossible un effondrement complet du système financier et économique et on se représente encore moins que la pénurie d’énergies fossiles atteigne un niveau tel, d’ici quelques années, que même dans les pays les plus riches, les plus bas revenus ne pourront plus se chauffer.

Qu’est-ce que signifie la connaissance du présent ? Les émissions de gaz à effet de serre vont s’accroître du fait de l’industrialisation globalisée, au point que la fameuse limite des deux degrés au-delà desquels les conséquences des changements climatiques deviennent incontrôlables ne sera pas tenable. En même temps, les spécialistes du climat ne nous donnent que sept ans pour changer de cap. La concurrence qui s’accroît de plus en vite autour des ressources pourrait bien dégénérer en affrontements violents pour départager vainqueurs et vaincus.

Et il n’y a aucun moyen de savoir dans quel groupe se situera l’Europe. Désormais, c’est l’avenir des générations futures que l’on va obérer, notamment par l’envol de la dette publique et la surexploitation des matières premières. Cette colonisation de l’avenir se paiera, car le sentiment d’inégalité entre générations est l’un des plus puissants catalyseurs de mutations sociales radicales. Des mutations qui ne doivent pas s’entendre en un sens positif, comme le projet de renouvellement générationnel du national-socialisme l’a montré.

Une masse débordante de problèmes dans un contexte où le manque de solutions possibles est criant conduit à ce que la psychologie sociale définit comme une ” dissonance cognitive “. Ou, pour le dire à la manière de Groucho Marx : pourquoi prendrais-je soin de la postérité ? Est-ce que la postérité s’est préoccupée de moi ? Certes, un objectif tel que l’égalité entre générations remet en question les calculs de croissance à courte vue aussi bien que l’idée que le bonheur s’obtient par une mobilité ininterrompue et par l’éclairage 24 heures sur 24 de la planète entière.

C’est justement en temps de crise qu’on voit ce qui se passe, fatalement, quand une entité politique commune ne procède d’aucune idée de ce qu’elle veut vraiment être. Des sociétés qui se contentent de satisfaire leur besoin de sens par la consommation n’ont, au moment où, alors qu’elles se sont coupées de la possibilité d’acquérir une identité du sens et un sentiment de ce qu’est le bonheur quand l’économie fonctionnait encore, plus de filet pour retarder leur chute. Cela tombe au moment où les experts n’ont aucun plan à proposer. Peut-être leur vol à l’aveuglette est-il le signe d’une renaissance. Celle du politique.

Traduit de l’allemand par Nicolas Weill

© Harald Welzer

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Si la révolte venait, la verrions-nous venir?

avril 15, 2009 · Laisser un commentaire

http://www.dedefensa.org/article-si_la_revolte_venait_la_verrions-nous_venir_11_04_2009.html

11 avril 2009 — La chanteuse Kathy Sanborn propose l’expression “Depression Fury”. Désignée par certains comme “the American Enya”, elle est la fondatrice du genre Organic Protest Music. («People ask me how to describe Organic Protest Music. It’s authentic. Organic Protest Music has a lot of heart and soul, and the lyrics are about important topics like peace and social conscience.») Très peace & love et new age, Sanborn annonce-t-elle un renouveau d’une musique populaire engagée comme il y eut, sur un mode pathétique et tragique, lors de la Grande Dépression, – racine incontestable du protest song désespéré?

Son texte parle donc du désespoir des Américains, de leur rage et de leur fureur, sur CounterPunch le 8 avril 2009. Ce n’est pas une opportunité des temps commerciaux, il y a de la réalité derrière tout cela. Sanborn s’est documentée, outre d’offrir une évolution intéressante du langage.

«Recent news accounts of people who have gone berserk after losing their jobs highlight the fact that a new phenomenon has developed. Some call it “recession rage,” as if we were experiencing just a simple economic downturn that is sure to fade away just as quickly as it arrived. Instead, I call the newfangled phenomenon, “Depression Fury,” due to the inescapable conclusion that we have crossed over into the true face of Depression: widespread shantytowns, massive unemployment, and extreme public anger and hopelessness – with no foreseeable end in sight. […]

«If there were ever any doubt that we have a bona fide depression on our hands, that uncertainty has evaporated. Says Money and Markets’ Martin D. Weiss, PhD, “We are already in a depression. Based on the government’s own admission, we have high, double-digit unemployment. That clinches it.” Reports Weiss, “Even the government’s broadest measure of unemployment — now at 15.6 percent — is grossly understated.” Weiss insists the true unemployment numbers are shockingly high: 19.8%!

»During the Great Depression, unemployment numbers were at least 25%, and we are rapidly approaching that point. History reminds us that people who lose their jobs, savings, and investments literally jump out of windows. As much as we don’t like to imagine such desperation, it happens; and we may see more people “losing it” as the depression sinks us all into a deeper morass.»

Sanborn s’attache à détailler les appréciations statistiques du “désespoir économique” qui commence à s’installer aux USA, avec des effets dans les domaines du suicide, des crimes, des actes de violence gratuite suscités par des psychologies déséquilibrées et pressées par les conditions sociales. Sanborn conclut: «From where I sit, “Depression Fury” has only just begun. Let’s hope that the country can pull itself out of the economic quagmire before more people with nothing to lose decide to take out their economic frustrations on innocent victims – or themselves.»

L’idée du désordre psychologique, avec des effets de violence sociale commence en effet à toucher l’évaluation générale. Le 10 avril 2009, le Times de Londres publie un texte sur les tueries aux USA, qui se multiplient, – actes de désespoir, de folie, de fureur, etc. «The US economic crisis and soaring job losses have brought a rash of killings across America with at least 58 fatalities in eight incidents over the past month.»

Les sociologues et autres criminologues, l’air grave et la calculette en bataille, enfoncent quelques portes ouvertes pour vous annoncer que la recrudescence de ces événements est liée à la crise. Surprise, surprise, – mais quand cela est dit avec un diplôme au bout de la plume, cela prend aussitôt du poids.

«While detailed statistics on such tragedies have begun to be kept only in recent years, experts note an emerging pattern. Kristen Rand, legislative director for the Washington-based Violence Policy Centre, said that in most so-called murder-suicides, particularly in the “family annihilator scenarios”, there was “clear, significant involvement of financial pressure”. “And there has clearly been an increase since the economic down-turn,” she added.

»Mark Safarik, a former FBI profiler, is also startled at the number of deaths. “Boy, this is a lot,” he said. He noted that most people who commited such crimes shared the presence of a single catastrophic event, or trigger. “It’s the . . . perfect storm of someone’s last shot at something. For them there’s just no other way out. Or if there’s another way out, they don’t choose it, because they’re going to punish somebody,” Mr Safarik said. He added: “I think that people that are on the edge, that are contemplating such tragic events, sometimes all it takes is that being highlighted in the media for them to go, ‘You know, I could do something like that. I’m that angry’.”

La comparaison avec la Grande Dépression est omniprésente dans les analyses des auteurs US. C’est effectivement sur cette référence que Kathy Sanborn appuie son argument, mais l’on constate qu’elle trouve dans les études scientifiques, également, cette même référence des années 1930. La complainte est toujours la même et il s’agit, là encore, d’enfoncer des portes ouvertes, les résultats des enquêtes scientifiques confirmant les jugements de bon sens; les portes ouvertes rencontrent le bon sens.

«In 1933, people had suffered just about as much as they could bear. Cleveland.com: “At the height of the Great Depression, thousands took to the streets . . . to protest an eviction, sometimes violently. Now, 75 years later, many of the Depression-era woes that spawned the demonstration have returned. History is repeating itself, but this time with barely a whimper.” So far, I might add.

»According to the U.S. Department of Justice, serious violent crime levels have declined since 1993, and “homicide rates recently declined to levels last seen in the mid-1960s.” If violent crime has been waning over time, not so for other types of criminal behavior. In a 2008 NPR interview, San Diego Police Chief Bill Lansdowne explained the crime trends in his city: “Domestic violence, alcohol-related crime, white-collar crime is starting to increase. Identity theft, mortgage fraud, senior abuse, too — people taking advantage of seniors, trying to get to their money.”

»Can we expect more violent crime as the economy continues to plummet? Unfortunately, the answer may be yes. In a journal article, “A Comparison of Changes in Police and General Homicides: 1930–1998,” by Kaminski and Marvell, the authors state: “The researchers pointed out that the harder the economic times and the greater the economic uncertainty, the higher the murder rates were for both police officers and the general public. Following that trend, the highest police homicide rate was in the 1930s during the Great Depression. In contrast, when the economy was booming in 1998, the rate for police homicides was more than 80 percent lower than in 1930.”»

Rapidité de la psychologie

Tout se passe comme si l’on commençait à entrer dans le domaine des conséquences sociales d’une évolution psychologique qui a pris quelques mois, un peu plus d’un an tout au plus, à maturer. Nous serions inclinés à considérer l’hypothèse que le début des “primaires”, en janvier 2008, notamment avec l’affirmation inattendue de Barack Obama dès la première d’entre elles, sur le thème de “l’insécurité éonomique” avec l’implicite mise en cause du système qui l’accompagnait, représente le départ de cette évolution psychologique. Nous en parlions le 4 janvier 2008. La même tension n’a pas été soutenue dans les mois qui suivirent. Sur le terme, les événements ont confirmé cette première tendance, avec une fureur et une puissance extraordinaire à partir du 15 septembre 2008, avec Obama effectivement élu par la crise, avec un enchaînement du désespoir devant les événements de la crise de septembre et d’enthousiasme, sur la fin de la campagne électorale, pour le candidat démocrate considéré comme un “sauveur” . L’on imagine aisément l’effet sur les psychologies US de cet enchaînement d’événements déstabilisants, voire déstructurants.

Le résultat serait cette rapide maturation qu’on observe. Le laps de temps est très rapide entre la réalisation de la crise et les effets sociaux qu’on commence à constater, – outre les événements sociaux eux-mêmes, comme les “tent cities” , équivalent des Hoovervilles apparues à partir de 1931. Il importe en effet de distinguer la “réalisation” de la crise qui se fait par la communication et des événements cathartiques, et les effets réels qui se font sentir avec cette “réalisation” mais ne sont pas identifiés comme tels. La crise comme événement psychologique, dans ses effets sur la psychologie, intégrant les événements économiques qui la précèdent autant que la publicité qui en est faite par la communication, cette crise-là commence en janvier 2008, s’affirme dramatiquement à partir de septembre, avec des alternances d’enthousiasme comme en octobre-novembre 2008, et ses effets sociaux apparaissent d’une façon significative au début 2009. On peut donc dire que la crise psychologique qui accompagne la crise économique a mis au plus un an pour se manifester socialement. (Là aussi, il faut se fier à la perception, venue de divers facteurs dont l’évaluation sociologique: c’est à partir de janvier 2009 qu’on identifie des événements de violence sociale liés à la crise.) C’est très rapide, par exemple par rapport à la Grande Dépression où l’événement cathartique de départ est pour la psychologie le Grand Crash d’octobre 1929, tandis que les effets sociaux de la crise psychologique n’apparaissent qu’à l’hiver 1931-1932.

Cette rapidité n’a aucune raison de cesser. Il existe bien entendu une dynamique de la crise qui se décompte en nombre d’emplois perdus et se fixe dans des effets constamment aggravants pour la psychologie. L’establishment lutte contre la crise à sa façon, qui n’est pas nécessairement bénéfique face à cet effet de contagion de la déstructuration de la psychologie. Pour poursuivre la comparaison avec la Grande Dépression, on observe qu’il existe également un effet de contraction au niveau des événements de destruction, qui conduit la direction US à lutter parallèlement contre la crise financière et la crise économique. On connaît déjà l’effet de cette lutte parallèle, avec la disproportion grotesque entre l’aide apportée à ceux qui sont les responsables de la crise (l’“industrie financière”), immédiate, instantanée, sans aucune condition restrictive sérieuse et sans aucune demande sérieuse de changement et d’autolimitation, et l’aide apportée aux victimes de la crise économique, beaucoup plus tardive, beaucoup plus lente et entravée par divers obstacles érigés pour l’occasion ou mécaniquement présents. En 1933, à l’arrivée de Roosevelt, la lutte en faveur des victimes de l’économie fut la priorité absolue. Quelle que soit son efficacité économique, cet événement eut un effet psychologique prodigieux, stoppant net la dégradation qui était devenue vertigineuse à l’hiver 1932-1933.

L’énigme fondamentale de cette crise aux USA, – la crise financière et économique, sans se référer aux autres courants de crise, très nombreux, – réside dans ce point central de l’évolution de la psychologie collective. Si sa dynamique d’aggravation se poursuit, des accidents majeurs sont possibles, dont on ne peut prédire quelle forme ils auront; il pourrait même s’agir d’une déstructuration souterraine du fragile tissu social, rendant la collectivité US de plus en plus vulnérable. L’éventuelle amélioration de la situation économique qui est déjà annoncée, y compris par le biais de campagnes quasi automatiques du système, comme à l’habitude, de virtualisation de la situation, par “mésinformation”, désinformation, etc., n’améliorera pas nécessairement cette situation. Il peut se créer un phénomène parallèle et antagoniste de contraction de la crise et d’élargissement du malaise, créant un sentiment encore plus fort de rupture de solidarité de la population avec le système: contraction de la crise financière et, éventuellement, de la crise économique au bout d’un certain temps, élargissement des effets au niveau des citoyens, avec les conséquences au niveau psychologique. Le fait que le sentiment (plus que l’“opinion”, nous semble-t-il) des citoyens US vis-à-vis du binôme antagoniste capitalisme-socialisme soit si peu conforme à l’habituelle sanctification du système capitaliste est à notre sens l’effet du malaise psychologique qui frappe la population.

La question qui se pose est de savoir si cette évolution, qui se fait sous nos yeux avec l’étrange privilège qui nous est donné de pouvoir la mesurer, constitue ou non une réponse à cette autre question : “Se révolteront-ils” ?.

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Wellcome

avril 10, 2009 · Laisser un commentaire

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Projections…après la hausse printemps été, voila la 3ème vague

avril 5, 2009 · 2 commentaires

http://img5.hostingpics.net/pics/245698CACavril2009.jpg

Le Principe des Vagues d’Elliott

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_vagues_d%E2%80%99Elliott

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Globalisation is good…G20 is historical…Obama is god…Globalisation is good…G20 is successfull…

avril 3, 2009 · Laisser un commentaire

La messe est finie, tout va pour le mieux, la crise est terminée. Peu de voix discordantes à cette soupe que l’on nous sert depuis 2 jours.

Et pourtant.

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Actually, those G20 protesters do have a point

Behind the anti-capitalist ranting lie genuine popular concerns about globalisation that world leaders are simply ignoring

In Seattle ten years ago a friend of mine was running the gauntlet of protesters outside the world trade talks when he was accosted by an overweight lady dressed as a giant turtle. She was ranting so loudly against capitalism and globalisation that at first she didn’t hear him say: “I’m representing you.”

Eventually extricating himself from her scaly clutches, he explained that he was a lawyer negotiating an international agreement to stop shrimp nets catching turtles. She gaped, unable to comprehend that a guy in a suit might be on her side.

The G20 protests this week have been similarly confused. Want to help the poor? Capitalism has lifted millions more out of poverty than any aid programme. Want to save the planet? Emissions trading solved the problem of acid rain in America and offers more hope for the climate than vague pleas to “keep fossil fuels in the ground”. My friend in Seattle was James Cameron, who later helped to invent the European carbon market. It is nonsense to bracket him with “evil” bankers, just as it was nonsense to picket the Climate Exchange in Bishopsgate.

Yet some of the debate inside the summit has been almost as shallow. In the jumble of rage outside there are valid concerns that need to be addressed. The anger is real, the fear is real, and felt by many who did not descend on the City. The politicians who brandished their trillion-dollar deal yesterday are too complacent about this anger. Some of their slogans can seem almost as simplistic as those of the protesters.

The first is that “globalisation is good”. This is understandable, after a decade in which China exported both deflation and cheap goods to Western economies. Globalisation has created opportunities for many, but it has also damaged others. For 30 years, the wages of American workers rose as they became more productive. That era is over. Blue collar wages have stagnated since 2001, partly because jobs have been moved offshore. The rich have got richer but the middle class is working harder to stand still: in Europe, average real disposable incomes hardly rose between 1997 and 2007. This was masked by housing booms that gave the illusion of wealth. Now the bubble has burst, politicians must acknowledge the immense social strains that globalisation brings.

A related slogan, and a big theme of the G20 communiqué, is “freer trade”. The recession has hit exporting countries even harder than banking countries: Japan’s trade has dropped by 40 per cent in the past year and Brazil’s by a quarter. I have often made the argument for free trade, but I’m starting to wonder if this is intellectually lazy.

The theory of comparative advantage, which has underpinned trade for 200 years, is fraying. The argument was that everyone would gain because emerging economies would take over low-wage jobs and rich countries would gain new markets for high-end services. But India is already better at high-end technology than the West, and is filing an increasing number of patent applications. Western politicians make glib statements about the need to improve education. But the globalisation of innovation should shake them to the core. That’s why many G20 countries talk up trade while implementing protectionism.

A third slogan is that “growth is good”, and that more growth will help nations to bear the costs of eliminating pollution. But many ordinary people who read about the mass extinction of species, the unprecedented loss of forests and climate change, are starting to ask whether GDP growth always equals improvement. They wonder whether there could come a time when the environmental costs of growth outweigh the social and economic benefits. This is a question that politicians can’t even afford to acknowledge, because they survive by selling growth to their electorates. The summit yesterday did nothing to move the world towards action on climate change.

To be fair, the main aim of the summit was to prevent global recession turning into depression. The trillion-dollar package seems to have boosted the confidence of world stock markets. New money for the IMF will help Eastern European countries whose woes were haunting Western Europe and threatening to become a calamity. The $250 billion of export credits may do a little to help to unfreeze trade finance.

There was no harm in repeating that countries are already implementing a substantial £5 trillion fiscal stimulus – the failure of Britain and the US to persuade other countries to implement further fiscal stimulus may improve sentiment in markets that have become concerned about deficits.

Yet the summit did not attempt to resolve the fundamental problem of trade imbalances that, arguably, did more than bankers to create the bubble. Since the 1990s China has run a huge trade surplus, allowing the US to spend way beyond its means and to live on cheap credit. America and China were in what alcoholics call a “co-dependent” relationship, with America importing more than it exports and China recycling some of the profits back to America as cheap credit, enabling consumers to keep on bingeing. The truth is that developing nations with surpluses need to spend more and save less, and Western nations with deficits need to spend less and save more. But this was apparently too complicated, too diplomatically tricky, to address round the table.

Those trade imbalances were one hidden issue at the summit. The others were the profound concerns about growth and globalisation increasingly on the minds of national electorates. These are long-term questions, that the G20 had neither time nor bandwidth to tackle. But they require attention, as the gulf between leaders and voters grows. The protesters’ main achievement this week is to have shifted loathing from bankers to themselves. It is a shame that they could not articulate their concerns with something more than senseless slogans.

http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/columnists/camilla_cavendish/article6024674.ece

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