Comment détruire des pays par l’Amour et la Tolérance
juin 14, 2009 · Un commentaire
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Populistes contre Elitistes ?
juin 9, 2009 · 10 commentaires
Les recentes elections européennes ont permis à nos valeureux journalistes de nous ressortir la menace de l’extreme droite.
Sauf que, à travers toutes l’europe, ces partis aux programmes differents (qui se rejoignent essentiellement sur l’arrêt de l’immigration de peuplement, la reindustrialisation de l’Europe et la fin de la course a la finançiarisation des economies européennes) sont parfois difficiles à amalgamer. Hors les courageux journalistes aiment l’amalgame, la simplification, la reduction, pour le bien du peuple qu’ils eduquent et informent.
Ainsi réapparait le mot populiste.
Definition :
Le populisme met en accusation les élites ou des petits groupes d’intérêt particulier de la société. Parce qu’ils détiennent un pouvoir, le populisme leur attribue la responsabilité des maux de la société : ces groupes chercheraient la satisfaction de leurs intérêts propres et trahiraient les intérêts de la plus grande partie de la population.
Donc le populisme a tort. Les elites et les groupes d’interets particuliers ne dirigent pas nos sociétés, selon nos audacieux journalistes.
Pour leur clouer le bec, utilisons nous aussi le Verbe. Populistes Vs Elitistes.
L’élitisme en France est l’attitude favorisant la formation d’une élite et l’accession des individus jugés comme étant les meilleurs aux postes de responsabilité en France. Il s’agit en ce sens d’une valeur républicaine qui se résume bien par devise révolutionnaire : La carrière ouverte aux talents, par opposition à une restriction par la naissance ; il fallait par exemple un certain nombre de quartiers de noblesse pour pouvoir être capitaine de corvette.
Les populistes (le PVV de Geert Wilders aux Pays-Bas, Philippe de Villiers en France, le parti du président Lech Kaczysnki en Pologne ou encore, en dehors de l’UE, l’UDCSuisse) . en
Les Elitistes : en France : UMP, PS, NPA, Europe Ecologie, Modem etc.
Sachons employer les arguments de l’adversaire.
Pour les gourmets, interview de JC Camus au lendemain des Européennes sur LCI :
Jean-Yves Camus est chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques. Il travaille notamment sur les extrémismes.
LCI.fr : Qui sont ces partis populistes et d’extrême droite qui ont réalisé de bons scores aux Européennes ?
Jean-Yves Camus : Tout d’abord, il faut bien différencier les partis populistes et eurosceptiques des partis d’extrême droite proprement dit. On les assimile trop souvent, à tort, au point de créer la confusion.
La science politique distingue ainsi trois vagues de partis d’extrême droite en Europe après 1945 -le FN fait partie de la 3e. J’en ajoute désormais une 4e, celle des “droites radicalisées, xénophobes et populistes”. Ce sont des mouvements issus de la droite démocratique et qui en font toujours partie. Ils ont simplement adopté un agenda plus dur sur les questions d’immigration, de multiculturalisme et d’identité nationale, avec un point commun : une défiance vis-à-vis de l’islam. On peut par exemple intégrer dans cette mouvance le PVV de Geert Wilders aux Pays-Bas, Philippe de Villiers en France, le parti du président Lech Kaczysnki en Pologne ou encore, en dehors de l’UE, l’UDC en Suisse.
Mais ces partis n’ont rien en commun avec des formations d’extrême droite pure et dure comme le British national party, néo-fasciste, antisémite et négationniste. C’est donc méconnaître le sujet de les classer dans la même catégorie et même contreproductif. L’exemple Geerts Wilders montre bien que les thématiques xénophobes peuvent prendre racine à l’intérieur des droites démocratiques.
“Abstention, conjoncture nationale, Turquie“
LCI.fr : Comment expliquer cette percée, soit des partis populistes, soit de l’extrêmedroite ?
J.-Y. C. : Il y a plusieurs raisons. Tout d’abord, en Europe centrale et orientale, par un taux de participation extrêmement faible. Dans cette région, l’enjeu des Européennes est secondaire. Or l’abstention massive facilite l’expression des extrémismes politiques et des eurosceptiques, qui sont toujours très mobilisés. Ensuite, par des conjonctures proprement nationales : en Hongrie, par exemple, la coalition de gauche au pouvoir est totalement discréditée, au point que le Premier ministre a été contraint de démissionner.
Il y a également eu des incertitudes sur le contenu même de la géographie de l’Europe : doit-elle englober ou exclure la Turquie ? Le sujet a été mis en avant par Geert Wilders, par la Ligue du Nord en Italie ou par le parti Ataka en Bulgarie, voisine de la Turquie. Il a fortement mobilisé. De son côté, si la question des flux migratoires a été secondaire en France, elle a revanche été très importante sous la forme du multiculturalisme. Silvio Berlusconi a ainsi affirmé que l’Italie n’était pas multiculturelle.
Enfin, il y a un réel problème de légitimité des instances européennes. Les citoyens estiment que la Commission européenne, non élue au suffrage universel, a trop de pouvoirs par rapport au Parlement. De même, le fait que le Parti populaire européen et le Parti socialiste européen trouvent très souvent des accords sur la plupart des sujets donne l’impression que le système est totalement verrouillé. Il y a sans doute eu une volonté de le faire tanguer. Malgré tout, les populistes et l’extrême droite, tout comme les altermondialistes et eurosceptiques de gauche, resteront marginaux dans le nouveau Parlement.
LCI.fr : Généralement, la crise économique profite également aux extrêmes
J.-Y. C. : Tout à fait. Mais paradoxalement, sur ce point précis, la crise a incité les Européens à favoriser les partis de gouvernement. On sait que l’on est installé durablement dans la crise. Et plutôt que voter pour des partis qui rejettent le système dans son ensemble et n’ont guère de chances de parvenir au pouvoir, on mise sur les capacités des gouvernements en place de trouver des solutions pratiques et concrètes. Et peu importe si la crédibilité de ces solutions est sujette à caution. Comme le modèle social-démocrate en crise, y compris auprès des classes populaires qui étaient traditionnellement favorables aux socialistes, les électeurs ont donc fait confiance, dans la majorité des pays, à des partis de droite.
“Scores durables en Europe de l’Est”
LCI.fr : Les droites populistes et l’extrême droite peuvent-elles rééditer leurs bons scores lors de futures élections nationales ?
J.-Y. C. : En Europe de l’Est, ce ne sera pas uniforme. En Pologne, l’extrême droite semble définitivement marginalisée. Mais ailleurs, c’est probable en raison du manque de confiance dans les élites et de la corruption. En outre, l’intégration dans l’UE rend ces pays d’Europe centrale et orientale plus sensibles à la crise des pays de l’Ouest. Auparavant, sous le système soviétique, ils étaient épargnés. Il peut donc y avoir un sentiment de nostalgie. Mais comme il n’y a plus d’extrême gauche, voire de gauche, dans ces pays, le mécontentement s’exprime dans le populisme.
LCI.fr : Et en Europe de l’Ouest ?
J.-Y. C. : Aux Pays-Bas, Geert Wilders devrait rééditer sa performance. Pour le BNP, en raison du mode de scrutin au Royaume-Uni (ndlr : scrutin uninonimal majoritaire à un tour), ce sera très difficile. Les électeurs privilégieront le vote utile. Les seules élections où il peut percer, ce sont l’équivalent des municipales et les Européennes.
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La France va indemniser les victimes de l’immigration de peuplement
mai 28, 2009 · 2 commentaires
Treize ans après leur arrêt définitif, la France est prête à indemniser les victimes des essais de peuplement.
En avril 2018, Paris ratifiait finalement le Traité d’interdiction complète de l’immigration de peuplement. Mais pendant 36 ans, la France aura accepté sur son territoire la venue de 19 millions d’immigrants.
Aujourd’hui le ministre français de la Défense, Hervé Korin, a confirmé que le plan sera doté d’une première enveloppe de 900 millions d’euros pour 2018 : “Il concernera à la fois les personnels civils et militaires de la Défense, ainsi que les entreprises présentes sur les sites, mais aussi les populations civiles concernées, notamment celle qui vivait a proximité des quartiers sensibles.”
Les indemnités s’adressent aux 20 50 000 civils et militaires qui ont travaillé et vecu dans les 210 quartiers sensibles et aussi aux populations vivant près de ces sites.
Le projet de loi prévoit d’indemniser toutes les victimes ayant subie une agression, des menaces, des vols et violences recensées par l’UnscaAAer, un comité scientifique de l’ONU.
En métropole, les essais ont eu lieu dans l’ensemble du pays.
Depuis longtemps les populations locales réclament des indemnisations:
“Notre environnement n’est plus sain dit ce marseillais, beaucoup de gens sont morts, notre santé s’est détériorée, nous avons droit à des compensations. “
La relance surprise des essais d’immigration par le président Sarmosi en 2015, après un moratoire de trois ans décrété par Luc Masse avait suscité un véritable tollé mondial, avant leur arrêt définitif.
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Filer à l’anglaise : exode massif de Grande Bretagne
mai 28, 2009 · Laisser un commentaire
Mass exodus from UK
Friday, May 15, 2009
Catherine Deshayes
New research has found that a whopping 11 million Brits are thinking of taking a job overseas within the next two years – a significant dent in the population – and a fifth of those would choose a new life down under…
Britain is experiencing the greatest exodus of its own nationals in recent history while immigration is at unprecedented levels, new figures show.
In 2007, 207,000 British citizens – one every three minutes – left the country and currency specialist Foreign Currency Direct has revealed that one in four working Brits are now looking to leave the country for sunnier climes and better job opportunities.
More British live abroad than any other nationality and the levels of emigration are now the same as those seen in the late-1950s when the £10 Poms left for Australia.
An increase in tax levelled at high wage earners coupled with rising UK unemployment is thought to be partly behind the mass exodus.
The research found that men are almost twice as likely as women to opt for a job overseas and moving abroad was most popular with Brits aged between 18 and 30 and also those in the 51 to 60 age bracket, perhaps seeking a better lifestyle for their retirement.
With the number of unemployed in Birmingham higher than in any other major UK city, people living in the Midlands are subsequently the most likely to look for a job overseas – 17 per cent of them compared to just 13 per cent in Wales and the South West.
The majority of people planned to head for a country with a warmer climate, more days of sunshine and those that were English speaking.A fifth of people named Australia as their top choice; one in six selected the USA and one in ten chose New Zealand. Canada was also a popular choice.
Peter S. Ellis, Chief Executive of Foreign Currency Direct, said, “As people struggle to find jobs, it is no wonder that Brits are considering bailing out the UK.
“In the last year, Foreign Currency Direct has seen an 37 per cent increase in the number of clients transferring funds to Australia and the USA as Britons look overseas for a better quality of life.”
Love note – not only could you enjoy a better lifestyle in Australia, but your relationship could be happier too – divorce rates are just 40 per cent in Australia compared to 70 per cent in the UK.
Deux raisons sont données : les taxes et le chomage. Mais l’hauteur du texte le dit lui même, ce ne serait que des explications partielles.
La raison principale : le white flight.
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La croissance pour tous est une illusion : La tiers-mondisation de la planète est en marche.
mai 4, 2009 · 11 commentaires
La croissance est devenue l’Arlésienne qui alimente toutes les conversations, des couloirs du pouvoir aux cafés du commerce… Faut-il y croire? Sera-t-elle en V W ou L? Tous les Diafoirus de l’économie se penchent sur la moribonde et préconisent des remèdes de cheval. Quant aux sans-voix-au-chapitre, ils se consolent en imaginant qu’«avec la crise l’égalité sociale a fait un grand bond, car tout le monde devient plus pauvre !» (F. Ménager). Ils n’ont pas complètement tort. La croissance subit en fait une mutation inhérente à la globalisation dont M. Chossudovsky avait déjà identifié la nature en 2003: la tiers-mondisation de toute la planète.
Le mythe du progrès universel nous rend aveugle
A nos yeux, le progrès universel, mesuré par la croissance des richesses et le transfert des connaissances et des technologies, est le primum movens du bien-être des sociétés. Ainsi avons-nous converti les pays sous-développés en pays en voie de développement (PVD) grâce à un simple coup de baguette idéologique. La vision néolibérale, qui ne voit pas de tiers-monde dès lors que tout le monde serait soumis aux mêmes règles, a contribué à masquer cette tiers-mondisation.
De même que nous avons été incapables d’anticiper le démantèlement du bloc communiste, nous n’avons pas vu venir le double mécanisme d’une tiers-mondisation des pays développés et d’une renaissance du Tiers Monde. Les tierces nations réécrivent l’Histoire sur de nouvelles fondations économiques. Certaines vont même jusqu’à recoloniser les terres d’Afrique et exploiter leurs matières premières ! On peut lors comprendre le sanglot de l’Homme Blanc face à cette redistribution brutale des cartes en pleine crise mondiale. La remarque de M. Merle — «notre désarroi vient précisément de ce que les valeurs que nous avons exportées nous sont aujourd’hui renvoyées en pièces détachées» — n’a jamais été autant d’actualité.
La Tiers-mondisation est une seule et même logique à l’œuvre, à tous les niveaux, dans le monde actuel tout entier
Le concept de Tiers Monde, créé par Alfred Sauvy en 1952, ne peut plus se réduire aux stéréotypes d’un militantisme datant des années soixante. En 1989, Sauvy lui-même remit en question sa limitation aux pays les plus pauvres, parce qu’«elle fait oublier la diversité croissante des cas». Zweyacker souligne que «Le développement n’est pas [uniquement] un problème du Tiers Monde [...] Il s’agit d’une seule et même logique à l’œuvre, à tous les niveaux, dans le monde actuel tout entier… ».
Coincés dans des modèles de l’après guerre, les pays du Nord se tiers-mondisent lentement. Le marché financier n’est plus en phase avec les réalités industrielles et la crise aggrave la dissociation entre développement économique et réformation du tissu social. Ce n’est pas là un simple mal fonctionnement, ni une extension du Quart Monde, car il y a paupérisation du système social dans son entier. Ce n’est pas là non plus l’effet transitoire d’une restructuration qui permettrait au Nord de mieux profiter des lendemains qui chantent.
Le Tiers Monde, lui, se développe sur le mode occidental dont il est encore l’otage. Cela induit des bénéfices secondaires, mais seulement pour une fraction de sa population. Les pays du Tiers Monde vont continuer à se tiers-mondiser en raison de la dégradation de la solidarité traditionnelle, de l’urbanisation et son corollaire la désagrégation du tissu rural, la concurrence entre PVD, l’exacerbation des tensions ethniques et religieuses, et la surpollution de l’environnement.
La tiers-mondisation est en marche
Pour s’en rendre compte, il suffit d’analyser la situation des pays occidentaux à l’aune des critères qui définissent le concept de Tiers Monde.
1. La dépendance économique
Des analystes n’hésitent plus à taxer les Etats-Unis de « pays en voie de tiers-mondisation ». Ils sont l’une des nations les plus endettées et sa dette ne fait que s’aggraver à cause du déficit budgétaire. En 2008, elle représentait 360% du PIB. Depuis presque vingt ans, leur balance commerciale est déficitaire.
La Russie s’est profondément tiers-mondisée. Zacharie notait qu’en une décennie, la Russie a connu tous les déboires politico-financiers qu’avait connus le Tiers Monde avant elle». Le PIB russe ne vaut plus que 59% de sa valeur au moment de la chute du Mur de Berlin. L’ex-seconde puissance mondiale est criblée de dettes et le seuil de pauvreté atteindrait 90% de la population.
2. La rupture sociale et son corollaire l’inégalité
Nous assistons à la tiers-mondisation de la classe moyenne au Nord. Ceci est d’autant plus préoccupant que de sa confiance dans l’économie et dans les politiques, dépendent son engagement et la réalisation des objectifs de croissance.
Victime de la dernière récession, elle s’est paupérisée et continue de s’appauvrir. Sa précarisation s’est installée au cours du processus de globalisation qui a entraîné de nombreuses restructurations et délocalisations. Elle est surendettée et ne peut plus maintenir son train de vie antérieur, voire payer ses impôts et ses emprunts immobiliers. Elle n’incarne plus la prospérité, mais la crise. Le Professeur Thayer envisage le pire: «Je suis assez vieux pour me souvenir du temps où les rues étaient pleines d’infirmes [...] qui n’avaient pas d’autre choix que de mendier auprès des passants, qui eux-mêmes n’avaient pas grand-chose. Ce monde là est de retour».
L’économiste P. Roberts se pose la même question: «Est-ce que l’Amérique sera devenu un Tiers Monde dans 20 ans?». F. Wooldridge rapporte les propos d’un ami Indien: « Vous, les Américains, vous avez vécu de façon artificielle [...] Il est temps que vous reveniez au niveau de pauvreté des pays du Tiers Monde ». Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner si la classe moyenne est en train de devenir anti-mondialiste! Ce d’autant que le marché du travail au Nord est en voie de tiers-mondisation en capitalisant sur l’exploitation d’une immigration illégale.
Le sentiment d’insécurité dans les mégapoles est la chose la mieux partagée du Nord au Sud. «Lorsque le concept de Tiers Monde s’est imposé, les abysses étaient au pied des murailles de l’hémisphère nord [...] Aujourd’hui, on s’aperçoit que les abysses sont aussi sous les fondations du Nord : l’Est a déjà sombré, l’Ouest perd ses repères et ses certitudes [...], en même temps qu’il découvre un Sud dans ses banlieues et ses downtowns.»
3. L’insuffisance, la détérioration, le défaut de maintenance des infrastructures
Depuis des décennies, le Nord a gravement négligé ses infrastructures et nombre d’entre elles sont dans un état de délabrement avancé. Le coût de la réhabilitation est tel qu’on se demande s’il sera possible d’améliorer la situation.
Aux Etats-Unis, leur financement est tombé en dessous de 2% du PNB, moins qu’en 1950 ! Les travaux essentiels à la prévention des catastrophes naturelles ne sont pas toujours entrepris. Ainsi, 3.500 barrages sont autant d’épées de Damoclès.
375.000 kilomètres de routes sont en mauvais état. New York devrait investir au moins 9 milliards de dollars dans les cinq ans pour gérer la détérioration de la voie publique et surtout de ses ponts. Le transport routier va augmenter de 57% d’ici à l’an 2020 et l’import-export va croître de 100% en tonnage. Les autoroutes qui assurent déjà 78% du tonnage national, ne seront donc pas capables d’absorber cette surcharge.
Le transport du fret maritime est arrivé à saturation. Les ports de New York et du New Jersey qui devraient augmenter leur capacité d’accueil, s’ils veulent faire face au doublement du volume des importations à l’horizon 2025, n’en font rien.
L’accès à l’eau potable est un marqueur de développement. En Amérique du Nord, les systèmes de distribution présentent un risque sanitaire non négligeable. Les tuyaux d’eau sont vieux, fragiles et contaminés. On estime qu’il faudrait 11 milliards de dollars pour les remplacer, alors que les crédits ne sont que de 850 millions.
Comme dans le Tiers Monde, de graves incidents ne sont plus rares. En 2003, une panne gigantesque avait laissé 50 millions de personnes sans électricité dans l’Ontario et huit états américains.
Désormais les accidents de chemin de fer sont plus meurtriers en Grande-Bretagne qu’en Inde.
4. La fragilité et l’inefficacité des services publics
- Dans le domaine de la santé
Les systèmes de santé au Nord se sont dégradés à un point tel que des malades, ne pouvant plus payer leurs factures ou exaspérés d’attendre en vain plusieurs mois pour se faire opérer, vont se faire soigner dans le Tiers Monde. En 2005, ce «tourisme médical» a présenté une croissance de 40 milliards de dollars.
Aux Etats-Unis, pays qui est toujours à la pointe de la recherche médicale mondiale, l’augmentation des primes d’assurance pour les médecins et la recrudescence des plaintes en justice, font que nombre de spécialistes à «haut risques» tels les obstétriciens, les anesthésistes, les (neuro)chirurgiens, arrêtent de travailler. Ainsi, leur déficit démographique dans certains Etats n’a rien à envier au Tiers Monde. En 2005, 47% des hôpitaux souffraient d’une pénurie alarmante d’anesthésistes, les obligeant à réduire le nombre des interventions chirurgicales. En dix ans, les services d’urgence ont diminué de 14%.
En Europe, le budget de la santé publique va devenir insolvable. La proportion des personnes âgées devrait passer à près d’un tiers en 2050. Qui va payer leur prise en charge?
Au sein des pays de l’OCDE, le manque de personnel dans les hôpitaux est criant. Le recours à l’immigration d’infirmières des PVD se généralise. En Grande-Bretagne, elles représentent près de 10% des paramédicaux (2003). Près de 3.000 médecins philippins s’entraînent pour obtenir la «qualification infirmier» afin d’émigrer aux Etats-Unis. La France compte 6% de médecins issus des PVD.
On constate des signes de tiers-mondisation dans les conditions d’exercice. Les familles migrantes revendiquent de plus en plus le respect de spécificités culturelles incompatibles avec les pratiques médicales au Nord. Certaines représentations traditionnelles du Mal contestent les acquis de la santé publique. Sur la BBC, un membre du Conseil Nigérian de la Sharia déclarait que la poliomyélite était «un problème imaginaire, fabriqué de toutes pièces en Occident, [...] un complot pour nous forcer à nous soumettre à un programme diabolique [de vaccination]». Par ailleurs, on assiste à la mondialisation de virus émergents dont la liste s’allonge : VIH, SARS, grippes..
- Dans le domaine de la justice
On jauge l’évolution d’une société à sa manière de surveiller et de punir (Michel Foucault). La peine de mort est une marque de sous-développement. En 2005, les exécutions n’ont pas seulement eu lieu dans les PVD (94%), mais également aux Etats-Unis et au Japon. Le no man’s land juridique de Guantanamo a été créé par l’administration américaine. En Russie, « C’est un bond vers le tiers-monde», titrait «L’Express» en 2003, et d’ajouter: «l’arbitraire y règne, la justice y est aux ordres».
On peut parler d’une véritable tiers-mondisation de l’espace pénitentiaire. Aux Etats-Unis, «sur 9 millions de détenus libérés en 2002, plus de 1,3 million étaient porteurs de l’hépatite C [et] 137.000 étaient séropositifs». D’après un rapport du Sénat (2000), la situation est tout aussi affligeante en France. Que ce soit au Nord ou au Sud, quand on est pauvre et prisonnier, il ne reste plus qu’à se mutiner pour ne pas se suicider.
5. L’analphabétisme
L’analphabétisme est un marqueur de l’inégalité. 900 millions d’analphabètes vivent dans le Tiers Monde. Selon M. Tamim, quand le taux d’alphabétisation est proportionnel au taux de croissance économique et inversement proportionnel au taux de croissance démographique, il y a tiers-mondisation. Si on applique cette «loi», on note l’existence de poches de Tiers Monde au sein des pays les plus industrialisés et des îlots de développement dans les pays du Tiers Monde. Cela dit, on parle peu du quart des adultes et des adolescents des pays du Nord qui sont fonctionnellement analphabètes (FA), c’est-à-dire des individus qui ne comprennent pas, en le lisant ou l’écrivant, un texte simple en rapport avec leur vie quotidienne. «Ce qu’il y a de bien avec les livres, c’est qu’il y a parfois des photos fantastiques», aurait déclaré G.W. Bush. On ne s’étonnera donc pas que 23 millions d’adultes américains soient FA.
En Grande-Bretagne, 22% de la population sont FA pour un taux européen de 10%. L’analphabétisme fonctionnel affecte la sécurité publique: en 2000, aux Etats-Unis, 60% des adultes incarcérés et 85% des jeunes délinquants étaient FA. Il pose aussi un gros problème de ressources humaines pour le développement économique. The Northeast Institute (2001) a évalué qu’il en coûte des milliards de dollars par an en raison d’erreurs et d’accidents qui entravent la productivité. Pour y palier, les trois quarts des firmes listées par Fortune Magazine offrent des cours d’alphabétisation à leurs employés.
6. La défaillance des dispositifs de bonne gouvernance
Le manque de gouvernance est une critique phare des leaders du Nord à l’encontre des élites du Tiers Monde. La crise financière a révélé que de très hauts décideurs occidentaux étaient tout aussi coupables.
La corruption coûterait 3% du PNB mondial! En France, on estime qu’elle représente 15% du total des contrats passés par l’Etat et les collectivités locales. Même s’il est vrai que des lois voient le jour et des responsables sont condamnés, il existe au Nord une certaine entrave à la liberté de l’information et de la justice, paramètre indispensable pour lutter contre cette corruption endémique. Le vrai défi est de mettre fin à la dépréciation de l’Ethique au sein du monde occidental des affaires.
7. Le sous-développement technologique et scientifique
Le leadership technologique reste le privilège des pays au Nord. Le nombre de scientifiques par million d’habitants des PVD est de 10 à 30 fois inférieur à celui des pays développés. Cela dit, la recherche occidentale traverse une crise sérieuse. Elle subit les contrecoups de mises en cause économiques, politiques, éthiques, voire religieuses. Un appel, «Défendre la Science», a été lancé afin d’alerter l’opinion américaine sur les interventions des politiques visant à satisfaire l’intérêt de l’industrie en matière de santé, d’environnement et de sécurité nationale. Ce texte souligne l’importance de conserver une démarche scientifique au-delà des croyances, tel le créationnisme. Face aux défis du XXIe siècle, la recherche française, quant à elle, reste malade de son addiction au système public…
8. Une mortalité et morbidité infantiles élevées
Chaque année, 15 millions d’enfants meurent de faim, surtout en Inde et en Afrique Noire où sont recensées 40% des victimes. Loin de moi donc l’idée de comparer cette terrible tragédie des pays du Sud avec la situation au Nord. Cela dit, aux Etats-Unis, dans les années 90, 46% des enfants Afro-Américains et 40% des jeunes issus de l’immigration hispanique souffraient de la faim de façon chronique. En 2004, près de 12% des familles étaient dans un état d’insécurité alimentaire.
Aujourd’hui, un enfant sur huit va au lit le soir en ayant faim. Au Nord, la malnutrition se cache souvent derrière l’obésité, qui traduit en réalité une inflation de l’état de pauvreté. En effet, on est exposé au risque d’obésité si l’on n’a pas les moyens de manger de façon équilibrée. Un petit Américain sur quatre est obèse…
9. Une surpopulation incontrôlable
Au Nord, la surpopulation est âgée et ses conditions d’existence sont en voie de tiers-mondisation. Au Canada, 16,8 % des personnes de plus de 65 ans vivent dans la pauvreté. En France, selon La Fondation Abbé Pierre, «600.000 personnes âgées vivent avec une allocation de solidarité qui les situe sous le seuil de pauvreté». C. Robert note qu’«il y a un mouvement massif de personnes âgées allant au devant des maraudes d’aide aux sans-abri pour réclamer [...] des produits alimentaires». A terme, leur mobilité résidentielle faible va poser un énorme problème d’entretien et de salubrité du parc des logements. En effet, «être propriétaire ne protège pas de la précarité». 84% des ménages âgés pauvres sont propriétaires, mais ne peuvent pas payer les charges.
10. Le manque de démocratie
La participation démocratique est un objectif de développement en soi. Les pays au Nord échappent à l’oppression. Cela dit, «si le peuple ne prend pas la parole, s’il n’utilise pas la presse et si les gens ne se regroupent pas en associations [...], alors la démocratie sera contrôlée par les élites politiques». Au Nord, nombre de bugs «sapent le principe une personne, une voix»: la non transparence du financement politique, la faible représentativité des femmes, l’érosion syndicale, le lobbying industriel, les mises en cause de l’indépendance de la justice, la fragilité économique des médias et sa tendance à sacrifier l’information au profit du divertissement.
A la fin du siècle, à quoi ressemblera notre planète tiers-mondisée?
La planète tiers-mondisée sera un puzzle agrégeant «un tiers de riches, un tiers de classes moyennes et un tiers de pauvres». Riches et pauvres auront respectivement le même niveau de vie à Shanghai qu’à New York. Tout cela est l’affaire d’un siècle. Nos (petits) enfants vivront dans ce Tiers Monde globalisé qu’un Krishna Sauvy nommera peut-être le Cinquième Monde!
Pour les militants humanitaires, la tiers-mondisation au Nord ne doit pas faire pour autant oublier l’inégalité profonde dans les pays du Sud. Selon certains, le risque serait de succomber à une «campagne d’escamotage [...] menée [...] par les ultralibéraux — qui vise à noyer le Tiers Monde dans [...] la mondialisation où les problèmes seraient partout les mêmes, puisqu’il y a aussi bien des Nord au Sud que des Sud au Nord». Voilà. Vous êtes prévenus!
Ferdinand Thiry
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Le coup de graisse pour l’économie?
avril 30, 2009 · Laisser un commentaire
Quel serait le coût économique d’une pandémie?
En 2003, la crise du SRAS avait tué 800 personnes dans le monde, dont 349 en Chine. Si le nombre de décès était faible par rapport à la population, le virus n’en a pas moins semé le chaos sur les bourses asiatiques, qui se remettaient à peine de la crise de 1998. En moins de 12 mois, la bourse de Hong Kong a perdu 17%, celle du Japon 33%. « La région Asie Pacifique a ainsi perdu 18 milliards de dollars, soit un demi point de PIB », estime Xavier Timbeau, économiste de l’OFCE. « Si la grippe porcine devient une pandémie, cela sera catastrophique pour l’économie, qui est déjà à genoux », affirme l’économiste Kenneth Broux dans le Wall Street Journal. Or le virus a “clairement un potentiel pandémique”, a averti samedi l’OMS. Alors que le SARS avait surtout affecté l’Asie, la grippe porcine apparaît dans les économies occidentales, « celles là même qui alimentent la relance. Une pandémie serait donc un gros obstacle à la reprise de la croissance », ajoute M. Broux.
LONDON (Dow Jones)–European stocks have traded lower Monday as fears over the impact of a possible swine flu pandemic on an already weak global economy have boosted demand for traditional safe-haven assets.
“If swine flu morphs into a pandemic, it’s the last thing the world economy needs, as it’s already on its knees,” said economist Kenneth Broux at Lloyds Banking.
During times of global flu pandemics, three trends take place: equity markets fall, the dollar strengthens, and there’s a flight to quality, he said.
At 0750 GMT, the pan-European DJ Stoxx 600 index was down 1.6% at 192.64. London’s FTSE 100 index was 1.2% lower at 4105.33, Frankfurt’s DAX index was down 1.8% at 4588.19, and the CAC-40 index in Paris was 1.7% lower at 3049.56.
Unlike avian flu and Severe Acute Respiratory Syndrome (SARS) which affected mostly Asia, swine flu has been seen in mostly Western economies. “These are the economies that have been feeding stimulus in order to jump start growth. Certainly, a pandemic would dampen that stimulus,” Broux said.
The outbreak of swine flu in Mexico, the United States and Canada could have an impact on meat and feed demand. Already, three countries – China, Thailand and the Philippines – have banned the import of pork products or live swine from Mexico and the U.S, and more could follow their lead. The fear of an epidemic could hurt consumption, and indirectly hit the demand for agricultural products, such as grains and feedmeal…..
http://online.wsj.com/article/BT-CO-20090427-702821.html
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-6.1% vs +7% :Regain de tonus typiquement maniaco depressif
avril 30, 2009 · Laisser un commentaire
La situation est grave: l’économie US s’est beaucoup plus “contractée” au premier trimestre 2009 qu’il n’était prévu (6,1% au lieu d’un peu plus de 4%). La situation est prometteuse: Wall Street enregistre une hausse significative, qui traduit l’optimisme dévastateur des “investisseurs”, conduit par les prévisions prometteuses de la Federal Reserve. Tout cela se passe le même jour, pour les mêmes objets, dans les mêmes circonstances.
WSWS.org donne une analyse “de classe”, à-la-Marx, de cette différence entre la jubilation de Wall Street et la situation économique crépusculaire, agrémentée de l’explication centrale de l’aide à 100% de Washington pour la pourriture de Wall Street. Certes, l’explication existe mais elle n’est pas nouvelle. Tous les gouvernements US, y compris celui de Franklin Roosevelt, ont soutenu d’une façon ou l’autre à 100% la pourriture de Wall Street. L’habitude est pérenne, pratiquement vitale sinon virale si l’on veut, aussi solide qu’un virus de la grippe porcine. Nous préférons nous tourner, pour expliquer le phénomène actuel d’une manière plus fondamentale qui explique les élans collectifs, vers la psychologie. Qui nous en voudrait, lorsqu’on sait l’importance qu’il est de bon ton d’accorder à la psychologie dans le fonctionnement des marchés boursiers?
Pour résumer notre sentiment par une image moins innocente qu’elle n’en a l’air, nous dirions que l’épisode actuel correspond bien à une phase maniaque de l’affection générale de la maniaco-dépression qui caractérise la civilisation occidentale dans sa phase ultime, dite américaniste. Les traders et autres banquiers sont absolument épuisés par une campagne dépressive (phase dépressive) qui a duré près de six mois, avec des annonces apocalyptiques dix fois par jour, la référence constante à la Grande Dépression (le comble pour un maniaco-dépressif) et ainsi de suite. Ils ont été forcés, par la dépression justement, de tremper le bout du doigt de pied dans l’eau glaciale de l’“économie normale” et, décidément, ils ne supportent pas. La phase maniaque se marque ainsi par une affirmation péremptoire du malade de se détacher de la réalité, c’est-à-dire de cette “économie normale” qu’on l’a forcé à côtoyer et qu’il exècre. Le pool de psychiatrie commis au chevet du malade, les docteurs Geithner, Summers, Barnanke et accessoirement Obama, se trouvant devant des échéances inévitables, a obligeamment cédé à l’insistance du malade.
La direction générale du système, éventuellement élargie d’ailleurs au-delà des USA, au-delà des trois-quatre psychiatres nommés car la tendance est générale, se trouve absolument désarmée devant les événements. Elle s’est laissée convaincre que la psychologie, justement, est la clef de la crise; qu’en donnant à Wall Street un prozak chiffré quelque part entre $1.000 et $2.000 milliards, agrémenté d’une prospective robuste du docteur Bernanke, on devrait rétablir l’optimisme bouillonnant des bourses et, dans la foulée, ranimer le moral défaillant des guerriers de la consommation, – nous, vous, moi, les citoyens en général, dont le civisme se mesure désormais à la volonté de consommer. Ainsi la machine serait-elle relancée et pourrait-on se tourner vers la résolution de la crise climatique accélérée par le fonctionnement de la machine.
…Tout cela qui semble être écrit sur le ton de la plaisanterie, – à peine. Il va de soi que nous croyons fermement à ce facteur psychologique, tant pour expliquer les réactions boursières que la politique de communication des dirigeants divers et politiques. Il est possible sinon probable, c’est-à-dire certain, que nos dirigeants n’imaginent effectivement plus autre chose pour relancer la machine que cette “main invisible” de la psychologie ranimant les espérances et les ambitions en se transportant de la phase dépressive à la phase maniaque. Il s’agit, à leur niveau, d’un remède eschatologique à une crise et à une époque également eschatologiques.
http://www.dedefensa.org/article-de_l_economie_hivernale_a_la_psychologie_printaniere_30_04_2009.html
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Image : un quartier de Detroit
avril 26, 2009 · Laisser un commentaire
Chargement un peu long car image lourde : 60 maisons sur les 66 de cette rue sont à l’abandon
http://farm4.static.flickr.com/3627/3418372060_706f2ff35d_o.jpg
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Crise : le choc est à venir
avril 26, 2009 · Un commentaire
Malgré la débâcle financière et l’urgence climatique, on continue de croire que tout va comme avant. Sans comprendre qu’en réalité nous avons changé d’époque
par Harald Welzer

Peu de temps avant la banqueroute de Lehman Brothers, Josef Ackermann, le président de la Deutsche Bank, avait laissé courir le bruit que le pire était passé. Dans les semaines fiévreuses qui se sont succédé depuis, les politiques et les spécialistes se sont surpassés dans la recherche de moyens destinés à doper la consommation, comme si le capitalisme était en mouvement perpétuel et qu’il suffisait de relancer son cycle de création continue.
L’idée que, cette fois, il s’agit peut-être de plus que d’une ” crise “, n’est apparemment venue à personne. La vie suit son cours : on emprunte, on donne un tour de vis fiscal, et on espère, avec tout ça, passer le cap au plus vite. Le manque de la plus élémentaire clairvoyance de la mesure et des conséquences de la débâcle financière indique pourtant bien que ce qui est arrivé n’a pas été anticipé. Des faillites bancaires massives, des groupes d’assurances entamés, des Etats eux aussi au bord de la ruine ? Et les milliards requis pour tout ça, que sont-ils, sinon de l’argent virtuel injecté dans un système lui-même au bord de l’implosion, à cause, justement, de la nature virtuelle de ses échanges ?
Bien que la catastrophe économique déploie implacablement son cours à une allure défiant toute concurrence, frappant une branche après l’autre, le bricolage, le raboutage et le rembourrage, et les sempiternels sommets continuent à donner l’apparence que la crise est gérée. Les réactions des gens sont graves, mais pas paniquées. En dépit du lot quotidien de nouvelles horrifiques en provenance de la Global Economy, citoyennes et citoyens ne sont que modérément agités.
Notons d’abord qu’un événement, considéré comme historique par la postérité, est rarement perçu comme tel en temps réel. Rétrospectivement on s’étonne qu’un Kafka, le jour où l’Allemagne déclara la guerre à la Russie, ait seulement consigné dans son journal de façon lapidaire : ” l’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie. - Après-midi : cours de natation “. Les ondes de choc, qui parcourent nos sociétés modernes et complexes, partent d’un point d’impact catastrophique initial qui n’atteint les fonctions essentielles qu’à retardement. Il est donc plutôt exceptionnel qu’un bouleversement social soit reconnu pour ce qu’il est par ses contemporains. C’est aux historiens qu’il appartient d’en constater la réalité. Les écologistes déplorent parfois que les gens ne parviennent pas à intégrer l’idée que leur environnement se modifie.
Une étude menée sur plusieurs générations de professionnels de la pêche, en Californie, a montré que c’étaient les plus jeunes qui avaient le moins conscience du problème de la surpêche et de la disparition des espèces. De telles modifications de perception et de valeurs, analogues aux transformations environnementales, on les rencontre aussi dans la sphère sociale : que l’on pense au renversement complet des valeurs dans la société allemande à l’époque hitlérienne.
Dans cette société, les composantes non juives auraient, en 1933, trouvé complètement impensable que, quelques années plus tard seulement, et avec leur participation active, leurs concitoyens juifs se verraient non seulement spoliés, mais seraient embarqués dans des trains pour être mis à mort. Ce sont pourtant les mêmes qui regarderont, à partir de 1941, les convois de déportés partir vers l’Est, tandis qu’une partie non négligeable d’entre eux rachèteront les installations de cuisine, le mobilier et les oeuvres d’art ” aryanisés ” ; que certains prendront la gestion d’affaires ” juives ” ou habiteront des maisons dont leurs propriétaires juifs auront été expulsés. En trouvant cela tout naturel.
Que les changements de cadre de vie ainsi que de normes consensuelles se remarquent à peine, tient aussi à ce que les métamorphoses perceptibles ne concernent qu’une part souvent infime de la réalité vécue. On sous-estime de façon chronique combien le train-train quotidien, les habitudes, le maintien d’institutions, de médias, la continuité de l’approvisionnement entretiennent la croyance qu’en fait rien ne peut arriver : les bus fonctionnent, les avions décollent, les voitures restent coincées dans les embouteillages du week-end, les entreprises décorent leurs bureaux pour Noël. Autant de preuves de normalité qui viennent étayer la conviction bien enracinée que tout continue comme au bon vieux temps.
Au moment où l’histoire se produit, les hommes vivent le présent. Les catastrophes sociales, à la différence des cyclones et des tremblements de terre, ne surviennent pas sans crier gare mais, pour ce qui est de leur perception, représentent un processus quasi insensible, qui ne peut être condensé en un concept comme celui d’” effondrement ” ou de ” rupture de civilisation “, qu’a posteriori.
C’est bien connu : le savoir croît en même temps que l’ignorance ; mais jusqu’à présent nous avons, avec Karl Popper, donné à cette maxime un sens plutôt optimiste en l’interprétant comme une exigence de stabilité pour les sociétés de savoir. Or les crises qui sont en train de s’accumuler - le climat et l’environnement, l’énergie, les ressources et les finances – manifestent à l’évidence que nous devons nous battre sur de nombreux fronts dans une ignorance abyssale des conséquences de nos actes.
La déconfiture de l’expertise, où qu’elle s’applique, ne marque-t-elle pas que nous nous trouvons déjà à un ” tipping point “ point de basculement systémique, à partir duquel des tendances ne peuvent plus être corrigées ? La dernière en date nous fait remonter deux décennies en arrière : l’éclatement général que personne n’avait prévu de tout un hémisphère politique avec des effets de fond sur les configurations des Etats. Alors la marche triomphale de l’Occident paraissait scellée ; on proclama précipitamment la fin de l’histoire, mais entre-temps, la suite semble avoir montré que, dans cinquante ans, les historiens pourraient bien dater de 1989 le commencement du recul des démocraties. Ils pourraient bien diagnostiquer que l’actuelle crise financière mondiale seulement n’avait été que la nouvelle étape d’un déclin entamé depuis longtemps.
On peut, sans risque, qualifier dorénavant de changement accéléré le fait de passer en un instant d’une époque à une autre, dès lors qu’un ultralibéralisme débridé succède à un interventionnisme étatique qui met sens dessus dessous toutes les certitudes jusque-là acquises, non seulement en matière d’économie et de finance, mais aussi dans la politique du climat. Pourtant, personne n’envisage sérieusement la possibilité d’un échec total et, à cet égard, les crises financière, énergétique et climatique révèlent des affinités. On tient pour impossible un effondrement complet du système financier et économique et on se représente encore moins que la pénurie d’énergies fossiles atteigne un niveau tel, d’ici quelques années, que même dans les pays les plus riches, les plus bas revenus ne pourront plus se chauffer.
Qu’est-ce que signifie la connaissance du présent ? Les émissions de gaz à effet de serre vont s’accroître du fait de l’industrialisation globalisée, au point que la fameuse limite des deux degrés au-delà desquels les conséquences des changements climatiques deviennent incontrôlables ne sera pas tenable. En même temps, les spécialistes du climat ne nous donnent que sept ans pour changer de cap. La concurrence qui s’accroît de plus en vite autour des ressources pourrait bien dégénérer en affrontements violents pour départager vainqueurs et vaincus.
Et il n’y a aucun moyen de savoir dans quel groupe se situera l’Europe. Désormais, c’est l’avenir des générations futures que l’on va obérer, notamment par l’envol de la dette publique et la surexploitation des matières premières. Cette colonisation de l’avenir se paiera, car le sentiment d’inégalité entre générations est l’un des plus puissants catalyseurs de mutations sociales radicales. Des mutations qui ne doivent pas s’entendre en un sens positif, comme le projet de renouvellement générationnel du national-socialisme l’a montré.
Une masse débordante de problèmes dans un contexte où le manque de solutions possibles est criant conduit à ce que la psychologie sociale définit comme une ” dissonance cognitive “. Ou, pour le dire à la manière de Groucho Marx : pourquoi prendrais-je soin de la postérité ? Est-ce que la postérité s’est préoccupée de moi ? Certes, un objectif tel que l’égalité entre générations remet en question les calculs de croissance à courte vue aussi bien que l’idée que le bonheur s’obtient par une mobilité ininterrompue et par l’éclairage 24 heures sur 24 de la planète entière.
C’est justement en temps de crise qu’on voit ce qui se passe, fatalement, quand une entité politique commune ne procède d’aucune idée de ce qu’elle veut vraiment être. Des sociétés qui se contentent de satisfaire leur besoin de sens par la consommation n’ont, au moment où, alors qu’elles se sont coupées de la possibilité d’acquérir une identité du sens et un sentiment de ce qu’est le bonheur quand l’économie fonctionnait encore, plus de filet pour retarder leur chute. Cela tombe au moment où les experts n’ont aucun plan à proposer. Peut-être leur vol à l’aveuglette est-il le signe d’une renaissance. Celle du politique.
Traduit de l’allemand par Nicolas Weill
© Harald Welzer
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Si la révolte venait, la verrions-nous venir?
avril 15, 2009 · Laisser un commentaire
http://www.dedefensa.org/article-si_la_revolte_venait_la_verrions-nous_venir_11_04_2009.html
11 avril 2009 — La chanteuse Kathy Sanborn propose l’expression “Depression Fury”. Désignée par certains comme “the American Enya”, elle est la fondatrice du genre Organic Protest Music. («People ask me how to describe Organic Protest Music. It’s authentic. Organic Protest Music has a lot of heart and soul, and the lyrics are about important topics like peace and social conscience.») Très peace & love et new age, Sanborn annonce-t-elle un renouveau d’une musique populaire engagée comme il y eut, sur un mode pathétique et tragique, lors de la Grande Dépression, – racine incontestable du protest song désespéré?
Son texte parle donc du désespoir des Américains, de leur rage et de leur fureur, sur CounterPunch le 8 avril 2009. Ce n’est pas une opportunité des temps commerciaux, il y a de la réalité derrière tout cela. Sanborn s’est documentée, outre d’offrir une évolution intéressante du langage.
«Recent news accounts of people who have gone berserk after losing their jobs highlight the fact that a new phenomenon has developed. Some call it “recession rage,” as if we were experiencing just a simple economic downturn that is sure to fade away just as quickly as it arrived. Instead, I call the newfangled phenomenon, “Depression Fury,” due to the inescapable conclusion that we have crossed over into the true face of Depression: widespread shantytowns, massive unemployment, and extreme public anger and hopelessness – with no foreseeable end in sight. […]
«If there were ever any doubt that we have a bona fide depression on our hands, that uncertainty has evaporated. Says Money and Markets’ Martin D. Weiss, PhD, “We are already in a depression. Based on the government’s own admission, we have high, double-digit unemployment. That clinches it.” Reports Weiss, “Even the government’s broadest measure of unemployment — now at 15.6 percent — is grossly understated.” Weiss insists the true unemployment numbers are shockingly high: 19.8%!
»During the Great Depression, unemployment numbers were at least 25%, and we are rapidly approaching that point. History reminds us that people who lose their jobs, savings, and investments literally jump out of windows. As much as we don’t like to imagine such desperation, it happens; and we may see more people “losing it” as the depression sinks us all into a deeper morass.»
Sanborn s’attache à détailler les appréciations statistiques du “désespoir économique” qui commence à s’installer aux USA, avec des effets dans les domaines du suicide, des crimes, des actes de violence gratuite suscités par des psychologies déséquilibrées et pressées par les conditions sociales. Sanborn conclut: «From where I sit, “Depression Fury” has only just begun. Let’s hope that the country can pull itself out of the economic quagmire before more people with nothing to lose decide to take out their economic frustrations on innocent victims – or themselves.»
L’idée du désordre psychologique, avec des effets de violence sociale commence en effet à toucher l’évaluation générale. Le 10 avril 2009, le Times de Londres publie un texte sur les tueries aux USA, qui se multiplient, – actes de désespoir, de folie, de fureur, etc. «The US economic crisis and soaring job losses have brought a rash of killings across America with at least 58 fatalities in eight incidents over the past month.»
Les sociologues et autres criminologues, l’air grave et la calculette en bataille, enfoncent quelques portes ouvertes pour vous annoncer que la recrudescence de ces événements est liée à la crise. Surprise, surprise, – mais quand cela est dit avec un diplôme au bout de la plume, cela prend aussitôt du poids.
«While detailed statistics on such tragedies have begun to be kept only in recent years, experts note an emerging pattern. Kristen Rand, legislative director for the Washington-based Violence Policy Centre, said that in most so-called murder-suicides, particularly in the “family annihilator scenarios”, there was “clear, significant involvement of financial pressure”. “And there has clearly been an increase since the economic down-turn,” she added.
»Mark Safarik, a former FBI profiler, is also startled at the number of deaths. “Boy, this is a lot,” he said. He noted that most people who commited such crimes shared the presence of a single catastrophic event, or trigger. “It’s the . . . perfect storm of someone’s last shot at something. For them there’s just no other way out. Or if there’s another way out, they don’t choose it, because they’re going to punish somebody,” Mr Safarik said. He added: “I think that people that are on the edge, that are contemplating such tragic events, sometimes all it takes is that being highlighted in the media for them to go, ‘You know, I could do something like that. I’m that angry’.”
La comparaison avec la Grande Dépression est omniprésente dans les analyses des auteurs US. C’est effectivement sur cette référence que Kathy Sanborn appuie son argument, mais l’on constate qu’elle trouve dans les études scientifiques, également, cette même référence des années 1930. La complainte est toujours la même et il s’agit, là encore, d’enfoncer des portes ouvertes, les résultats des enquêtes scientifiques confirmant les jugements de bon sens; les portes ouvertes rencontrent le bon sens.
«In 1933, people had suffered just about as much as they could bear. Cleveland.com: “At the height of the Great Depression, thousands took to the streets . . . to protest an eviction, sometimes violently. Now, 75 years later, many of the Depression-era woes that spawned the demonstration have returned. History is repeating itself, but this time with barely a whimper.” So far, I might add.
»According to the U.S. Department of Justice, serious violent crime levels have declined since 1993, and “homicide rates recently declined to levels last seen in the mid-1960s.” If violent crime has been waning over time, not so for other types of criminal behavior. In a 2008 NPR interview, San Diego Police Chief Bill Lansdowne explained the crime trends in his city: “Domestic violence, alcohol-related crime, white-collar crime is starting to increase. Identity theft, mortgage fraud, senior abuse, too — people taking advantage of seniors, trying to get to their money.”
»Can we expect more violent crime as the economy continues to plummet? Unfortunately, the answer may be yes. In a journal article, “A Comparison of Changes in Police and General Homicides: 1930–1998,” by Kaminski and Marvell, the authors state: “The researchers pointed out that the harder the economic times and the greater the economic uncertainty, the higher the murder rates were for both police officers and the general public. Following that trend, the highest police homicide rate was in the 1930s during the Great Depression. In contrast, when the economy was booming in 1998, the rate for police homicides was more than 80 percent lower than in 1930.”»
Rapidité de la psychologie
Tout se passe comme si l’on commençait à entrer dans le domaine des conséquences sociales d’une évolution psychologique qui a pris quelques mois, un peu plus d’un an tout au plus, à maturer. Nous serions inclinés à considérer l’hypothèse que le début des “primaires”, en janvier 2008, notamment avec l’affirmation inattendue de Barack Obama dès la première d’entre elles, sur le thème de “l’insécurité éonomique” avec l’implicite mise en cause du système qui l’accompagnait, représente le départ de cette évolution psychologique. Nous en parlions le 4 janvier 2008. La même tension n’a pas été soutenue dans les mois qui suivirent. Sur le terme, les événements ont confirmé cette première tendance, avec une fureur et une puissance extraordinaire à partir du 15 septembre 2008, avec Obama effectivement élu par la crise, avec un enchaînement du désespoir devant les événements de la crise de septembre et d’enthousiasme, sur la fin de la campagne électorale, pour le candidat démocrate considéré comme un “sauveur” . L’on imagine aisément l’effet sur les psychologies US de cet enchaînement d’événements déstabilisants, voire déstructurants.
Le résultat serait cette rapide maturation qu’on observe. Le laps de temps est très rapide entre la réalisation de la crise et les effets sociaux qu’on commence à constater, – outre les événements sociaux eux-mêmes, comme les “tent cities” , équivalent des Hoovervilles apparues à partir de 1931. Il importe en effet de distinguer la “réalisation” de la crise qui se fait par la communication et des événements cathartiques, et les effets réels qui se font sentir avec cette “réalisation” mais ne sont pas identifiés comme tels. La crise comme événement psychologique, dans ses effets sur la psychologie, intégrant les événements économiques qui la précèdent autant que la publicité qui en est faite par la communication, cette crise-là commence en janvier 2008, s’affirme dramatiquement à partir de septembre, avec des alternances d’enthousiasme comme en octobre-novembre 2008, et ses effets sociaux apparaissent d’une façon significative au début 2009. On peut donc dire que la crise psychologique qui accompagne la crise économique a mis au plus un an pour se manifester socialement. (Là aussi, il faut se fier à la perception, venue de divers facteurs dont l’évaluation sociologique: c’est à partir de janvier 2009 qu’on identifie des événements de violence sociale liés à la crise.) C’est très rapide, par exemple par rapport à la Grande Dépression où l’événement cathartique de départ est pour la psychologie le Grand Crash d’octobre 1929, tandis que les effets sociaux de la crise psychologique n’apparaissent qu’à l’hiver 1931-1932.
Cette rapidité n’a aucune raison de cesser. Il existe bien entendu une dynamique de la crise qui se décompte en nombre d’emplois perdus et se fixe dans des effets constamment aggravants pour la psychologie. L’establishment lutte contre la crise à sa façon, qui n’est pas nécessairement bénéfique face à cet effet de contagion de la déstructuration de la psychologie. Pour poursuivre la comparaison avec la Grande Dépression, on observe qu’il existe également un effet de contraction au niveau des événements de destruction, qui conduit la direction US à lutter parallèlement contre la crise financière et la crise économique. On connaît déjà l’effet de cette lutte parallèle, avec la disproportion grotesque entre l’aide apportée à ceux qui sont les responsables de la crise (l’“industrie financière”), immédiate, instantanée, sans aucune condition restrictive sérieuse et sans aucune demande sérieuse de changement et d’autolimitation, et l’aide apportée aux victimes de la crise économique, beaucoup plus tardive, beaucoup plus lente et entravée par divers obstacles érigés pour l’occasion ou mécaniquement présents. En 1933, à l’arrivée de Roosevelt, la lutte en faveur des victimes de l’économie fut la priorité absolue. Quelle que soit son efficacité économique, cet événement eut un effet psychologique prodigieux, stoppant net la dégradation qui était devenue vertigineuse à l’hiver 1932-1933.
L’énigme fondamentale de cette crise aux USA, – la crise financière et économique, sans se référer aux autres courants de crise, très nombreux, – réside dans ce point central de l’évolution de la psychologie collective. Si sa dynamique d’aggravation se poursuit, des accidents majeurs sont possibles, dont on ne peut prédire quelle forme ils auront; il pourrait même s’agir d’une déstructuration souterraine du fragile tissu social, rendant la collectivité US de plus en plus vulnérable. L’éventuelle amélioration de la situation économique qui est déjà annoncée, y compris par le biais de campagnes quasi automatiques du système, comme à l’habitude, de virtualisation de la situation, par “mésinformation”, désinformation, etc., n’améliorera pas nécessairement cette situation. Il peut se créer un phénomène parallèle et antagoniste de contraction de la crise et d’élargissement du malaise, créant un sentiment encore plus fort de rupture de solidarité de la population avec le système: contraction de la crise financière et, éventuellement, de la crise économique au bout d’un certain temps, élargissement des effets au niveau des citoyens, avec les conséquences au niveau psychologique. Le fait que le sentiment (plus que l’“opinion”, nous semble-t-il) des citoyens US vis-à-vis du binôme antagoniste capitalisme-socialisme soit si peu conforme à l’habituelle sanctification du système capitaliste est à notre sens l’effet du malaise psychologique qui frappe la population.
La question qui se pose est de savoir si cette évolution, qui se fait sous nos yeux avec l’étrange privilège qui nous est donné de pouvoir la mesurer, constitue ou non une réponse à cette autre question : “Se révolteront-ils” ?.
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